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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Anselm Kiefer

lundi 6 octobre 2014

Du 27 septembre au 14 décembre 2014
Royal Academy of Arts
Burlington House, Piccadilly - Londres
Tous les jours, de 10h à 18h
Le vendredi, jusqu’à 22h
Tarif plein : £14
www.royalacademy.org.uk

Une rétrospective éblouissante ! La Royal Academy à Londres a rassemblé un corpus qui va des œuvres sur papier du début des années 70 à Ages of the World (2014), une installation monumentale créée pour l’exposition. Anselm Kiefer (né en 1945), qui travaille maintenant dans les environs de Paris, se révèle ici avec une immédiateté qui ne peut que captiver. Servi par une variété de médias – œuvres sur papier, sur toile ou sur plomb, sculptures et installations – et de matériaux – peinture acrylique, diamants, cendres, feuilles de plomb, chaises de jardins, toiles, feuilles d’or et tournesols séchés, la fleur fétiche de l’artiste – l’art de Kiefer se nourrit très visiblement de références religieuses, historiques, scientifiques et culturelles. On trouvera ici maintes œuvres familières ; et on en découvrira beaucoup d’autres. Dans la cour, un hommage à Velimir Khlebnikov (1885-1922), théoricien russe de l’absurde qui, au terme de longues recherches, prônait que tous les 317 ans (ou un multiple de 317), se déroulerait une bataille navale majeure. Dans deux immenses cages de verre flottent les coques rouillées de sous-marins et dragueurs de mines que l’on a souvent vues intégrées aux peintures de Kiefer. Après quelques marches dominées par les ailes de Language of the Birds (2013) (on ne peut s’empêcher de penser aux ailes de la Victoire de Samothrace dominant l’escalier du Louvre), on entame le parcours chronologique. Les œuvres du début des années 70, Heroic Symbols, mettent en scène l’artiste faisant le salut nazi, volonté de confrontation, plutôt que d’esquive, avec ce qui était alors et reste aujourd’hui inacceptable. Les hommages à Wagner, Georges Bataille, Paul Celan et Ingeborg Bachmann, sur toile, ou sous forme de livres de papier ou de plomb, sont tous des incitations à ré-écouter ou relire. Dans les années 90, on se retrouve en terrain plus connu : ce sont les grandes toiles cosmiques, où Kiefer utilise un impasto vigoureux dans des camaïeux de couleurs neutres, certaines serties de diamants stellaires, ou celle où des tournesols géants s’inclinent, protecteurs, sur la silhouette allongée de l’artiste, telle The Orders of the Night (1996). Plus rarement vues, les études de femmes nues à l’aquarelle, qui ne sont pas sans rappeler celles de Rodin. Kiefer est un artiste demandant, dérangeant, didactique. Il étonne, provoque, séduit. Ses œuvres dichotomiques tant dans leur technique que dans leurs messages (ombre/lumière, mémoire de l’histoire/renaissance, lieu fermé/espace infini, plomb massif/aquarelles aériennes) interdisent toute superficialité du regard et de l’interprétation. Stimulant le regard, incitant à l’approfondissement, elles élèvent aussi l’âme. Un effet qui perdure une fois retourné aux clameurs de la ville.

Elisabeth Hopkins

Visuel page expo : Anselm Kiefer, Winter Landscape (Winterlandschaft), 1970. Watercolour, gouache, and graphite pencil on paper, 42.9 x 35.6 cm. Lent by the Metropolitan Museum of Art, Denise and Andrew Saul Fund, 1995 (1995.14.5). Photo © 2014. Image copyright The Metropolitan Museum of Art/Art Resource/Scala, Florence / © Anselm Kiefer.
Visuel page d’accueil : Anselm Kiefer, The Orders of the Night (Die Orden der Nacht), 1996. Emulsion, acrylic and shellac on canvas, 356 x 463 cm. Seattle Art Museum. Gift of Mr. and Mrs. Richard C. Hedreen. Photo copyright Seattle Art Museum / copyright Anselm Kiefer