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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Carambolages. Un jeu de piste au Grand Palais

mercredi 9 mars 2016, par cath

Du 2 mars au 4 juillet 2016
Grand Palais
Tous les jours, sauf le mardi, de 10h à 20h
Nocturne le mercredi jusqu’à 22h
Plein tarif : 13€
www.grandpalais.fr

Version visuelle de notre jeu d’enfant : marabout – bout de ficelle – selle de cheval - cheval de course – course à pied, etc, l’accrochage de plus de 180 œuvres – peintures, dessins et sculptures, objets cultuels, militaires ou domestiques s’étendant sur plus de trois millénaires – est basé sur la prémisse que chaque œuvre dépend de la précédente et appelle la suivante en fonction seulement de leur sens, de leurs affinités formelles, de leur thématique : œil, fente, crânes, plumes, oiseaux, croix, sexe, clou, etc.
Ce pari fait par le commissaire Jean-Hubert Martin de repenser les catégories habituelles de l’histoire de l’art et de parler à l’imaginaire collectif…est risqué. Il nous rassure d’emblée en affichant dès l’entrée du parcours cette injonction de l’artiste italien Maurizio Nannuci : Listen to your eyes, une installation néon de 2015. Et nous voilà partis de fil en aiguille, dans un jeu de piste assez excitant pour l’esprit et plutôt ludique.

Si certaines associations de forme ou de thème, sont évidentes (La Jupe relevée de François Boucher jouxtant Léda et le cygne d’Ingres et l’Homme qui pisse de Rembrandt ou encore ce chef d’œuvre d’armurerie en forme d’aigle à côté d’une tête d’oiseau précolombienne et du Portrait à la perruche de la petite négresse-pie), on est souvent arrêté par un « et pourquoi celle là ? ». Preuve que ce choix indéniable à l’aune des connaissances, de l’imagination et des émotions du commissaire ne l’est pas forcément pour le spectateur. Ne cherchez pas de cartels à côté des œuvres ; elles « parlent » d’elles-mêmes. Toutefois, des écrans numériques ont été placés à chaque extrémité des travées pour ceux qui souhaitent connaître l’identité des œuvres et leur provenance.
Et même si Jean-Hubert Martin qui concocte cette exposition depuis quinze ans aimerait que l’on regarde, que l’on s’immerge, qu’on « écoute avec les yeux », le Grand Palais lui a suggéré une “appli” à télécharger gratuitement sur place sur son smartphone. On y trouvera en particulier un parcours sonore composé par Jean-Jacques Birgé : musique jouée par Antonin Tri Hoang et Vincent Ségal et bruitages (voix, orage, bourdonnement, aboiements) que l’on pourra s’amuser à identifier et à coupler avec les œuvres. Il est conseillé d’apporter son casque.

Alors, certes, ce gigantesque cabinet de curiosités n’est pas forcément le format le plus facile pour faire ses premiers pas dans le monde de l’art. Pour autant, ne boudons pas notre plaisir tant les œuvres présentées dans ce cheminement (à suivre sans s’égarer au risque de ne plus rien piger aux liens) sont intéressantes : rares pour certaines (un tableau d’Hitler), singulières pour d’autres (une cuirasse d’officier trouée par un boulet à la bataille de Wagram), drôles (comme ce diptyque satirique flamand du XVIe siècle dont une partie illustre l’affiche), belles aussi comme cette série d’anamorphoses de nus projetée sur quatre écrans au cœur de l’exposition.

Catherine Rigollet

Visuels : Amulette, vers 1000 av. J.-C. pierre noire ; 10 x 4 cm. Paris, musée du Louvre, département des Antiquités égyptiennes. Photo © Musée du Louvre, Dist. RMN-Grand Palais / Christian Decamps.
Hyacinthe Rigaud, Étude de mains, 1715-1723, huile sur toile ; 53,5 x 46 cm. Montpellier, musée Fabre © Musée Fabre de Montpellier Méditerranée. Métropole - photographie Frédéric Jaulmes.