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Fables du paysage flamand. Bosch, Brueghel, Bles, Bril...

lundi 30 juillet 2012

Fables du paysage flamand au XVIe siècle. Bosch, Brueghel, Bles, Bril
Commissariat : Alain Tapié
Du 6 octobre 2012 au 14 janvier 2013
Palais des beaux-arts - 59 000 Lille
Lundi de 14h à 18h, du mercredi au vendredi de 10h à 18h, samedi et dimanche de 10h à 19h. Fermé le mardi.
Plein tarif : 9€ (exposition et musée)
www.pba-lille.fr

 

 

- Catalogue de l’exposition, Somogy éditions d’Art, 376 pages, 173 illustrations, 35€.

 

 

- Organisée dans le cadre de FANTASTIC / lille3000, cette exposition est reconnue d’intérêt national par le ministère de la Culture et de la Communication. Réalisée avec le soutien du gouvernement flamand, elle a reçu le label de l’Euromètropole Lille-Kortrijk-Tournai.

 

 

- A voir aussi au Palais des Beaux-Arts : "Babel". Une relecture exclusivement contemporaine -et souvent monumentale - de la plus célèbre des allégories architecturales de l’histoire de l’art. Jusqu’au 14 janvier 2013 Lire l’article.

À elle-seule, cette magnifique exposition, pièce maîtresse du grand événement « Fantastic /Lille 3000 », mérite le voyage. Il a fallu six ans au conservateur en chef et commissaire Alain Tapié pour monter Les Fables du paysage flamand au XVIe siècle et réunir une centaine de tableaux des grands maîtres Bosch, Brueghel, Met de Bles, Bril, Memling, venus de 47 musées européens et de quelques collectionneurs privés. Le résultat est à la hauteur du travail accompli : remarquable. Les artistes flamands ont conçu une nouvelle manière de peindre le paysage, aux frontières du réel et de l’imaginaire à commencer par Joachim Patinir (v.1480-1524), inventeur du paysage panoramique, qui a su donner une idée de la profondeur avec ses horizons pâles et bleutés. Ses tableaux, aux curieuses et improbables élévations rocheuses, fourmillent déjà de réalités quotidiennes (paysans aux champs, troupeaux, pêcheurs, …), parfois plus présentes que le prétexte religieux de l’œuvre : pèlerins d’Emmaüs, extase de Marie-Madeleine ou saint Christophe portant l’enfant Jésus. Talentueux paysagiste également, Herri Met de Bles (v.1500-v.1560), élève et neveu présumé de Patinir, aussi connu sous le surnom de « Civetta » (Chouette) qui lui fut assigné lors de son séjour en Italie en raison de l’emblème dont il se servait pour signer ses œuvres, glissant systématiquement le rapace nocturne dans le paysage (on peut s’amuser à la chercher). Sur ce chemin de la vie –qui est aussi un voyage de l’esprit- la nature va devenir le lieu d’accueil de fables sacrées et profanes où se mêlent foi chrétienne, mythes de l’Antiquité, énigmes et superstitions, fantastique et monstrueux avec une prédilection pour les fantasmes sur un enfer grouillant de diaboliques créatures hybrides. Jérôme Bosch y excelle, comme ses suiveurs Pieter Huys et Jan Mandyn, notamment dans leurs nombreux tableaux évoquant la Tentation de saint Antoine. L’exceptionnelle collection constituée par le cardinal Colonna abrite encore huit tableaux de Jan Bruegel l’Ancien (1568-1625), dont trois ont été prêtés pour l’exposition : Le Christ aux Limbes - Pluton, Orphée et Proserpine - Enée conduit aux Enfers par la sibylle de Cumes. Des petites œuvres sur cuivre, d’une incroyable préciosité et d’un intact éclat du coloris, où apparait encore l’influence de Bosch pour les petits monstres, sous celle évidente de la peinture italienne et des maîtres du maniérisme Pontormo et Rosso Fiorentino, adeptes de la torsion des corps. La grande famille Brueghel est bien représentée dans l’exposition avec encore Pieter Brueghel le Jeune (tout au moins dans des tableaux qui lui sont attribués, inspirés le plus souvent de ceux de son père Pieter Brueghel l’Ancien), notamment ce célèbre Paysage d’hiver en Brabant, appelé aussi Paysage d’hiver avec la trappe aux oiseaux et dont il existe plus d’une centaine de versions. On ne manquera pas l’exceptionnel et très rare tableau du peu connu Simon de Leyde, L’Arche de Noé sur le mont Ararat (vers 1570), une grande huile sur bois représentant Noé, sa famille et les animaux quittant le bateau après le Déluge et découvrant un paysage bourbeux. Le parcours se termine sur « Le Monde merveilleux » dans des paysages visionnaires et propres à la méditation. On y retrouve plusieurs représentations de la Tour de Babel par Hendrick III van Cleve, Lucas van Valkenborgh , Joos de Momper le Jeune et Tobias Verhaecht. Ces tours de la Genèse, ici assez proches de la description qu’en fit Hérodote, invitent à poursuivre le voyage en compagnie des allégories babéliennes produites par des artistes contemporains. L’exposition Babel, à découvrir au sous-sol du palais des Beaux-Arts, ouvre symboliquement par la plus célèbre des références de la Renaissance en la matière : La Tour de Babel (1563) par Pieter Brueghel l’Ancien.

Catherine Rigollet

Visuel : Jérôme Bosch, La méditation de Saint-Jean Baptiste. Huile sur bois, 49 x 40,5 cm. Madrid, Museo Lázaro Galdiano © Madrid, Museo Lázaro Galdiano.
Visuel page d’accueil : Jan Brueghel I. Enée conduit par la sibylle aux enfers (détail) © Rome, Galerie Colonna.