Partenariat et publicité Liens utiles Contact La rédaction Suivre la vie du site RSS 2.0 Logo FaceBook Logo Twitter
L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

Accueil > Expos à Paris > Archives expo à Paris > Edvard Munch, l’œil moderne > Edvard Munch, l’œil moderne

Edvard Munch, l’œil moderne

mercredi 21 septembre 2011

Du 21 septembre 2011 au 23 janvier 2012
Centre Pompidou
Ouvert tous les jours, sauf mardi
De 11h à 21h
Tél. 00 33 (0)1 44 78 12 23
www.centrepompidou.fr

 

 

- La plupart des œuvres de l’exposition proviennent du Musée Munch d’Oslo, mais également du Musée national d’Oslo, du Musée d’art de Bergen ainsi que de quelques collections internationales. Elle partira ensuite à la Schirn Kunsthalle de Francfort du 9 février au 13 mai 2012, puis à la Tate Modern de Londres, du 28 juin au 12 octobre 2012.

 

 

- A voir aussi à Caen : "Edvard Munch, peintures et estampes du Bergen Kunstmuseum". Jusqu’au 22 janvier 2012. En savoir plus.

Bien sûr, dès qu’on évoque Edvard Munch, on pense à son célèbre Cri (1893) et à l’angoisse déchirante qui jaillit de cette toile. L’ensemble de l’œuvre du peintre norvégien est d’ailleurs empreinte de cette même dramaturgie. Traumatisé dans sa jeunesse par les décès successifs de sa mère, de deux de ses quatre frères et sœurs puis de son père, la maladie et la mort vont constituer des thèmes douloureux et récurrents dans sa peinture. En dépit d’une intensification progressive de la couleur et d’une ouverture sur le monde, elle restera sombre et pessimiste tout au long d’une vie marquée par des crises d’angoisse et d’alcoolisme, des souffrances psychologiques, des drames sentimentaux, des critiques et des agressions (comme en 1937 où 82 de ses œuvres jugées « dégénérées » sont confisquées par les nazis), des troubles de la vision.
Né en 1863, Edvard Munch est souvent présenté comme un peintre du 19e siècle, symboliste ou pré-expressionniste, uniquement préoccupé par son univers intérieur, reproduisant les mêmes tableaux en versions multiples d’une façon compulsive qui évoque l’auto-examen, à défaut d’autres explications avérées. Chaque nouvelle version « représente à sa façon un apport à ce que j’ai ressenti à la première impression », écrit Munch dans Livsfrisens tilbivelse. Les critiques eux se perdent encore en conjectures. « Munch crée en somme son propre répertoire de citations dans lequel il va lui-même puiser et où d’autres artistes viendront également puiser par la suite », argumente Angela Lampe, co-commissaire de l’exposition avec Clément Chéroux. Ce qui est certain, c’est que cette autocitation est devenue une marque de fabrique chez Munch qui réalisera six versions de l’Enfant malade, autant de copies de Jeunes Filles sur le pont, une dizaine de variante de Vampire, etc. Organisée par le Centre Pompidou en collaboration avec le Musée Munch de la ville d’Oslo qui a hérité de son atelier à sa mort en 1944 (soit 1 100 toiles, 18 000 estampes, 4 500 dessins et aquarelles, 6 sculptures, 183 photographies, 92 carnets de dessins ainsi que ses manuscrits et sa bibliothèque), l’exposition met surtout l’accent sur un Munch artiste du 20e siècle, pleinement inscrit dans la modernité de son époque. Tourné vers le monde extérieur, il voyage, peint souvent sur le motif et s’inspire de faits divers lus dans les journaux illustrés. Il s’intéresse aux effets d’optique, aux rayonnements (solaires, rayons X), se passionne pour ces nouveaux médias que sont la photographie et le cinéma, prend nombre d’autoportraits avec sa boite Kodak et réalise lui-même des films d’amateur avec une petite caméra de cinéma Pathé-Baby. Et au fil du parcours de cette exposition -qui n’est pas une rétrospective, mais réunit de manière thématique une cinquantaine de peintures et d’œuvres sur papier rarement vues-, on oublie Le Cri, on regarde autrement Munch, et on prend toute la mesure de l’œuvre forte et bouleversante de cet artiste sensible, ouvert aux débats esthétiques de son époque et qui a adhéré à la modernité du XXème siècle.

Catherine Rigollet