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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Oscar Wilde. L’impertinent absolu

jeudi 6 octobre 2016, par cath

Du 28 septembre 2016 au 15 janvier 2017
Petit Palais, Musée des Beaux-Arts de la Ville de Paris
Avenue Winston Churchill, Paris 8e
Ouvert du mardi au dimanche, de 10h à 18h
Nocturne le vendredi jusqu’à 21h
Fermé le lundi, le 25 décembre et le 1er janvier
Entrée : 10€ (gratuit jusqu’à 17 ans)
www.petitpalais.paris.fr

« Comme étude de couleur, c’est superbe. Mais il est difficile de s’intéresser humainement à cette paysanne égyptienne ». Oscar Wilde (1854-1900) ne mâche pas ses mots d’admiration ou de mésestime pour la peinture qui lui est contemporaine. C’est l’un des aspects passionnants de cette exposition que de nous révéler que l’écrivain fut aussi, à ses débuts, un critique d’art très subjectif mais qui aimait partager son expérience visuelle. Wilde (il n’a que 23 ans) rédige un article sur les tableaux préraphaélites présentés à la nouvelle Grosvenor Gallery de Londres. Il s’intéresse aux sujets historiques ou mythologiques (Electre sur la tombe d’Agammemnon, 1874, de Sir William Blake Richmond), montre de l’indifférence aux portraits, excepté ceux de John Everett Millais, et à l’instar de Ruskin descend Nocturnes de Whistler en flammes. Il se forge une réputation d’esthète sur laquelle il cherche à capitaliser en acceptant une tournée de conférences sur “le beau” aux États-Unis devant des publics les plus divers. De cette époque (1882), datent les photos de Wilde capturé en dandy par Napoleon Sarony. On en voit ici treize, devenues iconiques.

De retour en Europe, Wilde se marie, a deux fils, et mêle ses activités de conférencier, et de journaliste et d’écrivain de contes, essais philosophiques ou pièces de théâtre. L’année 1891 marque irrémédiablement son destin. Il publie son unique roman, Le Portrait de Dorian Gray, et rencontre Lord Alfred Douglas. Suivent les pièces de théâtre qui épinglent la société victorienne, et Salomé, écrite en français, qui,censurée en Angleterre, n’en est pas moins traduite en anglais et illustrée par Aubrey Beardsley en 1893. Jouant de manière sophistiquée sur les oppositions de noir et blanc, avec leurs lignes sinueuses et sensuelles, les dessins art nouveau du jeune artiste illustrent les moments les plus denses du texte. (J’ai baisé ta bouche, Iokanan, 1893).

Perdant ses procès contre le père de Lord Alfred, Wilde est condamné pour “grave immoralité” à deux ans de travaux forcés. Libéré, il passe les trois dernières années de sa vie en France.Il aura même droit à deux inhumations, en 1900 à Bagnolet et en 1909 au Père Lachaise.

L’exposition suit l’itinéraire de l’artiste : sa période critique est illustrée de tableaux mis en regard avec une citation bien sentie, sa période littéraire par de nombreux documents manuscrits ou imprimés, et le personnage lui-même par des photos et des portraits (Portrait d’Oscar Wilde, 1884, par Harper Pennington et son portrait de dos dans Danse Mauresque,1895, de Toulouse-Lautrec) ainsi qu’un long entretien vidéo avec Robert Badinter (malheureusement quasiment inaudible le jour du vernissage de presse).

Une belle et simple exposition qui donne envie de se replonger dans les œuvres de ce dandy séduisant, cet esthète irrévérencieux à l’humour féroce, à la plume alerte et poétique, dont le dernier chant, La Ballade de la geôle de Reading (1898), fut aussi poignant qu’émouvant.

Elisabeth Hopkins

Visuel : Napoleon Sorony, Portrait d’Oscar Wilde, #22, 1882. ©Bibliothèque du Congrès, Washington.