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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Venise : promenades automnales, du Palazzo Correr au Palazzo Grassi

jeudi 20 octobre 2016

- Ippolito Caffi : Tra Venezia e l’Oriente
Palazzo Correr
Jusqu’au 8 janvier 2017
http://correr.visitmuve.it/
- Zaha Hadid
Palazzo Franchetti
Jusqu’au 27 novembre 2016
www.palazzofranchetti.it
- Rediscovered Masterpieces from the Vittorio Cini Collection
Palazzo Cini, La Galleria
Jusqu’au 15 novembre 2016
www.palazzocini.it
- Accrochage
Punta della Dogana
Jusqu’au 20 novembre 2016
- Sigmar Polke, 1941-2010
Palazzo Grassi
Jusqu’au 6 novembre 2016
www.palazzograssi.it/fr

 

Visuels : Ippolito Caffi, Venezia, Neve e nebbia in Canal Grande, 1842, Huile sur carton, 26,5 x 41,5 cm Fondazione Musei Civici di Venezia.
Carlo Crivelli, Madonna col Bambino, vers 1455, Tavola, 28 x 18 cm (détail) - Courtesy of Fondazione Cini, Venezia.
Philippe Parreno, Quasi objects : my Room is a fish bowl, AC/DC Snakes, Happy Ending,Il Tempo del Postino, Opalescent acrylic glass podium, Disklavier Piano, 2014. Collection Pinault. Vue de l’installation à la Punta della Dogana, 2016. ©Palazzo Grassi, photo Fulvio Orsenigo.

En marge de la Biennale d’architecture, entre la vision infâmante des bateaux de croisière qui mettent à mal la lagune et un coucher de soleil de carte postale, ou pour échapper à la pluie diluvienne qui amènera l’acqua alta un jour prochain, il y a abondance de superbes expositions à explorer. Pour certaines jusqu’au 8 janvier 2017.

Ippolito Caffi : Tra Venezia e l’Oriente
Palazzo Correr
Jusqu’au 8 janvier 2017

Une véritable découverte ! Un vedutiste du 19e siècle qui nous offre de petites scènes citadines dans la lignée de Canaletto et Guardi et un véritable reporter de ses pérégrinations à Rome, en Turquie, Palestine, à Athènes, en Égypte. Caffi (1809-1866) périra en mer à la bataille de Lissa opposant les flottes autrichienne et italienne alors qu’il était venu la peindre. Sur les cimaises, des scènes architecturales précises, des effets de soleil un peu "chromos" lorsqu’ils sont exotiques (Constantinople, the hippodrome), et des scènes de foule vénitienne où les personnages, aux visages juste esquissés, sont habillés de deux ou trois coups de pinceau colorés. Peintre prolixe et raffiné, voyageur passionné, Caffi a créé des scènes diurnes ou nocturnes d’une grande transparence et d’une belle luminosité.

Zaha Hadid
Palazzo Franchetti
Jusqu’au 27 novembre 2016

Avant sa mort il y a quelques mois, l’architecte anglo-iraquienne a eu le temps d’organiser cette rétrospective de son œuvre. Architecture, peintures, dessins, se succèdent dans ce magnifique palais du 16e siècle. Des maquettes de ce qu’elle a pu construire, de ce qui n’a pas été réalisé, ou de ce qui est en cours de réalisation, étayées par des dessins et des vidéos de ses bâtiments les plus marquants, attestent de sa formidable inventivité, marquée par la fluidité des lignes, par les formes biomorphiques, rendues possibles par le passage du dessin à la perspective au 3D. Zaha Hadid se décrivait comme cherchant sans cesse, expérimentant sans se lasser, et finissant par découvrir. Arriver à quelque chose auquel elle ne s’attendait pas la comblait de joie. Pas besoin d’être un expert en architecture pour apprécier cette passionnante exposition.

Rediscovered Masterpieces from the Vittorio Cini Collection
Palazzo Cini, La Galleria
Jusqu’au 15 novembre 2016

Le comte Cini assembla une collection de milliers de peintures, sculptures, et objets d’art entre 1930 et 1970. Influencé par les théories de Bernard Berenson (comment la peinture des Florentins de la Renaissance pouvait éveiller « l’imagination tactile » du spectateur), il s’intéressa aux Primitifs italiens – Veneziano, Crivelli, Jacopo Bellini – sans néanmoins faire l’impasse sur les maîtres du 16e au 18e siècle tels que Titien, Lotto, Tiepolo, Canaletto et Guardi. Cette exposition temporaire d’une soixantaine d’œuvres offre une ouverture sur les œuvres moins connues de la collection.

Accrochage
Punta della Dogana
Jusqu’au 20 novembre 2016

Des œuvres de la collection Pinault qui n’ont jamais été exposées. À chaque espace, un artiste, le plus souvent minimaliste, gestuel, explorant les possibilités d’un monochromatisme blanc. Que ce soit les matelas blancs ceinturés de glace de Pier Paolo Calzolari , les griffures, coulures et empâtements blancs qui recèlent clous ou lames de Günther Uecker, les transparences du verre peint en série (il y en a une soixantaine) de Peter Dreher ou les toiles blanches scarifiées aux instruments d’orfèvre de Prabhavathi Meppayil. On peut s’arrêter un long moment sur une mise en scène pleine de gaieté et de relaxation de Philippe Parreno, avec poissons colorés gonflés à l’hélium dansant sur la pointe de leur nageoire et pianola jouant du Liszt sur une plateforme luminescente. Le Cube de la Dogana, lui, est consacré à six « Wall drawings » de forme géométrique de Sol Lewitt. Un coda noir pour la symphonie blanche qui vous y conduit. On n’avait pas encore vu d’exposition aussi cohérente, aussi peu prétentieuse, mais aussi profonde dans ce superbe environnement. Un grand cru.

Sigmar Polke, 1941-2010
Palazzo Grassi
Jusqu’au 6 novembre 2016

Environ 90 œuvres remontant des années 2000 aux années 60, dont seize provenant de la Collection Pinault. Deux thèmes traversent toute l’exposition, selon les commissaires, l’alchimie vue comme transformation des matériaux et métamorphose des formes, et le politique, qui reflète le regard de Polke sur son temps. Il y a de tout dans cet œuvre protéiforme, à tous les niveaux : des abstractions et de la figuration, des animaux qui savent se tenir en équilibre sur un seul membre, du commentaire sociopolitique (Polizeischwein, 1986 et Hochstand, 1984), des références à l’histoire de l’art (Hermes Trismegiste, 1995) et un éventail de matériaux parfois dangereux qu’il pose sur ses toiles et ses tissus à motifs : des vernis d’ambre, de la résine artificielle, du lapis lazuli (Lapis Lazuli, 1994) ou du nitrate d’argent. Dans la cour intérieure, les sept œuvres Axial Age inspirées par le concept éponyme du philosophe allemand Karl Jaspers, qui prônait que les années 800 à 200 avant J.C. virent les fondements de la spiritualité universelle. Des toiles jouant sur la transparence, la brillance et ce qui apparaît ou disparaît selon la position du spectateur devant ou derrière la toile. Une exposition qui intrigue et séduit.

Elisabeth Hopkins