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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Patrice Chéreau. Un musée imaginaire

lundi 27 juillet 2015, par cath

Du 11 juillet au 11 octobre 2015
Collection Lambert
5 rue Violette - 84000 Avignon
Tél. 04 90 16 56 20
Tous les jours, de 11h à 19h, en juillet et août
De 11h à 18h, fermé le lundi, de septembre à juin
Entrée : 10€
www.collectionlambert.fr

 

- Catalogue relié avec textes d’Isabelle Huppert, Olivier Py, Catherine Tasca et Pierre Boulez et bien d’autres. 22 x 28 cm, 384 pages, 480 illustrations couleur, bilingue français/anglais, Actes Sud, 42€.

Pour fêter sa réouverture et l’expansion de ses surfaces d’exposition (mitoyen de l’Hôtel de Caumont, l’Hôtel de Montfaucon abritera le fonds permanent), la Collection Lambert offre un passionnant hommage à Patrice Chéreau, disparu en 2013. Chéreau, le fou de théâtre, dont on se rappelle qu’il disait : “le théâtre est une pacotille importante mais futile” et qui voulait que ses mises en scène se déchiffrent comme des “discours parallèles à celui du texte”.

Chronologique d’abord, puis thématique en deuxième partie, l’exposition révèle un personnage aux talents divers : acteur, metteur en scène pour le théâtre, le cinéma ou l’opéra, et dessinateur précis et vivant de décors et de personnages. Une foultitude de documents dans des tables vitrées – correspondances, textes annotés ou non, croquis, photographies –, permet de suivre l’itinéraire du créateur, de la troupe de théâtre du Lycée Louis-le-Grand (dès 1959) à ses directions de théâtre à Sartrouville, au Picolo Teatro, au TNP et aux Amandiers de Nanterre, ses incursions dans le domaine lyrique et les films dans lesquels il joua ou qu’il dirigea. Dans chaque salle, un fragment de son travail, un exposé de ses relations aux autres (Hervé Guibert), de ses grands questionnements sur son temps (la politique, la culture, le Sida).
Le personnage campé, on peut s’attacher aux œuvres “librement choisies” par le commissaire Eric Mézil. Certaines, de la collection, étaient bien connues de Chéreau : les photos de Nan Goldin, les coulures de Cy Twombly. D’autres, prêtées par des musées, des galeries et des collectionneurs, résonnent de toute évidence avec son œuvre, Les Filles du Rhin, grande sculpture de plomb d’Anselm Kiefer, voire même les photos d’océan de Sugimoto, sont judicieusement rapprochées de son travail sur la Tétralogie à Bayreuth. Les photos de Robert Mapplethorpe, Ajito cohabitent avec les documents sur les pièces de Bernard-Marie Koltès et la vidéo de François-Xavier Courrèges sur les deux oiseaux inséparables est placée en exergue à la salle consacrée à Hervé Guibert (avec de magnifiques portraits du jeune écrivain par Miguel Barceló). La violence et les hémoglobines de La Reine Margot ont inspiré des choix non moins sanglants : Balkan baroque, photo de Marina Abramovic trônant sur un tas d’os décharnés, les têtes roulées à terre d’Erez Israeli, voire les lutteurs en lames de bistouri d’Adel Abdessemed qui font la couverture du catalogue. Pour d’autres, on s’interroge. Quel rapport, par exemple, entre le Ring et la vidéo de Cyprien Gaillard, Pruitt-Igoe Falls, pour ne citer qu’un rapprochement intrigant. Une explication aurait été la bienvenue.
Ceux qui connaissaient intimement Chéreau et son travail devraient s’y retrouver. Les autres, qu’il leur soit inconnu ou non, se passionneront pour ce parallèle entre l’homme, son travail et des œuvres aléatoires. Il faudra prévoir plusieurs heures pour regarder la centaine d’œuvres, de Chasseriau à Zoran Music, de Delacroix à Berlinde De Bruyckere, voir les vidéos et se plonger dans la documentation. On ne le regrettera pas !

Elisabeth Hopkins

Visuels page expo : Cy Twombly, Pan II, 1980, Techniques mixtes sur papier. Donation Yvon Lambert à l’État Français / Centre national des arts plastiques / Dépôt à la Collection Lambert en Avignon.
Francis Bacon, Seated figure, 1974, Huile et pastel sur toile. Collection privée, Londres, Royaume-Uni.
Visuel page d’accueil du site : Yan Pei-Ming, Patrice Chéreau, 2015 huile sur toile, peinture réalisée spécialement pour l’exposition, courtesy Massimo De Carlo, Milan / Londres et Galerie Thaddaeus Ropac, Paris / Salzbourg © Yan Pei-Ming, Adagp, Paris, 2015 / photo André Morin.