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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Magiciens de la terre. Retour sur une exposition légendaire

lundi 7 juillet 2014

Du 2 juillet au 15 septembre 2014
Centre Pompidou – Paris
Galerie du musée – niveau 4
Tous les jours sauf le mardi, de 11h à 21h
Plein tarif : 11 à 13€ (selon période)
www.centrepompidou.fr

Une exposition sur une exposition louée mais controversée. Un pari que le Centre Pompidou n’hésite pas à faire, tant son exposition en diptyque de 1989, en ses propres murs et à la Grande Halle de La Villette, est devenue source de documentation intarissable pour l’histoire de l’art, l’évolution des expositions muséales, et pour le dialogue culturel entre civilisations.

Pas question ici de reproduire les Magiciens de la Terre de 1989, ou même de montrer des œuvres des 113 artistes qui y furent présentés. L’œuvre unique ici, pour citer Jean-Hubert Martin, est la scénographie de Sarkis (il avait une installation en 1989 au Centre Pompidou) pour ce qui est en réalité un dossier fourni et superbement illustré. Sur les quatre murs, du sol au plafond, de grandes reproductions photographiques des peintures, sculptures, vidéos et performances de 1989 par des artistes occidentaux — Baldessari, Rebecca Horn, Boltanski, Louise Bourgeois, Kiefer, Byars ou venus d’horizons lointains. Elles sont ponctuées de quelques vidéos portant témoignage sur les cultures africaines, asiatiques ou océaniennes où Jean-Hubert Martin, concepteur de l’exposition, et ses chargés de mission révélaient des artistes jusque là inconnus en occident. Au centre de la salle, des vitrines présentent des documents, des fac-similés, des notes de terrain, des vidéos sur le travail d’installation.
Les artistes inconnus il y a 25 ans sont très présents aujourd’hui dans les musées, les galeries, les foires — Frédéric Bruly Bouabré, Chéri Samba, Cildo Meireles ou Gu Dexing pour n’en citer que quelques-uns. Et pourtant, cette entrée de la globalisation au musée fit naître une belle controverse sur l’utilisation de performances ou d’objets rituels à des fins muséales, sur la sélection d’artistes non-occidentaux par des Européens, sur l’absence de contextualisation historique, religieuse et artistique. Le spectateur est invité ici à pénétrer dans les arcanes de la mise sur pied de l’exposition de 1989 : la conception, le choix des artistes, les négociations, les projets scénographiques, l’installation des œuvres. Il y manque évidemment la chaleur humaine des artistes qui usèrent de leurs corps, de leurs voix (et de matériaux divers) pour des installations éphémères, tels que la peinture sur sol de la communauté Yuendumu, le mandala de trois moines tibétains en poudre et pigments ou la peinture sur sable de Joe Ben Jr.

Les photos ne font pas toujours justice à la matérialité de certaines œuvres (l’accumulation de plastiques de récupération de Gu Dexing) ni au foisonnement des œuvres de 1989. Malgré cela, cette exposition purement documentaire passionnera ceux qui ne purent voir la première présentation mais qui s’intéressent à la genèse des expositions, et permettra aux chanceux qui l’avaient vue de se remémorer cette belle étape dans l’ouverture de l’art à la mondialisation.

Elisabeth Hopkins

Visuel : Barbara Kruger (USA), On n’a pas plus besoin de héros, 1989. Vue de salle, peinture sur panneau, verso © Centre Pompidou, Bibliothèque Kandinsky. Photothèque du Mnam / Cci, Paris. Photo : Jacques Faujour.
Visuel page d’accueil : Neil Dawson (Nouvelle Zélande), Globe, 1989 © Centre Pompidou, Bibliothèque Kandinsky. Photo : DR