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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Paula Modersohn-Becker

mardi 3 février 2015, par cath

Du 5 décembre 2014 au 6 avril 2015
Louisiana Museum of Modern Art
Gl. Strandvej 13 - 3050 Humlebæk (Danemark)
35 km au nord de Copenhague
Du mardi au vendredi, de 11h à 22h
Samedi et dimanche, de 11h à 18h
Fermé le lundi
Plein tarif : DKK 110
www.louisiana.dk

Implanté dans un grand parc de sculptures, face à la mer et à la côte suédoise, à vingt minutes au nord de Copenhague, le Louisiana Museum of Modern Art, l’un des musées les plus réputés du Danemark, présente jusqu’au 6 avril 2015 une belle rétrospective consacrée à la peintre allemande Paula Modersohn-Becker (1876-1907), dont l’œuvre singulière, forte et émouvante fut brutalement interrompue à l’âge de 31 ans.

Une galerie d’autoportraits accueille le visiteur. Paula Modersohn-Becker en réalisa des dizaines et fut surtout la première artiste à oser en réaliser un où elle se peint seins nus, un collier autour du cou telle une tahitienne de Gauguin, brisant les tabous de son époque. Ce tableau qui ouvre l’exposition riche d’une centaine de peintures et d’une quarantaine de dessins, symbolise aussi ce qui intéresse en priorité l’artiste : l’humain, particulièrement les femmes et les enfants qu’elle représente avec une simplification des formes, des traits appuyés, des yeux soulignés et une intensité des couleurs étalées en larges aplats, mais non sans austérité, voire méditation ou tristesse.

Si les travaux de Gauguin, mais aussi de Picasso, de Cézanne et des Nabis qu’elle découvre durant ses différents séjours à Paris, notamment entre février 1906 et mars 1907, ont beaucoup influencé sa peinture dans laquelle se mêle alors impressionnisme, cubisme, primitivisme, symbolisme et art japonais, Paula Modersohn-Becker s’imprègne aussi des œuvres des maîtres anciens qu’elle voit au Louvre. Essentiellement portraitiste, elle peint également des natures mortes et les paysages de landes et de dunes aux environs de Dresde où elle est née (parfois de simples bouts de troncs de bouleaux), dans un réalisme très personnel qui va tendre de plus en plus vers l’Expressionnisme en plein essor.

Si elle réalise près de 750 peintures et 1 000 dessins, elle vendra peu de son vivant. Retournée à Worpswede, là où elle s’était installée en 1898 pour travailler au milieu d’une colonie d’artistes, elle y décède d’une embolie le 20 novembre 1907, quelques jours après avoir donné naissance à sa fille, Mathilde. Pendant l’entre-deux-guerres, plusieurs de ses peintures furent considérées par les nazis comme de « l’art dégénéré », et confisquées. Entre-temps, Paula Modersohn-Becker a enfin trouvé la notoriété, sa peinture est entrée dans des collections. Depuis 2007 et les rétrospectives à l’occasion du centenaire de sa mort, peu de grandes expositions lui rendirent à nouveau hommage. Celle du Louisiana Museum of Modern Art, réalisée en partenariat avec le musée Paula Modersohn-Becker à Brême, est donc un événement. Elle sera présentée au Musée d’art moderne de la Ville de Paris…mais pas avant le printemps 2016. En attendant, Copenhague est une belle et passionnante destination de week-end.

Catherine Rigollet

Visuels : Paula Modersohn-Becker, Girl in a Birch Wood with a Cat, 1904. Huile, 99 x 81.5 cm. Museen Böttcherstrasse. Et Paula Modersohn-Becker, Self-Portrait on the Sixth Wedding anniversary, 1906. 101.8 x 70.2 cm. Paula Modersohn-Becker Museum, Bremen.