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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Gustave Courbet. Les années suisses

vendredi 12 septembre 2014

Du 5 septembre 2014 au 4 janvier 2015
Musée Rath
Place Neuve - 1204 Genève
Du mardi au dimanche, de 11h à 18h
Fermé le lundi
Plein tarif : 15 CHF
Entrée libre pour les – 18 ans et le 1er dimanche du mois
www.mah-geneve.ch

 

 

- À voir aussi : "Gustave Courbet", Fondation Beyeler - Riehen (Bâle). Du 7 septembre 2014 au 18 janvier 2015.

C’est quasiment à une entreprise de réhabilitation que se livre la commissaire de l’exposition. Courbet a déjà fait un séjour de six mois en prison pour sa participation à la Commune de Paris. Il voit ses biens mis sous séquestre et décide de s’exiler en Suisse en juin 1873 où il est condamné quelques mois plus tard, par l’Assemblée nationale, à payer les frais de reconstruction de la Colonne Vendôme mise à bas par les Communards. Il passera ses dernières années au bord du lac Léman, et mourra le 31 décembre 1877 sans avoir remboursé. L’exposition cherche à revaloriser le travail de l’artiste pendant ces années là. Il est dénigré (des faux circulaient), voire “enterré” à coup de phrases lapidaires par ses contemporains : “Courbet est mort. Il ne fait plus rien”, écrit Zola. Environ 70 œuvres inégales, peintes avant et pendant son exil, reflètent le peintre blessé (harponné par l’Histoire comme ses Truites de la Loue hameçonnées), et mettent en valeur l’audacieuse modernité de sa technique (il utilise le couteau à palette, ses doigts). Sont ainsi rassemblés les autoportraits dont il n’avait pas voulu se séparer ; les vues en série du château de Chillon, chanté par Byron et devenu pèlerinage touristique, dont la vente pourrait contribuer au remboursement de sa dette ; les vues du lac, où eau et ciel se partagent équitablement la toile ; et les paysages alpestres, y compris l’un des derniers, Panorama des Alpes, jamais exposé. On y devine la résistance de Courbet aux critiques, sa fascination pour les paysages, la lumière qui en émane, et son anxiété devant sa santé inexorablement déclinante. De ces années datent aussi, inédits, les bustes de la “République Helvétique” qu’avait offert l’artiste à certaines municipalités suisses : une demi-douzaine figurent dans l’exposition. Il est recommandé de voir ces œuvres peu familières, intéressantes surtout pour ce qu’elles révèlent de l’homme au crépuscule de sa vie d’homme, d’artiste et de politique, avant celles, plus connues, exposées à la Fondation Beyeler dans une exposition partenaire.

Elisabeth Hopkins

Visuel : Gustave Courbet - L’homme blessé, 1844 ou 1854. Huile sur toile, 81.5cm x 97.5 cm. Musée d’Orsay, Paris
© RMN Grand Palais (Musée d’Orsay)/Hervé Lewandowski, RF 338