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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Beauvais, 350 ans de tapisserie et 2000 ans d’histoire

vendredi 23 mai 2014

- Du 6 mai au 24 août 2014
Exposition Beauvais, 350 ans. Portrait d’une manufacture
Galerie nationale de la tapisserie - Beauvais
Du mardi au vendredi, de 12h a 18h
Les samedis et dimanches, de 10h a 18h
Entrée libre

- Du 17 mai au 30 septembre 2014
Le Cabanon vertical. « Géométries variables »
Maladrerie Saint-Lazare, 203 rue de Paris
Beau jardin médiéval à visiter
www.maladrerie.fr
Et Parvis-jardin de la cathédrale Saint-Pierre
www.beauvaistourisme.fr

- Du 13 juin au 21 septembre 2014
Skertzó, « La cathédrale infinie » et « horizons imaginaires »
Spectacle de 30 minutes, en plein air- à la nuit tombée
Le week-end - Cathédrale et Galerie de la tapisserie

- Manufacture de la tapisserie
Rue Henri Brispot - Beauvais
Visites guidées, jusqu’à fin août
Rens. et Réservation : 03 44 15 30 30
Tarif : 4€
www.mobiliernational.culture.gouv.fr

Labellisée Ville d’art et d’histoire depuis 2012, Beauvais valorise depuis quelques années son passé de 2000 ans et son riche patrimoine à travers la création contemporaine. À la suite des interventions de l’artiste hollandais Krijn de Koning (2010), du studio franco-américain Andy Cao et Xavier Perrot (2012) et de Victoria Klotz (2013), c’est le Cabanon Vertical, collectif marseillais d’architectes, d’artistes, de metteurs en scène et de designers qui a implanté ses microarchitectures dialoguant avec trois lieux : l’intérieur de la chapelle romane de la maladrerie Saint-Lazare – bâtiment du XIIe siècle, le plus ancien de ce très rare ensemble hospitalier médiéval conservé en France-, le quartier de Saint-Jean en pleine rénovation urbaine et le parvis de la cathédrale Saint-Pierre. Durant les nuits d’été, Skertzó fait revivre dans un spectacle lumineux et musical projeté sur sa façade l’incroyable histoire de ce flamboyant édifice gothique à la nef jamais terminée, aux voûtes les plus hautes du monde culminant à 48 mètres. Son édification, menée par la toute puissance des comtes-évêques de Beauvais, a commencé en 1225 et mis cinquante ans pour s’achever…avant qu’une partie des voûtes ne s’effondre en 1284 ! Interrompue par la Guerre de Cent ans, les travaux ont repris au début du XVIe siècle, mais en 1573 c’est la flèche de 110 mètres qui s’écroule et avec elle quelques voûtes. La cathédrale, sans doute trop audacieuse et imprudemment construite sur des terres marécageuses qui n’avaient déjà pas rebuté les romains au 1er siècle apr. J.-C., restera définitivement inachevée. Pour autant, la hauteur des voûtes du cœur reste impressionnante, les deux horloges, dont l’une du XIVe siècle à carillons, exceptionnelles, et l’architecture admirable de finesse dans les moindres détails, notamment sur le fronton sud avec ses fines tourelles polygonales encadrant le portail.

Du rêve des bâtisseurs…à l’art des lissiers

Inaugurée en 1976, à quelques mètres de la cathédrale, la galerie nationale de la tapisserie à l’architecture basse de béton et de verre, s’intègre parfaitement dans le paysage et lie deux identités fortes de Beauvais : son patrimoine architectural et son histoire économique. Du 6 mai au 24 août 2014, cet espace repris par la Ville depuis avril 2013 accueille Beauvais, 350 ans. Portraits d’une manufacture, une exposition de 90 œuvres qui établit le lien entre la transmission de l’art de la tapisserie et le talent créatif des lissiers de Beauvais, depuis trois siècles et demi. Le parcours, conçu par les commissaires de l’exposition, Marie-Hélène Bersani et Gérald Remy, s’inspire des âges de la vie et fait dialoguer en permanence œuvres anciennes et contemporaines réalisées par la manufacture de Beauvais depuis la fin du XVIIe siècle. Il témoigne d’une grande continuité dans la technique et la finesse du travail réalisé d’après les cartons des artistes, depuis Florentin Damoiselet et ses jeux d’enfants (XVIIe), François Boucher et ses scènes d’amours champêtres (XVIIIe), François Giuseppe Casanova et ses scènes de batailles (XVIIIe), Emile Gaudissard et les thèmes floraux (XIXe), mais aussi Raoul Dufy, Henri Matisse, Jean Lurçat, et plus récemment Raymond Hains, Michel Atlan, Philippe Cognée, Jean-Michel Othoniel ou Patrick Tosani. Des artistes contemporains qui projettent aujourd’hui l’art de la tapisserie au-delà de ses limites, tel Fenêtre sur cour, ce superbe et étonnant paravent en acier chromé de Monique Frydman et de l’architecte designer Frédéric Ruyant, bien loin de l’idée que l’on peut se faire d’une tapisserie. Pour autant, ce sont bien des lissiers de la manufacture de Beauvais qui ont tissé ces entrelacs en soie blanche sur une chaîne apparente en fil d’inox.

Fondée en 1664 par Colbert avec pour vocation de commercialiser ses productions, contrairement aux Gobelins qui doit répondre aux commandes royales, la manufacture de Beauvais, bien placée sur la route des Flandres, a connu son apogée au XVIIIe siècle, grâce à la collaboration des peintres Oudry et Boucher notamment. Rattachée en 1936 au Mobilier national, détruite par des bombardements durant la Deuxième Guerre mondiale, ses ateliers sont provisoirement installés à Aubusson puis à Paris aux Gobelins, avant de réintégrer la cité picarde en 1989, dans d’anciens abattoirs rénovés. Dans l’univers singulier et feutré d’une dizaine d’ateliers, des maîtres lissiers -des femmes pour la plupart- perpétuent avec une infinie patience une technique séculaire, réalisant sur commandes de l’État, des tapisseries en basse lisse ; des créations de plus en plus en collaboration avec des designers et des plasticiens contemporains, comme pour ce paravent de Monique Frydman et Frédéric Ruyant ou cette œuvre d’Orlan en cours de tissage, Disfiguration-Refiguration Proto Colombian, bien dans l’esprit des hybridations chères à l’artiste.

Catherine Rigollet

Visuel : Géométries variables, Le Cabanon Verticale, devant la cathédrale Saint-Pierre. Vue d’un atelier de la Manufacture. Fenêtre sur cour, paravent en triptyque d’après Monique Frydman et Fréderic Ruyant, 2011, 250 x 360 cm. Collection Mobilier national, Paris (inv.BV 497). D.R Isabelle Bideau.