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Expo à Paris

L’Âge d’or de la peinture danoise (1801-1864)

Un 19e siècle turbulent pour le Danemark, attaqué par les anglais pour son alliance avec la France, ruiné par le blocus continental, dépossédé de la Norvège, et gouverné par des rois peu libéraux. Il y survint pourtant un renouveau artistique, influencé par le romantisme allemand, un « Âge d’or » (terme forgé vers 1900) qui dura jusqu’au mitan du siècle.

L’image peinte du Danemark offerte sur ce fond d’histoire est étonnamment sereine, domestique, voire intime, mais non chauvine et s’élargit à des souvenirs de voyage vers l’Italie et l’Europe de l’Ouest. Précurseur de l’Âge d’or, et fil conducteur de l’exposition, Christoffer Wlhelm Eckersberg étudie en France dans l’atelier de David où il découvre les modèles vivants. Il introduira le nu à l’Académie danoise à son retour (Christen Kobke, Modèle masculin assis, 1833). Abandonnant les sujets d’histoire, il peint des vues minutieuses et poétiques (Vue du Pont Royal, Paris, 1812) puis s’installe à Rome en privilégiant la peinture sur le motif. Ses peintures lumineuses jouissent d’un franc succès à son retour. En effet, après la faillite de l’État en 1813, c’est à la bourgeoisie émergente que l’on doit le redressement du pays et l’essor de la peinture. Elle finance les bourses des peintres pour l’étranger et collectionne les œuvres de petit format : portraits, ceux des mécènes bien sûr (Christian Albrecht Jensen, La Baronne Christine Stampe, 1827), scènes de famille, peintures d’intérieur ou scènes pittoresques vécues en Italie, tel ce gondolier vu depuis l’intérieur de l’embarcation (Julius Exner, Une gondole, 1859).

Le voyage en Italie ouvre les jeunes artistes, venus d’une nation luthérienne, à l’art sacré, mais on ne peut qu’être déçu par l’une des rares œuvres religieuses sur les cimaises. La Vierge à l’enfant, 1820 de Johan Ludwig Lund semble dénuée de toute sacralité.
Avec la peinture de plein air, encouragée par Eckersberg, tous les motifs sont admis, et les points de vue novateurs sont adoptés : contre-plongée, vues à travers une fenêtre. Au fil des ans, l’image du pays vu par ces artistes s’élargit et fjords, dolmens et landes couvrent les toiles. En ville, les gens et les choses familières et banales deviennent des sujets choisis, parfois traités avec humour (Eckersberg, Scène de rue sous la pluie et le vent, 1846).
Vers 1850, les artistes reviennent aux ressources plus spécifiquement danoises. Dans les œuvres de Otto Bache ou Constantin Hansen, perce une nostalgie pour un monde qui disparaît. Après les conflits des années 50 et la perte des duchés, la peinture d’histoire est remise au goût du jour… L’Âge d’or entre dans le passé.

Une agréable découverte, qui suscite vrai plaisir mais peut être pas émerveillement….

Elisabeth Hopkins

Visuels : Christen Købke (1810-1848), Vue de Dosseringen, 1838. Huile sur toile, 53 x 71,5 cm, Copenhague, Statens Museum for Kunst © SMK Photo/Jakob Skou-Hansen.
Martinus Rørbye, Loggia à Procida, 1835. Huile sur papier collé sur toile. Stockholm, Nationalmuseum Photo : Cecilia Heisser/Nationalmuseum.
Christoffer Wilhelm Eckersberg, Scène de rue sous la pluie et le vent, 1846. Copenhague, Statens Museum for Kunst © SMK. Photo/Jakob Skou-Hansen.

Archives des expos à Paris
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Du 22 septembre 2020 au 3 janvier 2021
Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Avenue Winston-Churchill
75008 Paris
Du mardi au dimanche de 10h à 18h
Nocturne le vendredi jusqu’à 21h
Fermé les lundis, le 11 novembre, le 25 décembre et le 1er janvier
Entrée : 13 €
www.petitpalais.paris.fr