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Frédéric Bazille. La jeunesse de l’impressionnisme

mercredi 29 juin 2016

Du 25 juin au 16 octobre 2016
Musée Fabre
39, Boulevard Bonne nouvelle - 34 000 Montpellier
Du mardi au dimanche, de 10h à 19h
Fermé le lundi
Ouvert les 14 juillet et 15 août
Plein tarif : 10 €
Tél. 04 67 14 83 00
www.museefabre.fr

 

Trois autres choses à voir à Montpellier :

- Expo "Déluge" de Barthélémy Toguo
Carré Sainte-Anne - Du 22 juin au 6 novembre 2016
- Expo "Elina Brotherus : la lumière venue du Nord" (photographies et vidéos, 1997-2015)
Pavillon populaire - Du 29 juin au 25 septembre 2016
- Expo "A l’école des scribes : les écritures de l’Égypte ancienne". Musée Lattara-Henri Prades - Du 9 juillet 2016 au 2 janvier 2017

Sur la terrasse de la propriété familiale de Méric, en périphérie de Montpellier, protégés du soleil méridional par l’ombre d’un grand marronnier, onze membres de la famille Bazille, des bourgeois protestants montpelliérains, sont rassemblés dans leur résidence d’été , comme chaque année le 21 août pour fêter l’anniversaire de Gaston, père de l’artiste. La plupart des modèles, comme dans un instantané, sont tournés vers le jeune peintre de 26 ans qui a immortalisé sur sa toile ce moment de tranquillité et de douceur de vivre. Et pour que personne ne manque, comme l’a fait Manet dans La Musique aux Tuileries, Frédéric Bazille (1841-1879), reconnaissable par sa haute silhouette longiligne, s’est ajouté dans le coin à gauche du tableau.
La Réunion de famille est un tableau précurseur. Car si on trouve ce genre de représentation dans la peinture flamande et hollandaise au XVIIe siècle, les portraits de groupe réalisés en plein air en France sont encore un sujet de recherche. Pour y parvenir, Frédéric Bazille a du faire poser plusieurs fois certains personnages, mais toujours en plein air.

La Réunion de famille est l’une des pièces majeures de « Frédéric Bazille. La jeunesse de l’impressionnisme », une rétrospective présentée en avant première au musée Fabre à Montpellier, ville natale du peintre, avant d’être montrée cet automne au musée d’Orsay à Paris (qui conserve après Montpellier, la plus importante collection de tableaux de Bazille, dont La Réunion de famille), puis à la National Gallery of Art de Washington, en 2017. Elle rassemble 120 œuvres de Fréderic Bazille (peintures et dessins), mais également de ses contemporains que sont Courbet, Manet, Monet, Renoir ou Fantin-Latour, replaçant judicieusement la carrière de Bazille au cœur des recherches de la peinture d’avant-garde des années 1860. Elle permet surtout de s’immerger dans la peinture de cet artiste à la carrière courte, mais à la maturité singulière et que l’on connaît finalement si peu.

Parti à 21 ans à Paris, en principe pour y poursuivre ses études de médecine, Bazille, doué pour la peinture s’inscrit dans l’atelier de Charles Gleyre. Il y rencontre Monet au printemps 1863, et se met à peindre comme lui en extérieur, à Chailly proche de Fontainebleau et en Normandie, des paysages influencés par Corot, un modèle pour la délicatesse de ses feuillages, et par l’École de Barbizon. C’est à Chailly que Bazille posera lui-même pour le monumental Déjeuner sur l’herbe de Monet. Dans son atelier parisien (il en changera sept fois en sept ans, hébergeant souvent ses amis peintres dont Monet et Renoir), Bazille peint aussi des natures mortes comme les Poissons (1866) avec réalisme, sur un seul plan, dans une filiation avec Manet, ou Vase de fleurs sur une console (1867-1868), d’une fraîcheur incroyable des coloris.

Mais c’est dans la lumière du Sud, quand il redescend chaque été en vacances à Montpellier et à Méric qu’il réalise ses plus beaux tableaux : La Robe rose, portrait de sa cousine Thérèse des Hours assise sur un parapet face au village de Castelnau-le-Lez, Les Remparts d’Aigues-Mortes à la palette libre et claire, Le Pêcheur à l’épervier, un tableau d’une grande sensualité par le contraste entre la nudité de l’homme prêt à jeter son filet dans la rivière et le vert tendre de l’étendue herbeuse, La Réunion de famille bien sûr, et dans la même lignée, Vue de village (1868). Bazille a choisi cette fois d’isoler un modèle, une jeune et jolie brune endimanchée, assise sagement à l’ombre d’un pin dans le bois dominant la rivière Lez et les maisons ocre du village de Castelnau, écrasées de soleil. Son chef d’œuvre.

Deux ans plus tard, le 28 novembre 1870, engagé volontaire dans un régiment de zouaves lors de la guerre franco-prusienne, Frédéric Bazille est tué à Beaune-la-Rolande. Il n’a pas 29 ans et a peint une soixantaine de tableaux. Une vie trop courte pour avoir pu donner à l’histoire de la peinture la pleine mesure de son talent.

Catherine Rigollet

- Un contrepoint consacré à Montpellier au temps des Bazille, est présenté à l’hôtel de Cabrières-Sabatier d’Espeyran, département des Arts décoratifs du musée Fabre.

 

- À lire :
Publié par les éditions Flammarion, sous la direction de Michel Hilaire, Directeur du musée Fabre, et de Paul Perrin, Conservateur des peintures au musée d’Orsay, le catalogue est particulièrement réussi. Il retrace la vie et la carrière de Frédéric Bazille avec des illustrations de tableaux, des détails en pleine page et des fac-similés des lettres écrites par ce grand épistolier. Une deuxième partie est consacrée au catalogue des œuvres exposées enrichi d’informations sur le contexte dans lequel chacune a été peinte. Une troisième partie réunit les annexes, dont une chronologie illustrée et des informations sur la famille Bazille, qui compte des orfèvres montpelliérains dont on peut voir des pièces dans l’exposition Montpellier au temps des Bazille. 45€.