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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Auguste Herbin. Couleur pure et géométrie

mardi 30 octobre 2012

Du 14 octobre 2012 au 3 février 2013
Commissariat de Dominique Szymusiak, Patrice Deparpe et Nathalie Galissot
Musée départemental Matisse
Palais Fénelon - 59360 Le Cateau-Cambrésis
Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h
Tarif plein : 5€
Tél. 03 59 73 38 00
www.museematisse.cg59.fr

 

 

- L’exposition est coproduite avec le musée d’art moderne de Céret (66400), où elle se tiendra du 2 mars au 26 mai 2013.
- En 1994, les musées du Cateau-Cambrésis et de Céret consacrèrent une exposition à Herbin.

 

 

- Catalogue. Éditions Bernard Chauveau. 272 pages, 330 illustrations. Prix 34 euros. Ce catalogue est disponible en édition limitée à 100 ex. avec une sérigraphie d’après la gouache originale "FIN" d’Auguste Herbin au prix de 85€.

Auguste Herbin est un artiste quelque peu occulté aujourd’hui ou uniquement circonscrit à l’abstraction géométrique. Une très importante rétrospective de 250 toiles, dessins et sculptures permet de redécouvrir ce natif du Cambrésis, qui fit don au musée du Cateau de vingt-quatre de ses œuvres en 1956, point de départ de la plus importante collection publique de cet artiste.
Après des études à l’école des Beaux-Arts de Lille, il s’installe à Paris en 1901. Sa rencontre avec le collectionneur allemand Wilhelm Uhde est décisive : celui-ci le convie en Corse en 1907 et c’est la révélation de la couleur ; il retranscrit les Quais du port de Bastia en une palette fauve, à la touche courte et dynamique. Un voyage avec Uhde à Hambourg à la fin de la même année participe à l’évolution de sa palette ; c’est la découverte géométrique des mats des voiliers dans Le port de Hambourg, les masses de couleurs surgissent, l’on perçoit les prémisses du cubisme.
Cette dimension cubiste s’affirme et se développe dans ses paysages du Cambrésis, dans sa Nature morte à la coupe blanche, dans ses Ouvriers. N’est-il pas en 1909 le voisin de Picasso au Bateau-lavoir (où il restera jusqu’à 1930), bâtisse dans laquelle vivent de nombreux artistes ? Ce sont des instants féconds, il expose en Allemagne et à l’Armory Show de New-York. 1913 est l’année de son premier séjour à Céret, « la Mecque du cubisme » selon le critique André Salmon, cette ville des Pyrénées-Orientales où il reviendra en 1919 et 1923. Ses toiles de l’été et l’automne 1913 sont magnifiquement représentées ici, juste reconnaissance de son rôle méconnu dans ce mouvement pictural. Son cubisme se modifie vers de grands aplats, l’arbre devient un motif récurent dans son travail comme dans La route muletière ou Le Canigou. L’été 1914 signe cette incroyable catastrophe de quatre années de guerre : Herbin doit à sa petite taille de ne pas partir au front. Il décore une chapelle pour les soldats russes en Champagne (aujourd’hui disparue) puis il est affecté au camouflage des avions en créant des motifs en trompe-l’œil sur le dessus des ailes et sur l’empennage.
En mars 1921, Léonce Rosemberg expose en sa galerie de l’Effort moderne ses sculptures en bois sculpté et peint et en ciment moulé. Mais ses œuvres géométriques, unissant peinture et architecture, sont incomprises. Point fort de la rétrospective organisée au Cateau-Cambrésis où Herbin passa sa jeunesse : onze sculptures qui n’avaient été revues depuis cette date. Face à cette mauvaise réception et s’engageant à rembourser son marchand pour une somme équivalente en tableaux, il se voit contraint à revenir vers une peinture figurative. « Une radicale volte-face » « une rupture et rature » comme le souligne Christian Derouet dans le catalogue. 1921 – 1926 seront les années de Nature morte aux choux, des Joueurs de boules ou de Paysage à la maison rouge, audacieuses par le rapprochement et la correspondance des couleurs mais largement tempérées par le classicisme de la construction. Sa dette apurée auprès de son marchand, Herbin retourne vers l’abstraction, participe en 1931 à la fondation de l’association Abstraction-Création et en 1946 à celle du Salon des Réalités Nouvelles. Ses tableaux deviennent rythme circulaire, dynamisme, les couleurs s’entre-pénètrent, les dégradés surgissent. Il crée un alphabet pictural sur lequel ses toiles se bâtissent dans une correspondance entre un vocabulaire de formes géométriques élémentaires (rectangle, carré, cercle ou triangle) et une couleur ou un son. Ainsi, « M » correspond au jaune, au triangle et au son mi. Plongeons nous dans Apollon et Dionysos (1947) ou dans Noël (1947) et laissons nous entraîner vers la musique géométrique d’Herbin. Ses yeux se fermeront en 1960 devant Fin, huile sur toile inachevée en noir et blanc.

Gilles Kraemer

Visuel : Auguste Herbin, Les trois arbres, 1913. Huile sur toile, 100 x 85 cm. Musée d’art moderne, Céret. Photo J.Gilberneau/studio Pyrénées. Auguste Herbin/© ADAGP. Paris. 2012.