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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Les Frères Chapuisat. Le Buisson Maudit

vendredi 22 mars 2013

Du 20 mars au 3 novembre 2013
Abbaye de Maubuisson, Saint-Ouen-l’Aumône (95)
Du lundi au vendredi (sauf mardi) de 13h à 18h
Le week-end et les jours fériés (sauf le 1/05) de 14h à 18h
Visites commentées tous les samedis à 15h30
Entrée libre
Tél. 01 34 64 36 10
www.valdoise.fr

On n’en finira jamais de redécouvrir l’abbaye de Maubuisson, tout au moins tant que s’y installeront des expositions d’artistes contemporains, invités à habiter à leur façon et sans retenue ce vestige restauré de l’architecture cistercienne. Après le sable de Lamouroux ou les baguettes de pain de Jan Kopp, cette nouvelle lecture radicale fait justement l’intérêt de cette exposition personnelle des Frères Chapuisat, des Suisses aux dimensions universelles. La pièce unique présentée ici, le Buisson Maudit en référence à l’origine médiévale du nom Maubuisson entre lieu inhospitalier et repaire de brigands, a demandé trois mois de préparation à une équipe de neuf personnes, la fratrie Chapuisat élargie. Cette confrérie fluctuante et évolutive passe de chantier en chantier, comme de modernes bâtisseurs de cathédrales, des compagnons engagés dans un tour artistique quasi permanent.
De la salle des Religieuses à la salle du Chapitre en passant par la salle du Parloir, une forêt de pilotis se dresse (70 m3 de bois frais et 70 000 vis, tout de même !), soutenant une galerie fermée et aérienne en bois, une construction labyrinthique, un appartement fantastique fait de couloirs tordus et confinés, de niches, de chambres à coucher, d’une salle à manger et même d’un amphithéâtre ! Le visiteur peut s’y glisser, suivre ce parcours chaotique en haut des piliers et sous les croisées d’ogives en s’agenouillant, se baissant, en rampant même... Le contraste est fort entre ce que l’on voit et imagine du sol et ce que l’on vit à l’intérieur du dédale. « Nous voulons amener les visiteurs dans notre univers, indiquent les Frères, enfin dans un univers, pour faire oublier l’espace d’art. » Grégory Chapuisat en rajoute un peu dans le mystère qui parle d’ « une pièce extrême, une bête qui se répand dans l’espace, se déploie dans toutes les salles »...
Digéré par l’animal, chacun se trouve confronté aux limites de sa curiosité, à ses peurs, à ses interrogations. Comme l’indique Olivier Kaeser, un fin connaisseur de l’oeuvre des Chapuisat : « Les espaces imaginés par les Frères Chapuisat invitent aux expérimentations physiques, stimulent le goût de l’exploration spatiale, mais peuvent aussi plonger le visiteur dans un état d’angoisse claustrophobe. Ils renvoient tour à tour au mode de vie troglodyte, à l’architecture utopique ou aux films de science-fiction. Ces robustes adultes savent mêler le savoir-faire d’ingénieurs aux rêves d’enfants, les jeux interdits de l’adolescence à la poésie artistique. »

Jean-Michel Masqué

Visuel : Les Frères Chapuisat, installation, salle du parloir. Photo Catherine Brossais ©CGVO