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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Beauté Divine. De Van Gogh à Chagall et Fontana

jeudi 22 octobre 2015

Du 24 septembre 2015 au 24 janvier 2016
Palazzo Strozzi
Piazza degli Strozzi - Florence, Italie
Ouvert de 10h à 20h
Nocturne le jeudi, jusqu’à 23h
Entrée : 10€
www.palazzostrozzi.org

 

- Catalogue en italien ou en anglais. 30€

Florence oblige, bon nombre des œuvres de cette exposition sont italiennes, et souvent inconnues. Mais on ne saurait se plaindre des découvertes que l’on y fait. Une centaine de toiles, quelques sculptures et céramiques (étonnant Fontana !) d’artistes italiens et européens reflètent les notions de sacré dans le christianisme. Un thème, un genre – au même titre que la mythologie, le paysage ou le portrait – qu’explorent ici les artistes avec leurs techniques picturales personnelles (naturalisme, symbolisme, réalisme, abstraction).
Les œuvres – nombreuses sont celles provenant de la collection du Vatican – s’étalent sur un siècle, de 1850 à 1950, période de désaffection, tant dans la société que dans l’art, pour l’église et ses enseignements. Néanmoins, la Vierge Marie est à l’honneur, conséquence du dogme de l’Immaculée Conception promulgué par le pape Pie IX en 1854, et les apparitions de Lourdes quatre ans plus tard.

Accueilli par trois œuvres immenses et pompières dont Flagellation de Jésus-Christ (1880) de Bouguereau, le visiteur chemine au cœur du Nouveau Testament, de l’Annonciation à la Crucifixion et à la Déposition. Surprises, retrouvailles ou découvertes sont nombreuses : Madonna II (1895-1902) de Munch, provocante avec ses spermatozoïdes et fœtus ; Ange de l’Annonciation (1925) de Glyn Warren Philpot, artiste homosexuel et converti au catholicisme, dont l’œuvre se partage entre scènes bibliques et portraits de ses contemporains. L’onirique Fuite en Egypte (1903) d’Odilon Redon, lumineuse et colorée. La Pieta (c. 1890), d’après Delacroix, de Van Gogh, seule image du Christ par ce fils de pasteur et pasteur manqué lui-même. Ou encore, quelques stations du Chemin de Croix baroque et gestuel de Lucio Fontana, en céramique, où les sujets dansent, virevoltent et s’envolent en relief sur la surface vernie.
Même si les artistes n’ont voulu faire qu’une peinture de genre, une spiritualité certaine se dégage de ces œuvres accrochées sur des cimaises d’un bleu-nuit lumineux. Pas d’iconoclastie, en revanche des anachronismes voulus, tels les soldats de la deuxième guerre mondiale présents dans Le Christ et Véronique (1943), une des stations du Chemin de Croix d’Otto Dix, et des modernisations intentionnelles, particulièrement dans les représentations de l’Annonciation. On regrette que les organisateurs ne s’en soient pas tenus à la thématique néotestamentaire. La dernière salle sur la représentation de la prière, tout juste rattrapée par L’Angélus de Millet, n’était pas vraiment nécessaire. Malgré ce bémol, l’exposition vaut vraiment d’être vue.

Elisabeth Hopkins

Visuel page expo : Lucio Fontana (Rosario di Santa Fe 1899-Varese 1968), Via Crucis (Stazione II) 1955 o 1955-1956, cm 41,5 x 21 x 10 circa, ceramica riflessata, Milano, Museo Diocesano, provenienza Regione Lombardia, invv. MD 2011.137.002.
Visuel vignette : Vincent van Gogh, La Pietà (d’après Delacroix) – Musei Vaticani (détail).