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Paul Klee. L’ironie à l’œuvre

dimanche 17 avril 2016

Du 6 avril au 1er août 2016
Centre Pompidou
Galerie 1, niveau 6
Ouvert tous les jours, sauf le mardi
De 11h à 21h
Nocturne le jeudi jusqu’à 23h
Entrée : 16€ (musée et exposition)
www.centrepompidou.fr

 

- Catalogue : Paul Klee. L’ironie à l’œuvre. 312 pages, 300 illustrations, Ed. du Centre Pompidou, 44,90€.

Délicatesse du trait et de la palette, distanciation de l’artiste vis à vis des principes artistiques de son époque (Cubisme, Bauhaus, Constructivisme), sophistication de ce que l’on pourrait croire enfantin, dénonciation du nazisme montant… Quelques unes des caractéristiques de la créativité de Paul Klee (1879-1940) telle qu’on peut la découvrir dans une belle exposition du Centre Pompidou. De l’artiste allemand, il a été choisi 230 œuvres sur un recensement de 10 000 dont 1 250 créées pendant la seule année 1939, alors que l’artiste était déjà atteint de la maladie dégénérative qui l’emporterait l’année suivante.

L’ironie, entendue comme distanciation, appuyée sur la parodie ou la satire (« je sers la beauté par la satire », disait Klee), a été choisie comme fil conducteur de l’exposition. Elle s’impose dès les premiers autoportraits en moine bouddhiste, en acteur jeune. Elle se poursuit avec les eaux-fortes de 1904-5, les nus caricaturaux (Inventions, 1905), voire même les illustrations pour le Candide de Voltaire et se cache même parfois dans les titres des œuvres.

Réunies en sept sections chronologiques et thématiques, les œuvres aux techniques (huile, aquarelle, pastel, gouache, couleur à la colle) et supports (carton, toile, verre) variés, se nourrissent des recherches de Klee, de ses contacts avec certains mouvements dont il ironise les travaux, de son étude des marques des civilisations anciennes (fossiles, peintures pariétales, mosaïques). En 1933, Klee s’exile à Berne mais répond à la montée du nazisme par des œuvres ludiques, forme de rébellion devant le climat d’angoisse qui s’installe en Allemagne (Danses sous l’empire de la peur, 1938). Dix-sept de ses œuvres figureront d’ailleurs en 1937 dans l’exposition Entartete Kunst (Art dégénéré) de Munich.

Tout au long de sa carrière, les signes occupent le papier ou la toile : on peut y voir, à son gré, des alphabets mystérieux, des portées de musique, des symboles, des allusions, et même des personnages. Dans les dernières années, les traits s’épaississent. Sur son œuvre la plus grande, figurent des traits noirs et épais (serpent ? calligraphie arabe ? visage ?) sur fonds pastel, émaillé de points rouges : le titre, Insula Dulcamara, 1938, fait allusion à la douce-amère, la plante médicinale qui soulageait parfois ses douleurs.

Klee, jeune, avait longtemps hésité entre la musique et la peinture. S’il abandonne le violon et choisit de s’exprimer avec celle-ci, chacune de ses œuvres est comme un morceau musical, que l’œil écoute avec bonheur. À ne surtout pas manquer.

Elisabeth Hopkins

Visuels : Paul Klee, Candide, chapitre 16 : Tandis que deux singes les suivaient en leur mordant les fesses, 1911. Plume sur papier sur carton - 12,7 x 23,6 cm. Zentrum Paul Klee, Berne.
Paul Klee, Insula dulcamara, 1938. Huile et couleur à la colle sur papier sur toile de jute - 88 x 176 cm. Zentrum Paul Klee, Berne.
Paul Klee, Liebeslied bei Neumond /Chant d’amour à la nouvelle lune, 1939. Aquarelle sur toile de jute - 100 x 70 cm. Zentrum Paul Klee, Berne.