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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Fortuny et Wagner

jeudi 7 février 2013

Fortuny et Wagner
Du 8 décembre 2012 au 8 avril 2013
Palazzo Fortuny
San Marco 3780 – campo San Beneto, Venise
De 10 h à 18 h (billetterie jusqu’à 17h), fermé le mardi
Entrée : 10 €
Tél. 39 04142730892 (depuis l’étranger)
www.fortuny.visitmuve.it

 

- Catalogue, édition italienne ou anglaise. 216 pages. Éditions Skira. Sous la direction de Paolo Bolpagni. Un CD du pianiste Orazio Sciortino contient un enregistrement inédit de passages d’opéras de Wagner transcrits par des compositeurs italiens de la fin du XIXe siècle. Prix 39€.

 

- La Venice international foundation a restauré deux maquettes de Fortuny que l’on peut voir dans le circuit de l’exposition. Celle du Théâtre des fêtes (1912), conçue avec le poète Gabriele d’Annuzio et l’architecte Lucien Hesse est très inspirée du Teatro olimpico d’Andrea Palladio (1580) à Vicence ; avec l’aide financière de la baronne Maurice de Rotschild et du sénateur Deutche de la Meurthe ce monument aurait dû s’élever sur l’esplanade parisienne des Invalides. L’autre est celle du théâtre de Bayreuth (1903). Cette fondation a également restauré les toiles murales peintes de l’atelier de Fortuny.

Le wagnérisme dans les arts visuels en Italie

Si vous êtes à Venise et que vous ayez quelques jetons à laisser sur le tapis vert, rendez-vous au Casino. Tout en étant plongé dans l’ivresse du joueur, souvenez-vous que ce lieu fut autrefois le palais Vendramin Calergi, où le compositeur Richard Wagner (1813 – 1883) mourut un 13 février.

Dans l’Italie de Verdi (1813 – 1901) dont l’on célèbre comme pour Wagner le bicentenaire de la naissance, la musique wagnérienne a-t-elle influencé les artistes ? Démonstration évidente avec 160 œuvres réunies au palazzo Fortuny. Étrange correspondance entre ce beau palais (en cours de restauration extérieure) célébrant Wagner et La Fenice voisine, où furent créés des opéras verdiens dont Traviata ! C’est un des mystères de la Sérénissime que ces passerelles artistiques entre des créateurs.
L’exposition au rez-de-chaussée et sur les deux étages de ce palais du XVe siècle, demeure-atelier de Mariano Fortuny y Madrazo (Grenade 1871 – Venise 1949) qui y résida de 1898 à sa mort, s’intègre merveilleusement dans ces lieux restés en l’état (ateliers de gravure et de peinture). Fortuny fut peintre, graveur, décorateur d’opéras, « sculpteur » de la lumière avec la « coupole Fortuny », (nouveau procédé d’éclairage indirect offrant la possibilité de projeter des paysages colorés sur la paroi d’une coupole blanche), photographe, créateur de tissus imprimés et du tissu plissé de la robe Delphos. Pour la première fois, l’intégralité des 46 peintures du Cycle wagnérien de Fortuny appartenant au musée est montrée et une exposition aborde en Italie l’influence du wagnérisme sur les arts de la péninsule. Autant de raisons soulignant l’importance de cette manifestation comme le note le commissaire Paolo Bolpagni dans le catalogue très érudit. Alors, en attendant de vous rendre cet été à Bayreuth, venez à Venise plonger dans les brumes de la lagune.
Tous les protagonistes des opéras de Wagner, dieux, héros ou mortels peints, dessinés ou gravés envahissent cette mystérieuse demeure au charme proustien. Fortuny, vénitien d’adoption, assista à plusieurs représentations du Ring à Bayreuth, conçu les décors des représentations de Tristan et Isolde à la Scala en 1900 et des Maîtres chanteurs pour Rome en 1931 ; les dessins préparatoires sont exposés au rez-de-chaussée à côté de la maquette restaurée du Théâtre de Bayreuth qu’il réalisa en 1903. Les gravures symbolistes de Lionello Balestrieri (Parsifal ou Tristan), La solitude d’Eugenio Prati représentant Wagner songeant dans une forêt ou les toiles de Teodoro Wolf Ferrari (La nuit avec un amoncellement de rochers dans une harmonie vert émeraude, mal reproduite dans le catalogue) ou d’Ugo Valeri (Le printemps) inspirées de l’atmosphère mystérieuse de la musique wagnérienne dialoguent avec les œuvres de Fortuny : le Cycle wagnérien, peint entre 1890 et 1948.
L’imaginaire wagnérien continue à inspirer les artistes contemporains. Si la sérigraphie de Joan Brossa ou les deux toiles Antoni Tàpies interpellent, la vidéo de Bill Viola L’ascension d’Isolde atteint une magie irréelle. Le beau carton gravé et peint Le cheval de Brünehilde d’Anselm Kiefer dialogue merveilleusement, dans l’immense salon de 30 mètres de long, avec La chevauchée des Walkyries de Cesare Viazzi, (1906-1911), représentant les filles-guerrières de Wotan emportant les héros morts vers le Walhalla.

Gilles Kraemer

Visuel : Mariano Fortuny, Cycle wagnérien, La Walkyrie, Le baiser de Siegmund et de Sieglinde, 1928, tempera sur bois, Venise, palais Fortuny