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MONUMENTA 2016. Huang Yong Ping. « Empires »

jeudi 12 mai 2016, par cath

Du 8 mai au 18 juin 2016
Grand Palais – Nef
De 10h à 22h, du jeudi au samedi
De 10h à 19h, dimanche, lundi et mercredi
Fermé le mardi
Plein tarif : 10€
www.grandpalais.fr

Des empilements de 305 conteneurs métalliques, un immense bicorne noir fac-similé agrandi du chapeau porté par Napoléon lors de la bataille d’Eylau en 1807 et le squelette d’un féroce et imaginaire serpent préhistorique de 254 mètres de long soutenu par une sorte d’arc de triomphe : l’artiste Huang Yong Ping (né en 1954 en Chine, vit depuis 1989 en France) a fait une fois de plus dans la démesure, envahissant la nef du Grand Palais pour Monumenta 2016.
Mais pour dire quoi au fait ?

Pour faire court, avec cette installation Empires, Huang Yong Ping veut nous faire prendre conscience de la violence que les échanges économiques de la mondialisation exercent sur l’humanité, de la gloire promise par l’expansion et de la menace persistante que celle-ci laisse planer, y ajoutant la mémoire d’Eylau, une victoire de l’Empire sur les Russes qui fut aussi un carnage avec entre 18 000 et 25 000 morts de part et d’autre (selon les sources), faisant dire au maréchal Ney : « Quel massacre ! Et tout cela pour rien ! ».

Alors certes, le sujet politique et sociétal de la gigantesque œuvre conceptuelle de Huang Yong Ping s’inspirant des récits mythologiques, philosophiques et religieux, donne à réfléchir –ou à débattre. Mais tout cela pour ça ! Avons-nous envie de dire en parodiant le maréchal d’Empire.

Quant à la confrontation artistique de l’œuvre avec l’architecture à la fois monumentale et aérienne de la nef du Grand Palais (le principe de Monumenta), elle déçoit. Si le corps et le regard se heurtent d’abord à un impressionnant et inquiétant mur de conteneurs, les vertèbres du serpent se confondent ensuite avec les arcades métalliques de la verrière, la vue d’ensemble se brouille, la lecture devient difficile malgré la pénétration dans cette œuvre voulue immersive.

Succédant à Anselm Kiefer, Richard Serra, Christian Boltanski, Anish Kapoor, Daniel Buren, Ilya et Emilia Kabakov, dans la terrible confrontation d’artiste(s) avec la grande Nef du Grand Palais, HYP nous livre avec Empires une fable prégnante, mais sa narration est chaotique.

Catherine Rigollet

Vue de l’installation Empires de Huang Yong Ping, Nef du Grand Palais, Monumenta 2016. © D.R