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Art contemporain à Chaumont. 8ème édition

lundi 4 avril 2016, par cath

Du 1er avril au 2 novembre 2016
Centre d’Arts et de Nature
Domaine de Chaumont-sur-Loire
41150 - Chaumont-sur-Loire
Tél. 02 54 20 99 22
Ouvert tous les jours à 10h (horaires de fermeture variables selon les mois)
Plein tarif : 18€ (Ce billet vous permet de visiter la totalité du Domaine : Festival des Jardins, Château, Écuries et Parcs)
www.domaine-chaumont.fr

Et si l’on comptait les taches sur les feuilles de tous les aucubas du monde, ne seraient-elles pas plus nombreuses que toutes les étoiles du firmament ? C’est un peu ce que cherche, sinon à prouver, du moins à imaginer, Marc Couturier. Il est l’un des artistes invités par Chantal Colleu-Dumond, la dynamique directrice du Domaine de Chaumont-sur-Loire et commissaire de la 8e édition du festival d’art contemporain à installer une ou plusieurs œuvres au Domaine.

Côtoyant les travaux d’artistes installées les années précédentes dans le parc (Chaos de Vincent Barré, Passage de Cornelia Konrads, Arbre aux Échelles de François Méchain, les cabanes dans les arbres de Tadashi Kawamata) ou dans le château (Les Fleurs fantômes de Gabriel Orozco et Ailleurs, ici, les vitraux de Sarkis), ont surgi des œuvres nouvelles. En symbiose avec la nature, ou l’histoire du lieu, les sculptures, photographies, installations et vidéo font toutes la part belle à la nature, sa beauté naturelle, la maltraitance que nous lui imposons, ou au contraire son rôle dans la création artistique. Dans le parc, un cairn du “land artist” Andy Goldsworthy, posé sur une souche dont les rejets finiront par l’envelopper, célèbre les futures épousailles de la pierre et de la plante. El Anatsui, qui a depuis un an une magnifique installation dans le fenil, a troqué les capsules de bouteilles africaines pour des objets de récupération bien occidentaux (couvercles de pots de confiture, cannettes) pour créer, sur une accumulation de rondins, un patchwork de couleurs, de mots et de formes, œuvre, hélas, moins fluide et moins chatoyante que ses tentures métalliques. Ou encore, une main qui tente de s’accrocher à un tronc, œuvre de bronze de Giuseppe Penone. Dans la Grange aux Abeilles, une foule de sculptures énigmatiques, anthropomorphes, zoomorphes peut être, ou d’inspiration végétale, prêtes au départ pour un ailleurs non défini. Wang Keping les a travaillées au bois noirci au feu, suivant la tradition chinoise.

Dans le château, Luzia Simons offre des “scannogrammes” grands formats de compositions de plantes brésiliennes, technique sophistiquée produisant des scans tirés sur papier japonais de grande finesse. Marc Couturier invite, dehors et dedans, en artiste polyvalent, à entrer dans l’univers de ses Tremblements de ciel, jouant avec les dessins des feuilles d’aucuba, des tonneaux-aquarelle, des flaques d’eau de verre, des lavis de plante, alliant, il le dit lui-même, “le végétal et le sidéral”.

Les coups de cœur iront, cette année, à deux œuvres. L’une est une vidéo de 28 minutes environ de Davide Quayola, Pleasant places qui, à partir des paysages chers à Van Gogh, transforme à l’aide d’un logiciel sophistiqué les arbres, plantes et rochers en un tohu-bohu en perpétuel mouvement digne de la Genèse puis en une abstraction impressionniste. On ne s’en lasse pas (suggestion : mettre des sièges dans la salle). L’autre est dans le Manège des Écuries, une œuvre minimaliste, austère et méditative du Coréen Lee Bae. De gros “ballots” ficelés de morceaux de pins coréens brûlés et déposés comme des menhirs, ou peut être comme des autels, sur un tapis de poussière de marbre blanc.
Les artistes questionnés donnent beaucoup de détails sur leur travail de recherche, la source de leur inspiration tirée de leur propre vie, la genèse de l’œuvre, l’utilisation de nouvelles techniques. Au spectateur d’interpréter ensuite l’œuvre à l’aune de son propre imaginaire.

Cette année encore, une belle expédition à projeter pour une journée ensoleillée. (À partir du 20 juin, on pourra également voir des œuvres de “l’explosif” Cai Guo-Qiang.)

Elisabeth Hopkins

Visuels : Giuseppe Penone, L’arbre-chemin (2012), main en bronze sur chêne rouge.
Lee Bae, Issu du feu, charbon de bois avec élastique - 95 x 85 x 125 cm – 2000 (détail).