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Des lieux de patrimoine et des maisons d’artistes à visiter. L’occasion de balades "découvertes culturelles et artistiques"
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Patrimoine

Musée de la nacre et de la tabletterie

Ce musée unique en son genre restitue l’histoire de l’industrie de la nacre et de la tabletterie qui a fait la réputation de Méru et des communes avoisinantes.
Dès le XVIIème siècle, les tabletiers de la région de Méru fabriquent pour les grossistes parisiens des objets de luxe (éventails, jumelles, broches, boutons, accessoires de toilette, couverts de table, bijoux, dés, boîtes, manches de couteaux, montures d’éventails, chapelets, etc....) dans des matières naturelles comme l’os, la corne, et plus précieuses comme l’ivoire, l’écaille de tortue, l’ébène, le bois d’amourette et la nacre. Dans le Pays de Thelle, beaucoup de tabletiers se spécialisent dans l’emploi de cette nacre issue de beaux coquillages comme l’huître perlière, le burgau, le goldfish ou le troca, péchés en Australie, au Japon, à Tahiti et qui arrivent à Méru par wagons entiers.

Pour façonner ces matières, les tabletiers effectuent un nombre considérable d’opérations délicates, nécessitant une grande habileté manuelle avec des outils proches de ceux du menuisier, tels que la scie ou la lime et utilisant aussi la technique du tournage.
La qualité du travail des tabletiers méruviens est si appréciée que l’ensemble de leur production (montures d’éventail, dièses de piano, boules de billard, jumelles de théâtre, crosses de revolvers, etc.) s’exporte partout en Europe, en Amérique et en Afrique.
Au 19ème siècle, boutons gravés, boutons teints pour les manteaux, les chemises, les bottines, supplantent bientôt la production d’objets de tabletterie traditionnels et Méru devient « capitale de la nacre et de la tabletterie » à la veille de la première guerre mondiale. Cependant, la situation économique et sociale est loin d’être belle pour tous et en 1909, la région est secouée par de violents conflits sociaux et une grève des boutonniers qui touche le tiers de la population du canton. Le gouvernement Clémenceau enverra la troupe pour réprimer le mouvement. La ville et sa région continueront à vivre jusqu’en 1960 au rythme des usines de boutons jusqu’à ce que l’apogée des matières plastiques et la mondialisation du commerce les condamnent peu à peu. Seuls quelques artisans maintiennent encore l’emploi de la nacre.

Créé en 1999, le Musée de la Nacre et de la Tabletterie témoigne de ce riche passé industriel et le fait revivre sur le site des anciennes usines de tabletterie Dégremont (1857-1972), exemple typique des grandes installations nées de la révolution industrielle. Le parcours muséographique montre la reconstitution d’un atelier de dominotier et d’un atelier de fabrication de boutons. Tous les outils sont encore là de la chaudière à vapeur pour l’énergie aux tours de découpe et de gravure, en passant par les trieuses, tambours de polissage et livres de comptes des contremaîtres. Le musée continue ainsi à produire des objets de nacre qui sont vendus dans sa boutique. Les collections d’objets sont déployées au premier étage dans une sobre et élégante mise en scène. L’établissement labellisé « Musée de France » depuis 2008 a ouvert une nouvelle aile au public en 2010. Grâce à cette extension, le musée a doublé sa surface, passant de 1 000 à 2 000m² et dispose d’une cafétéria et de deux salles dédiées aux expositions temporaires.

Catherine Rigollet

Visuels : © Eric Van Ees Beeck

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Musée de la nacre et de la tabletterie
51, rue Roger Salengro - 60110 Méru
Tous les jours, sauf le mardi, de 14h30 à 18h30
Tél : 03 44 22 61 74
à 50 mn de Paris (TER)
et 25 mn de l’aéroport de Beauvais Tillé (BVA)
www.musee-nacre.com