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Camille Claudel. Au miroir d’un art nouveau

dimanche 16 novembre 2014, par cath

Du 8 novembre 2014 au 8 février 2015
La Piscine – musée d’art et d’industrie André Diligent
23, rue de l’Espérance – 59100 Roubaix
Du mardi au jeudi, de 11h à 18h
Vendredi jusqu’à 20h
Samedi et dimanche, de 13h à 18h
Tarif plein : 10€
Tél. 03 20 69 23 60
www.roubaix-lapiscine.com

 

Icône des collections de La Piscine à Roubaix -acquise en 1995- l’émouvante Petite Châtelaine en marbre blanc, regard étrangement aveugle et longues mèches de cheveux enchevêtrés comme des locks est l’un des chefs d’œuvre de la rétrospective que le musée consacre à Camille Claudel (1864-1943) à l’occasion des 150 ans de sa naissance.
Artiste longtemps négligée avant que l’excellente biographie signée d’Anne Delbée en 1982 ne la sorte de l’oubli médiatique, son talent et l’originalité de son œuvre entre tendresse et dramaturgie sont mis en lumière dans cette exposition très complète qui réunit 150 œuvres exceptionnelles, dont 92 de Claudel.

La Valse, ce corps à corps éperdu proche de la rupture d’équilibre ; La magnifique Vague en onyx et bronze influencée par son admiration pour le Japon d’Hokusai ; L’Implorante, élément le plus dramatique du groupe de L’Age mûr ; ou encore le célèbre et massif Buste d’Auguste Rodin, qui fut son maître et son amant durant quinze années d’une fusion amoureuse, artistique (et peut-être fatale) y témoignent de la puissance et de la sincérité de cette artiste qui créa du début des années 1880 à 1913, avant d’être internée pendant trente ans.

Femme et sculpteur : un défi

Épuisée par son dialogue aussi passionné que tumultueux avec Rodin, poussée sans doute par les siens qui désapprouvent cette union, par sa propre conviction aussi que tant qu’elle resterait auprès de lui elle ne serait jamais reconnue comme un sculpteur autonome, Camille Claudel rompt en 1892. Animée par sa passion pour la sculpture, par l’amertume aussi, n’ayant pu convaincre Rodin de se séparer de sa vieille maîtresse Rose Beuret, la jeune femme travaille 12 heures par jour. De cette époque date le groupe qui devait être son œuvre majeure : L’Âge mur. On y voit une très jeune femme à genou, implorante, tendant la main à un homme qu’une vieille femme -ou que la mort- emporte. Une œuvre d’un grand lyrisme. Soutenue par le marchand Eugène Blot, et par Rodin qui continue à faire connaître autour de lui « cette femme de génie (le mot n’est pas de trop) que j’aime tant », Camille Claudel poursuit sa route avec obstination, produisant des sculptures d’une grande vivacité comme Les Causeuses et La Vague, mais aussi la terrible Clotho, hideuse Parque à la nudité décharnée, dévidant son écheveau de laine. Une œuvre, comme la plupart, inspirée de son histoire intime et dans laquelle elle aborde le thème de la destinée, de la vieillesse et de la déchéance. Glaçante prémonition.

Organisée en onze sections, le parcours à la fois chronologique et thématique (qu’on n’aurait souhaité moins sage au regard de la nature passionnée de Camille Claudel) ouvre sur ses œuvres naturalistes de jeunesse (fusains et sculptures) dont des portraits de son frère Paul. Il met régulièrement en vis-à-vis ses créations avec celles de quelques uns de ses contemporains, proches dans le sujet ou la manière, Rodin notamment avec une quinzaine de plâtres et de bronzes, dont plusieurs bustes de Camille.

Catherine Rigollet

À voir aussi à La Piscine jusqu’au 8 février 2015

- Joel Meyerowitz. Immersion
Exposition de photographies sous le signe de l’eau. Une passion de cet artiste, né à New York en 1962, qui l’a très souvent photographiée sous divers aspects : plages, piscines et horizons.
- Kristin McKirdy
Plasticienne américaine qui présente ses céramiques contemporaines aux formes organiques.

Visuels page expo : Camille Claudel, La Petite Châtelaine ou Jeanne Enfant ou La Petite de L’Islette ou L’Inspirée ou Contemplation ou Portrait d’une Petite Châtelaine, 1892-1896. Marbre, 1896, H. 44 ; L. 36 ; P. 29 cm. Roubaix, La Piscine - Musée d’art et d’industrie André Diligent - Achat du musée en 1996 avec le soutien de l’Etat, du FRAM et d’une souscription publique. ©L’Agora des Arts.
Camille Claudel, La Vague ou Les Baigneuses, 1897 – 1903, Onyx et bronze sur socle en marbre, 1903, H. 62 ; L. 56 ; P. 50 cm. Paris, Musée Rodin. Photo Christian Baraja.
Vue de l’exposition avec plusieurs versions de La Valse et en premier plan, photographie de Camille Claudel sculptant Vertumne et Pomone (détail) ©L’Agora des Arts.
Visuel page d’accueil du site : La Valse ou Les valseurs (1889-1905), Grès par Emile Muller, 1895. Nogent-sur-Seine, Musée Camille Claudel. ©L’Agora des Arts