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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Charles Gleyre (1806-1874). Le romantique repenti

vendredi 13 mai 2016, par cath

Du 10 mai au 11 septembre 2016
Musée d’Orsay
Tous les jours, sauf le lundi
De 9h30 à 18h
Nocturne le jeudi jusqu’à 21h45
Tarif plein : 12€
www.musee-orsay.fr

Maître de Sisley, de Bazille, de Renoir et même de Monet, Charles Gleyre (né en Suisse, en 1806) est ignoré en France. Cet artiste qui a fait son apprentissage à Lyon, puis à Paris où il s’est installé définitivement après avoir vécu quelques années à Rome puis voyagé en Orient, fut pourtant un acteur de la scène artistique parisienne, un républicain anticlérical et démocrate qui a tenu pendant vingt-cinq ans un atelier d’enseignement tolérant et fécond où se rencontrèrent une grande diversité de peintres, futurs impressionnistes comme tenants de la peinture néo-grecque. Oui mais voilà, l’homme est solitaire, de santé fragile, il est lent, perfectionniste, peu prolifique et surtout, son œuvre jugée trop académique. De ce fait, c’est son enseignement plus que son œuvre qui a fait sa réputation. Si Gleyre est souvent conventionnel, ses peintures lisses et raffinées chargées de références historiques (Les Romains passant sous le joug, 1858) et mythologiques (La Danse des Bacchantes, 1849), ses peintures orientalistes pleines de clichés et d’un érotisme convenu (La Pudeur égyptienne, 1838), il peut nous surprendre.

Il se révèle ainsi d’un romantisme audacieux, comme lorsqu’il décrit l’agression et le viol d’un couple de voyageurs (Les Brigands romains, 1831), ou d’un romantisme empreint de mystère et de poésie comme dans Le Déluge (1856). L’une des toiles maîtresses de l’exposition présentée au musée d’Orsay. À contre-courant de la tradition qui privilégie le châtiment divin, Gleyre y livre une vision du monde qui renaît après le cataclysme. Sur fond de paysage dévasté, tout juste sorti des eaux et des ténèbres, deux anges vêtus de lumineuses chasubles, l’une orange et l’autre bleue, volent en escadrille et découvrent les premiers rameaux d’olivier, prémices d’un nouveau matin du monde.

Catherine Rigollet

Visuel : Charles Gleyre, Le Déluge, 1856 (détail). Huile et pastel sur toile. Lausanne, musée cantonal des Beaux-Arts. Achat par souscription publique, 1899. © photo L’Agora des Arts.