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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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La petite musique d’Anri Sala

vendredi 4 mai 2012

Du 2 mai au 6 août 2012
Galerie sud – niveau 1
Centre Pompidou
www.centrepompidou.fr

 

 

- Catalogue bilingue français/anglais. Textes de Michael Fried, Christine Macel, Philippe Parreno et Jessica Morgan. 160 pages, 53 illustrations. Prix 34, 90 euros.

Doit-on partir ? Restera-t-on 60 minutes en regardant Extender Play, vidéo issue de ses films récents (Answer Me, The Clash, Ttatelolco Clash et 1395 Days without Red ) qu’ Anri Sala a remontés pour l’exposition, découpés en douze séquences et projetés en boucle sur cinq écrans ?
Dans une mise en espace déroutante de l’immense Galerie sud, Title suspended, deux gants violets (Urs Fischer ou gant de Lise Deharme offert à André Breton ?) mus par un moteur électrique nous accueillent à l’entrée de la Galerie alors que l’on entend, de temps en temps, les baguettes de Doldrums - caisses claires de batterie Brady – réagir aux fréquences basses du film. On pourra manier soi-même la fragile No Window No Cry, boîte à musique insérée dans une des fenêtres donnant sur la fontaine Tinguely-Saint-Phalle. La plus prégnante des œuvres 1395 Days without Red (2011) est celle d’une musicienne de l’orchestre symphonique (l’actrice Maribel Verdù) traversant la ville de Sarajevo assiégée pour se rendre à une répétition. Chaque carrefour, l’antichambre d’un piège mortel, offre l’occasion aux snipers de viser les civils. Elle rejoint d’autres passants qui attendent, hésitent avant de traverser en courant à découvert la rue. Entre deux carrefours, la musicienne revie, fredonne ou entend dans sa tête le premier mouvement de la Symphonie nº 6 dite Symphonie Pathétique de Tchaïkovski que son orchestre répète à l’autre bout de la cité. Le film est projeté d’un écran à l’autre, parfois en même temps sur deux écrans. Obligé de se déplacer, le spectateur passe d’un écran à l’autre pour suivre l’action ; lui même se moule dans cette histoire, devenant incidemment un des passants du film. Rêve ? Réalité ? Cette histoire recomposée devient prenante dans un ricochet entre les images et cette musique obsédante, tellement obsédante que l’on vient inconsciemment à la fredonner. Une très passionnante exposition à voir, à écouter... jusqu’au bout et à vivre. Ni début, ni fin. Seulement la transcription de l’espoir et de la vie qui revient dans Sarajevo qui fut assiégée de 1992 à 1995. Rendez-vous en juin 2013 pour la 55e Biennale internationale d’art contemporain de Venise où cet artiste, d’origine albanaise, représentera la France. Cette manifestation, il la connait bien puisqu’il y participa en 1999, en 2001 et en 2003. Comment arrivera-t-il, après Christian Boltanski en 2011 (installation spectaculaire Chance qui traitait dans un défilement ininterrompu de visages du hasard, de la chance et de la malchance) à occuper le pavillon français ? Une belle et très difficile aventure lui est offerte.

Gilles Kraemer