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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Georges Braque. Rétrospective 2013

jeudi 26 septembre 2013

Du 18 septembre 2013 au 6 janvier 2014
Grand Palais, entrée Champs-Elysées
Du mercredi au samedi de 10h à 22h, dimanche et lundi de 10h à 20h.
Fermeture le mardi.
Vacances de Toussaint (19 octobre au 2 novembre) : tous les jours (sauf mardi) de 10h à 22h.
Vacances de Noël (21 décembre au 4 janvier) : tous les jours (sauf mardi et 25 décembre) de 9h à 22h.
Plein tarif : 12 €
Nuit blanche du 5 octobre : gratuit de 20h à minuit.
Tél. : 01 44 13 17 17
www.grandpalais.fr

 

Visuel page expo : Georges Braque, Le Port de l’Estaque, automne 1906. Huile sur toile, 60,5 x 73 cm. Copenhague, Statens Museum for Kunst. © Statens Museum for Kunst, Copenhagen © Adagp, Paris 2013.
Compotier et verre (Premier papier collé), 1912. Fusain, papier faux bois collé sur papier, 62,8 x 45,7 cm. The leonard A.Lauder Cubist Trust. © The leonard A.Lauder Cubist Trust © Adagp, Paris 2013
Visuel vignette : L’Oiseau noir et l’oiseau blanc, 1960. Huile sur toile ; 134 x 167,5 cm. Collection particulière © Leiris SAS Paris © Adagp, Paris 2013

 

- Parallèlement à la rétrospective Georges Braque au Grand Palais à Paris, le Centre d’art La Malmaison à Cannes propose une exposition intitulée, "Georges Braque, la magie de l’estampe", constituée de plus 250 estampes originales réalisées entre 1921 et 1963. Du 30 novembre 2013 au 27 avril 2014.

Avec ses 238 œuvres, provenant de musées et de collections du monde entier, l’impressionnante rétrospective Georges Braque (1882-1963) au Grand Palais se veut entre autres, selon la commissaire de l’exposition Brigitte Leal, « une indispensable réhabilitation ».
Le quasi statut d’artiste officiel que Braque, sans l’avoir recherché outre mesure étant données sa simplicité et sa réserve légendaires, acquit à l’époque de la culture nationale estampillée Malraux, mais surtout l’ombre pesante de Picasso, ami dans le sens où l’amitié est une émulation, puis rival, ont sans doute beaucoup joué en défaveur d’une reconnaissance sereine et pérenne de ce co-inventeur du cubisme, artiste indispensable de la révolution esthétique occidentale du début du XXe siècle. Mais, si Picasso a tant compté dans la vie et la postérité de Braque, selon ce qu’en ont dit avec raison ou passion les récits et les écrits des plus grands témoins et historiens depuis un siècle, c’est dans le sillage de Cézanne que cette rétrospective se lance lorsque Braque ramène de l’Estaque, ce village-quartier de Marseille si cher aux peintres d’alors, des paysages qui soulignent son influence fauve avant de l’entraîner vers d’autres formes. Car, entre son premier séjour à l’Estaque en 1906 et sa première exposition personnelle en novembre 1908 à la galerie Kahnweiler, dont le catalogue est préfacé par Apollinaire, Braque a rencontré Les Demoiselles d’Avignon dans l’atelier de Picasso... On trouve d’ailleurs trace de cette trinité ô combien influente (Apollinaire, Kahnweiler, Picasso) dans le premier des cinq cabinets thématiques qui ponctuent judicieusement cette exposition de documents (photos, manuscrits, catalogues, livres). Ces documents servent de repères et montrent la galaxie, notamment de poètes et littérateurs illustres (Reverdy, Char, Ponge, Saint John Perse, Paulhan...), gravitant autour de Braque et de son œuvre.

Au sortir de ce premier espace documentaire se dévoilent les différentes facettes du cubisme (originel, analytique, synthétique, papiers collés), cette rupture esthétique dont on débat toujours. Braque définit le cubisme : « Il a multiplié sur une surface dessinée, construite et peinte, la vision du monde, en offrant simultanément les diverses faces de choses et en ramenant sur un plan frontal le regard d’un horizon où il avait fini par s’égarer, perdu dans un espace conventionnel. » Étonnamment, face à ces toiles pour la plupart très célèbres, et qu’il est toutefois agréable et instructif de découvrir dans la continuité de cet accrochage, l’émotion ne nous submerge pas outre mesure, bien loin de l’onde de choc qu’elles provoquèrent lors de leur première exposition. Au contraire, cet éclatement de l’espace, où la forme l’emporte sur la couleur, inquièterait plutôt. « La peinture est achevée quand l’émotion est entièrement voilée », écrivait de Braque l’auteur de sa première monographie, Carl Einstein. Et Braque lui-même : « J’aime la règle qui corrige l’émotion. » Une intention alors de ne point trop susciter l’émotion pour mieux donner à voir ce changement radical de l’espace pictural ?

Au-delà des séries de natures mortes, des étonnantes Canéphores des années vingt, des illustrations de la « Théogonie » d’Hésiode, l’entre-deux-guerres méconnu de Braque ici remis en lumière, des vanités, intérieurs et ateliers que Braque exécute dans son refuge de Varengeville-sur-mer (Seine-Maritime) aux heures sombres de la seconde guerre, ou des séries de billards et d’ateliers de l’après-guerre, portons-nous vers ses derniers paysages peints entre 1955 et 1963 qui ont tant bouleversé Giacometti, « cette peinture nue d’une bien plus grande audace que celle des années lointaines ». Des panoramas, des horizons, bandes de couleur d’une matière épaisse entre terre et ciel : Braque délaisse quelque peu l’atelier pour, dit-il, essayer « de tirer mon œuvre du limon de la terre ». Sans doute le moment le plus touchant de l’exposition, d’autant plus que ces toiles ultimes ne sont pas les plus connues de l’artiste. Le parcours s’achève par la série des Oiseaux, parfois de simples « formes aériennes », une thématique qui contamine peu à peu l’univers de Braque, de ses illustrations pour le poème de René Char Le Soleil des eaux (1949) à certains des Ateliers (« Atelier VIII », 1954-1955). Un nouveau mouvement, une nouvelle inspiration du peintre au terme de sa vie.

Jean-Michel Masqué