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Les jeux de miroirs de Gerhard Richter au Centre Pompidou

mardi 12 juin 2012

Gerhard Richter. Panorama
Du 6 juin au 24 septembre 2012
Centre Pompidou
Galerie 1 – niveau 6
www.centrepompidou.fr

 

 

- A l’occasion de l’exposition du Centre Pompidou, le Louvre expose une centaine de dessins et œuvres sur papier de G. Richter. Ses premières linogravures datées de 1957 laissant présager son passage à l’abstraction, ses aquarelles et récentes huiles sur papier, ses dessins, griffures nerveuses au crayon de la série Halifax des années 1970. Du 7 juin au 17 septembre (Aile Denon, 1er étage, salles 9 et 10).
www.louvre.fr

À 80 ans, Gerhard Richter continue de se réinventer, jouant avec l’insécurité permanente, fidèle à son principe de n’avoir pas de programme, mais que des incertitudes.
Autour de 130 tableaux, cette rétrospective coproduite par la Tate Modern de Londres et la NeueNational galerie de Berlin, retrace l’ensemble de son œuvre des années 1960 à aujourd’hui. Elle met surtout en lumière l’extrême tension entre abstraction et figuration qui est au cœur de son travail, mais aussi des recherches moins connus sur le miroir et le verre. Ces jeux de reflets et de double traversent d’ailleurs nombre de ses œuvres picturales. C’est déjà le cas sur ses « photo-peintures », des tableaux peints à partir de ses propres photographies ou d’images choisies dans la presse, des œuvres au beau velouté et aux délicats effets de flou obtenus en frottant la peinture encore humide avec une brosse. À la fin des années 1960, il prolonge l’expérience du hasard amorcée avec les Nuages, balaie toute figuration, combat le motif pour produire des toiles souvent monumentales faites d’éclaboussures et d’aplats de couleurs largement raclés. D’où à nouveau cette impression de reflets face à une vitre brouillée par la buée ou la pluie, cachant à notre regard on ne sait quel paysage ou quelle forme. Mais Richter n’en reste pas là. Se considérant comme l’héritier d’une tradition, et avec de fréquents clins d’œil à Marcel Duchamp prédisant la fin de la peinture comme médium artistique, il se confronte aux chefs d’œuvre de l’art classique et rend hommage à Titien (Annonciation), Poussin, Ingres (Portrait de Betty), Vermeer (Lectrice) et aux paysages de Caspar David Friedrich. Il sacrifie aussi à l’art du portrait depuis le milieu des années 1960. L’un des plus émouvants est celui de sa tante Marianne la montrant en sa compagnie quand il était enfant, avant que cette femme fragile mentalement soit tuée par les Allemands dans le cadre du programme eugéniste hitlérien. Né à Dresde en 1932 et formé en Allemagne de l’Est avant de s’enfuir en 1961 en République fédérale, Richter a traité du passé de l’Allemagne et continue de regarder l’histoire dans un miroir (Une toile de 2005 rappelle l’attentat sur les tours du World Trade Center en 2001). Il regarde aussi devant, s’interrogeant sur la façon dont la crédibilité de la peinture peut être préservée face au développement de l’image numérique, mais tout en continuant à privilégier l’acte de peindre, comme dans la dernière série Strip, composée de grands tirages numériques basés sur une peinture abstraite et retravaillés avec un logiciel informatique.

Catherine Rigollet