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L’Impressionnisme et les Américains à Giverny

lundi 31 mars 2014

Du 28 mars au 29 juin 2014
Musée des Impressionnistes
99 rue Claude Monet – 27 620 Giverny
Tous les jours, de 10h à 18h
Tarif plein : 7€
Tél. 02 32 51 94 65
www.museedesimpressionnismesgiverny.com

 

- Conçue en association avec la Terra Foundation for American Art (qui a prêté 30 tableaux pour l’exposition), l’exposition "L’impressionnisme et les Américains" entamera ensuite une tournée européenne : National Galleries of Scotland (Edimbourg) du 19 juillet au 19 octobre 2014 et Musée Thyssen-Bornemisza (Madrid) du 4 novembre 2014 au 1er février 2015.

 

- A lire : Catalogue, sous la direction de Katherine M. Bourguignon, 160 pages, 29€. Ed. Hazan

 

- Autour de Claude Monet :
En marge de ses expositions, le musée des impressionnistes présente un accrochage autour de Claude Monet, avec quelques tableaux du maîtres de Giverny, mais aussi de Blanche Hoschedé-Monet, sa belle-fille et sa bru (fille d’Alice sa première femme et épouse de son fils Jean) qui deviendra son principal soutien, de 1914 à sa mort le 5 décembre 1926.

 

- On ne quittera évidemment pas Giverny sans une visite de la maison et des jardins de Monet, à quelques mètres du musée des impressionnistes. Après l’ouverture au public, le 29 mars 2013, de la chambre de Monet fraîchement restaurée à partir de plusieurs témoignages écrits, notamment les détails fournis par Julie Manet, c’est la chambre de Blanche Hoschedé-Monet qui est visible à partir du 1er avril 2014. En savoir plus.

 

 

Visuel page expo : Mary Cassatt, L’Été, 1894. Huile sur toile, 100,6 × 81,3 cm. Chicago, Terra Foundation for American Art, Collection Daniel J. Terra © Terra Foundation for American Art.
Visuels page d’accueil : Frank W. Benson, Eleanor, 1901. Huile sur toile, 76,2 × 64,1 cm. Providence, Museum of Art, Rhode Island School of Design, don de la succession de Mme Gustav Radeke © Museum of Art, Rhode Island School of Design/ Photo : Erik Gould
John Singer Sargent, Claude Monet peignant à l’orée d’un bois, 1885. Huile sur toile, 54 × 64,8 cm. Londres, Tate, offert par Mlle Emily Sargent et Mme Ormond par l’intermédiaire du Fonds artistique, 1925 © Tate, Londres, 2014.
Claude Monet, Prairie aux meules de foin près de Giverny, 1885. Huile sur toile, 74 × 93,5 cm. Boston, Museum of Fine Arts, legs de M. Arthur Tracy Cabot © 2014 Museum of Fine Arts, Boston.

Le musée des impressionnismes à Giverny poursuit sa mission entamée il y a cinq ans : dévoiler l’influence du mouvement à travers le monde. « Clin d’œil à l’histoire du musée qui fut longtemps consacré à l’art américain, cette première exposition de la saison 2014 explore la pratique de l’Impressionnisme chez les peintres américains des deux côtés de l’Atlantique, entre 1880 et 1900 », commente Diego Candil, directeur général.

Il aura fallu quatre années de travail à l’équipe de la commissaire Katherine Bourguignon pour monter cette exposition originale qui réunit quatre-vingts tableaux de trente prêteurs originaires de quatre pays, avec des peintures majeures d’artiste américains tels Mary Cassatt, John Singer Sargent, Theodore Robinson ou William Meritt Chase, côtoyant des tableaux de Claude Monet, Camille Pissarro et Edgar Degas.

Si l’impressionnisme a vraiment été un mouvement international, il se diffuse tardivement aux États-Unis, dix ans au moins après son apparition dans le monde des arts parisiens vers 1874. « En 1879, raconte Katherine Bourguignon, les américains l’associent encore à des couleurs vives, à la spontanéité du plein air, à des tableaux non traditionnels ». Puis au fur et à mesure que les collectionneurs qui ont voyagé en Europe rentrent avec des tableaux de Monet, Pissarro et Renoir, le regard change, l’intérêt grandit. Le marchand parisien Paul Durand-Ruel organise deux expositions d’œuvres impressionnistes françaises, à Boston en 1883 et à New York en 1886 avec deux cent quatre-vingt-dix tableaux. Le choc est violent, les couleurs sont jugées agressives et la critique stigmatise les ombres mauves qui vont devenir la marque de fabrique de ce style pictural. Mais pour les peintres américains qui se tournent vers l’impressionnisme, s’en inspirent ou l’adaptent à l’identité locale, c’est un vent de liberté.

Seule artiste américaine à avoir exposé à Paris avec les impressionnistes de 1879 à 1886, à l’invitation de son ami Degas, Mary Cassatt occupe une place de choix dans l’exposition L’Impressionnisme et les Américains avec six tableaux. On y voit, entre autres, Jeune fille à la fenêtre, Enfants sur la plage, ou encore l’Été, une rare peinture d’extérieur, réalisée en 1894. Car, à la différence de ses homologues masculins, Mary Cassatt ne sort pas son chevalet de l’atelier, ce n’est pas encore bien admis pour une femme d’aller dans la campagne peindre sur le motif. Sans doute une raison pour laquelle elle s’est concentrée sur des portraits plus intimistes de femmes et d’enfants. Restée en France, habitant dans son château en Picardie jusqu’à la fin de sa vie, elle jouera un rôle de premier plan dans la promotion de l’Impressionnisme aux États-Unis, encourageant ses amis et sa famille à acheter des tableaux, notamment de Degas.

John Singer Sargent est l’autre vedette de l’exposition. Expatrié lui aussi, il va expérimenter la technique impressionniste en Grande-Bretagne et en France, l’enrichissant auprès de son ami Claude Monet, dont il fait le portrait lors d’une visite à Giverny en 1885. Il saisit l’artiste en train de peindre sur le motif Prairie aux meules de foin près de Giverny, l’un des premiers tableaux de sa célèbre série des Meules. Ces deux huiles de Sargent et de Monet sont réunies en vis à vis dans l’exposition ; une proximité qui nous projette cent-vingt-neuf ans en arrière avec beaucoup de réalisme et d’émotion. À la même époque, de jeunes peintres venus des États-Unis et du Canada s’installent à Giverny où ils ont le loisir de peindre en plein air, tout en restant à proximité de Paris, où ils peuvent exposer au Salon, un événement qui n’existe pas outre-Atlantique. C’est le cas de John Leslie Breck et surtout de Theodore Robinson qui adopte peu à peu la touche spontanée et fragmentée, les effets de la lumière du soleil, l’éclaircissement de la palette, le rejet du noir pur et la vivacité des couleurs propres aux impressionnistes comme dans son Cortège nuptial ou dans Arbres en fleurs à Giverny.

La seconde partie du parcours de l’exposition montre comment les artistes de retour aux États-Unis ont adapté le mouvement d’avant-garde à leur nouveau public. William Merritt Chase abandonne sa palette sombre, Frank W. Benson opte pour les couleurs vives et peint des scènes en plein air baignées de soleil, John Henry Twachtman se passionne pour les paysages enneigés, James McNeill Whistler accentue la luminosité du blanc, tout comme Cecilia Beaux (somptueux Sita et Sarita, une femme en blanc et sa chatte noire sur les épaules, mêmes yeux verts côte à côte), apportant de nombreuses influences et variantes à l’impressionnisme français. Il était lui-même loin d’être homogène, mais plutôt la rencontre entre des personnalités souhaitant s’affranchir de l’art officiel et académique des « Salons », rendre la réalité visible, de manière sensible et subjective, détachée de la représentation fidèle de la nature. En cela, les peintres américains présents dans cette belle exposition de Giverny se sont parfaitement retrouvés.

Catherine Rigollet