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Robert Guinan-Eugène Leroy-Charles Maussion

samedi 5 juillet 2014

Robert Guinan-Eugène Leroy-Charles Maussion
Du 28 juin au 28 septembre 2014
Commun du Château 89430 Tanlay
Tous les jours sauf mardi, de 11h à 18h
Tarif plein : 4€
Tel. +33 (0)3 86 75 76 33
www.cg89.fr/Culture-et-Vie-Locale/Culture/Exposition-Eugene-Leroy-Charles-Maussion-et-Robert-Guinan

Figures de style

Sans parler de confrontation, l’exposition de l’été dans les communs du château de Tanlay, dans l’Yonne, offre une belle occasion de comparer trois manières d’aborder la figure, principalement à travers le dessin (quelques peintures venant étayer le propos).
L’exposition, conçue par Louis Deledicq, met en lumière les œuvres de trois artistes : un Américain, Robert Guinan et deux Français Charles Maussion et Eugène Leroy. Elle s’ouvre sur deux séries de dessins d’Eugène Leroy (1910 - 2000), dont une dizaine de grands nus qui allient la puissance du geste à la force de la présence évoquée. La même impression de puissance se prolonge dans la seconde salle où cinq grandes gouaches des années 70 font face à six huiles sur toile de la fin des années 90 (hormis le Nu couché, commencé dans les années 60). Ce sont d’étonnantes apparitions de nus (seuls ou en couples) vibrant dans une lumière diffuse qui se rit de la matière qui a présidé à leur élaboration.

Le dessin, c’est le trait, semble suggérer pour sa part Charles Maussion (disparu en 2010 à l’âge de 87 ans) dans ses dessins à la mine et crayons de couleur comme dans ses peintures à la tempera. Exécutés sur un support papier, dessins et peintures semblent d’abord aussi diaphanes et vaporeux que les toiles de Leroy apparaissent lourdes et épaisses. Et pourtant, "traits" ne veut pas dire "tracés" : on distingue chez Charles Maussion d’incessants passages de la pointe du crayon qui, en couches successives finissent par créer une sorte de sfumato laissant advenir une silhouette, d’homme ou de femme, d’oiseaux aussi - comme le montre une salle entière dédiée à ce thème.

Enfin, dans un deuxième corps de bâtiment, une quinzaine de dessins de Robert Guinan - principalement des portraits de femmes - entourent une seule grande huile sur toile dans les tons sombres et opaques chers à cet artiste américain (né en 1934), dont l’œuvre est une immersion dans le monde marginal de Noirs et de Blancs pauvres de Chicago, la ville où il vit et travaille. Comme grossies à la loupe les figures paraissent tracées d’un crayon léger mais sans rien de caricatural. Elles offrent un contraste saisissant entre la délicatesse du trait et l’âpreté du sujet qui suscitent chez le spectateur un sentiment mêlé d’effroi et d’empathie.

Comme un retour aux sources de la pratique picturale qu’est le dessin, le commissaire de l’exposition revient lui aussi sur les lieux familiers qu’il a contribué à faire connaître entre 1984 et 1997 - après les années pionnières des Chemins de la création à Ancy-le-Franc dans les années 60. Et Louis Deledicq semble rejoindre ici les propos d’Eugène Leroy qui écrivait dans une lettre de 1956 : « Au fond, c’est le dessin qui fait tout… »

Marie-Ange Dutartre

Visuel page expo : Eugène Leroy, Nu. 108 x 75cm. ©Leroy Estate. Visuel page d’accueil : Robert Guinan, dessin ©D.R