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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Architecture. La révolte Tendenza

mercredi 27 juin 2012

La Tendenza. Architectures italiennes 1965-1985
Du 20 juin au 10 septembre 2012
Centre Pompidou
Galerie du musée, niveau 4
Tous les jours, sauf mardi
De 11h à 21h
www.centrepompidou.fr

Dès l’entrée de l’exposition, on découvre sur une immense photographie les protagonistes de La Tendenza (« tendance »), mouvement architectural né en Italie dans les années 1960 et qui essaimera en Europe et aux Etats-Unis. Aux côtés d’Aldo Rossi (1931-1997), figure marquante de ce laboratoire d’idées, tous rejettent le postulat fonctionnaliste d’un Le Corbusier selon lequel la forme découle de la fonction, proposant une architecture politique et critique en prise avec le réel, loin de toute utopie. Opposés à l’abstraction radicale du modernisme des années 30, et dans l’effervescence de l’après-guerre, ils recherchent dans les formes historiques de l’architecture et des cités, des constantes permettant de nourrir un nouveau langage pour répondre à l’éternelle question : quelle architecture et quel urbanisme pour quelle société ? L’apparition de revues comme Contropiano, animée par Massimo Cacciari, Toni Negri et Manfredo Tafuri... ou Controspazio avec Paolo Portoghesi et Massimo Scolari, d’influence marxiste, ouvre un large débat et une réflexion sur l’histoire qui mènent à la création du mouvement. C’est dans cet esprit que des réalisations emblématiques vont surgir : la Torre Velasca du groupe BBPR à Milan, le quartier Gallaratese (1967-1974) dans la banlieue de Milan pensé par Carlo Aymonino comme une ville en réduction avec ses espaces publics, ou encore le Théâtre du monde d’Aldo Rossi flottant sur la lagune de Venise à la Punta della Dogana. Une architecture éphémère habillée de bois -en lien avec bateaux et gondoles-, un phare ouvert sur la ville et en changeant la vision. Projets réalisés ou pas (comme ce superbe Palais des sports de Florence dessiné à la manière d’un Delaunay par des architectes du groupe GRAU), la production graphique à cette époque est intense. C’est l’un des aspects passionnants de cette exposition montée par Frédéric Migayrou que de mettre en lumière, en même temps que la richesse des débats exaltés, l’esthétique des maquettes en bois et des innombrables perspectives au crayon, à l’encre et à l’huile. Certains paysages urbains constituant même de véritables tableaux comme cette impressionnante Città analoga d’Arduino Cantafora (1973), toile de 7 mètres de long sur deux de haut composée de multiples références architecturales et évoquant un tableau de Giorgio de Chirico.
Sur près de 600 m2, cette belle exposition composée aussi de nombreuses photographies et de livres remet en mémoire près de vingt ans (de 1965 à 1985) de cette architecture postmoderne qui aura fait couler beaucoup d’encre et qui se propagera à l’international avec, notamment, Christian de Portzamparc et Antoine Grumbach en France, Joseph Paul Kleihues, Oswald Mathias Ungers en Allemagne, Mario Botta et Fabio Reinhart en Suisse, le groupe 2C en Espagne, et jusqu’aux États-Unis grâce à la publication des écrits d’Aldo Rossi par l’architecte Peter Eisenman.

Catherine Rigollet