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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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La France de Raymond Depardon

jeudi 7 octobre 2010

Du 30 septembre 2010 au 9 janvier 2011
BnF Mitterrand
www.bnf.fr

- À ne pas manquer, jusqu’au 21 novembre, l’exposition "France14" dans l’Allée Julien Cain où 14 jeunes photographes donnent leur vision du territoire français, en écho à la France de Raymond Depardon.

Pendant six ans, Raymond Depardon a photographié la France que l’on voit mais que l’on ne regarde pas, une « France de l’entre-deux » ni spectaculaire ni patrimoniale. La France de Raymond Depardon est vide d’habitants, même si l’on sent bien que des Français y vivent, colorée et presque intemporelle car, à travers les tirages de très grand format (1,60 m x 2 m) exposés dans la première salle, ces 36 paysages non légendés, il n’est pas possible de discerner une marque architecturale datée. Comme si les dernières décennies, par strates successives, avaient façonné la France de 2010. La contrainte que s’est donné le photographe de travailler à la chambre 20x25, posée sur un pied qui rappelle le chevalet du peintre, explique aussi cette impression de lenteur et d’intemporalité, de fragilité presque, mais que viennent contrebalancer l’incroyable luminosité et des couleurs auxquelles Depardon ne nous avait pas spécialement habitué. En ethnologue de la France rurale, des commerces simples, des ronds-points, des petites mairies, des bars-tabacs et cafés-maisons de la presse, des cinémas de village, des pavillons modestes, des bords de mer sans touristes, Depardon ne porte aucun jugement mais donne à voir la réalité qui nous échappe, sans fioritures, une réalité d’une telle force qu’elle en est belle, en tout cas émouvante. « Je force le regard sur les choses, expliquait le photographe lors du vernissage. Je donne mes photos. Aux autres de les interpréter. » Entre les deux parties de l’exposition, un couloir est tapissé des images de la salle précédente, réduites et accompagnées cette fois ci de leur légende. On pénètre ensuite dans l’atelier du photographe, montrant ses influences américaines (Paul Strand, Walker Evans, Andrew Wyeth), ses travaux précurseurs en France mais aussi des documents de travail liés à cette longue plongée dans la France provinciale. Ces documents, cahiers et polaroïds de repérage comme précisions techniques, dévoilent la recherche de l’artiste pour aboutir à sa vision singulière.

Jean-Michel Masqué