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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Kiefer-Rodin : un dialogue à distance

mardi 28 mars 2017

Du 14 mars au 22 octobre 2017
Musée Rodin
77, rue de Varenne, Paris 7e
Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 17h45
Entrée : 10€
www.musée-rodin.fr

 

- Catalogue Kiefer – Rodin, 288 pages, 250 illustrations. Editions du musée Rodin/Gallimard/The Barnes Foundation. 35€.

C’est un dialogue plutôt distancié entre Auguste Rodin (1840-1917) et Anselm Kiefer (né en 1945) puisque l’artiste allemand est exposé seul dans ses salles et qu’il faut bien chercher les deux salles de Rodin (l‘une, en fait un couloir) dédiées à l’exposition dans l’Hôtel Biron.

À partir du livre de Rodin, Les Cathédrales de France, publié quelques années avant sa mort en 1917, Kiefer a travaillé sur trois grandes toiles, Auguste Rodin : Les Cathédrales de France, 2016, trois toiles monumentales où l’artiste mêle matériaux traditionnels et du plomb fondu, modelé, diapré, masquant, déformant et torturant les tours, plus évocatrices de ses propres tours à moitié écroulées que de clochers de cathédrales. Dans une série de grands livres ouverts (environ 100cm x 80cm), des femmes dénudées, étirées, pastellisées s’étirent sur un fond marbré dans lequel elles se fondent. Les vitrines, inspirées par les "abattis” (fragments de membres) de Rodin, mêlent différents objets qui marquent la vie de Kiefer, et reviennent de façon récurrente dans son œuvre : des robes, des tournesols, entre autres. Et Rodin dans tout cela ? Kiefer avoue : « J’aime sa façon de fragmenter, de reconsidérer ses œuvres, de les réutiliser et le rythme qu’il parvient à créer. »

Découvrons donc Absolution dans l’Hôtel Biron, une œuvre sortie des réserves pour illustrer ce dialogue : Rodin pouvait bousculer les conventions, jouer sur les matières, transformer des fragments, et n’hésita pas à le faire, comme ici, en réutilisant ici une tête, un torse, et un morceau de rocher en plâtre recouvert d’un tissu enduit de plâtre. Œuvre fragile, parfaite dans son imperfection, mise sous verre pour l’exposition.

Deux artistes séduits par des techniques similaires, des recherches sur les matériaux, en quête sinon de la perfection de l’œuvre mais de l’âme des matériaux. Un lien bien ténu pour ce qui est surtout, au final, une belle exposition Kiefer.

Elisabeth Hopkins

- Les œuvres des deux artistes seront exposées à la Barnes Foundation de Philadelphie du 17 novembre 2017 au 12 mars 2018.

Visuel : Anselm Kiefer, Berthe au grand pied, 2016, 190 x 80 x 70 cm, verre, métal, plomb, gomme-laque et plâtre, © Anselm Kiefer, ph. Georges Poncet, collection particulière.