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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Ernest Pignon-Ernest. "Ceux de la poésie vécue".

mercredi 8 février 2017, par cath

Du 2 février au 1er avril 2017
Espace Jacques Villeglé de Saint-Gratien (95)
Centre culturel du Forum, place François-Truffaut
Du mardi au jeudi de 14h à 19h, le vendredi de 14h à 21h et le samedi de 10h à 13h et de 14h à 18h.
Horaires spécifiques durant les vacances scolaires : du mardi au vendredi de 14h à 17h et uniquement le premier samedi des vacances de 10h à 13h et de 14h à 18h.
Entrée libre.
01 39 89 24 42
http://espacejacquesvillegle.com/

En introduisant des poètes dans le milieu urbain, son champ d’exposition privilégié depuis cinquante ans, bien avant que le Street Art soit à la mode, Ernest Pignon-Ernest (né en 1942) fait de ces artistes singuliers nos contemporains. Chacun se souvient du Rimbaud en chemineau, paletot sur l’épaule et sans doute « semelles de vent », collé un peu partout sur les murs de France, de Paris à Charleville, comme un symbole de l’errance et de la liberté, une œuvre éphémère à la fin de ces années soixante-dix d’encore tous les possibles… L’exposition de Saint-Gratien (Val-d’Oise), qui coïncide avec la sortie d’un livre cosigné par Pignon-Ernest et le poète-voyageur André Velter (Ceux de la poésie vécue, Actes Sud Beaux Arts), rassemble les œuvres de Pignon-Ernest consacrées aux poètes sous forme de reproductions photographiques des sérigraphies « in situ » sur les murs où elles furent collées, mais aussi sous forme de dessins au fusain ou à la pierre noire, d’aquarelles.

Le trait simple, précis et suggestif de l’artiste donne à ces portraits une extraordinaire force vitale, montrant des visages habités et marqués par la vie, la poésie et nos fantasmes. Il faut dire que les visages de Baudelaire, Verlaine, Artaud, Cendrars ou Michaux ne manquent pas d’expressivité ! Pignon-Ernest expliquait les fondements de sa « ronde des poètes » lors de sa récente rétrospective au MAMAC de Nice : « Je me saisis de l’image des poètes de la même façon que j’utilise des images mythologiques, religieuses ou médiatiques comme des symboles, comme des mythes laïques, des icônes païennes. Leur portrait comme un signe culturel témoigne souvent combien ils ont incarné les aspirations, les drames, les tensions qu’ils ont traversées, combien ils portent les stigmates de leur époque. Leur image inséparable de l’empreinte et des résonances de leur œuvre, de leur vie et parfois de leur mort. Le typhus et la violence des camps qui tuent Desnos à Terezin, Nerval qui se pend dans la nuit "noire et blanche" d’un Paris glacial, Maïakovski, Artaud, Pasolini…On ne peut pas oublier tout cela quand on les découvre, figurés sur un mur, comme si leur visage disait leur destin… En tout cas, j’essaie d’œuvrer à ça. »

On remarque le parcours du poète palestinien Mahmoud Darwich sur les murs de Cisjordanie, le cycle italien de Pasolini portant son propre cadavre comme une pietà, Genet sur les docks de Brest ou encore les « apparitions » parisiennes de la fantasmée Louise Lame de Desnos dans « La liberté ou l’amour ! ». Cette exposition d’Ernest Pignon-Ernest illustre à merveille comment, selon le fameux mot d’Hölderlin, ces poètes ont réussi à « habiter poétiquement le monde » jusqu’à nos jours. Elle nous y invite aussi.

Jean-Michel Masqué

Visuel page expo : Ernest Pignon-Ernest, Robert Desnos, 2001.
Visuel vignette : Étude pour Blaise Cendrars, 2013.