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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Balthus

mercredi 28 janvier 2015

Du 14 janvier au 28 février 2015
Galerie Gagosian
4, rue de Ponthieu - 75008 Paris
Entrée libre
Du mardi au samedi, de 11h à 19h
Tel : 01 75 00 05 92
www.gagosian.com

On n’avait pas vu à Paris les œuvres de Balthasar Kłossowski de Rola, mieux connu sous le nom de Balthus (1908-2001), depuis 1983-84, date de la rétrospective que lui avait consacrée le Centre Pompidou. C’est à 16 ans que Balthus arrive à Paris. Conseillé par Derain et Bonnard, visiteur assidu du Louvre, il commence à peindre la ville, son côté énigmatique, ses passants enfermés dans leur silencieuse solitude, puis dans les années 30, ses jeunes adolescentes plus équivoques qu’érotiques, mais qui teinteront de soufre pour le reste de ses jours sa réputation d’artiste. Balthus restera résolument figuratif tout au long de son œuvre. Gagosian nous ouvre, pour notre plus grand bonheur, la porte de l’intimité du peintre, avec des toiles de jeunesse – Portrait de Pierre Leyris (1932), Le Préfet de Pontoise (1936) –, des études à l’encre, au charbon ou au crayon de rues, de personnages parisiens ou de ses Lolitas, et des aquarelles de paysages italiens, presque des esquisses, créées pendant qu’il dirigeait la Ville Médicis de Rome de 1961 à 1970.
Dans les années 90, Balthus joue du Polaroid. Des photos aide-mémoire (contestées puisque le musée Folkwang d’Essen en Allemagne en a annulé la présentation en 2014) qu’il faut regarder de très près pour y découvrir de gros plans sur un corps d’adolescente dont la pose alanguie reste étonnamment chaste grâce à un jeu de lumière révélateur. C’est Anna, la fille du voisin de Balthus, qui sera son dernier modèle et que l’on retrouve, clou de l’exposition, dans la toile ultime (et inachevée) de Balthus, La Jeune Fille à la Mandoline (2000-2001), veillée par un chien et un chat. Un tableau lumineux, tendre, serein, de facture classique, avec son lourd rideau, sa femme nue allongée, ses animaux de compagnie. Loin d’être un huis clos, il s’ouvre sur un paysage verdoyant, et la toute jeune fille, dans son innocente nudité, baigne dans la lumière de la fenêtre. Chant du cygne sur lequel Balthus n’eut pas le temps de peindre la dernière note.

Elisabeth Hopkins

Visuel : Balthus, Jeune fille à la mandoline, C. 2000-2001, huile sur toile, 190 x 250 cm. Courtesy Gagosian Gallery.