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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Holy. Carte blanche à Prune Nourry

samedi 26 août 2017

Du 19 avril au 18 septembre 2017
Musée Guimet
6, Place d’Iéna, 75116 Paris
Tous les jours sauf le mardi, de 10h à 18h
Entrée : 9,50€
www.guimet.fr

En 2014, Prune Nourry (née en 1985) faisait une entrée remarquée au Cent-Quatre, avec une armée de 108 petites filles de terre-cuite, les Terracotta Daughters., inspirée par les guerriers de l’empereur Qin exhumés à Xian (Chine). Elle symbolisait les filles victimes de la politique chinoise de l’enfant unique jusqu’en 2015. Cette armée féminine a été depuis enterrée dans un lieu secret et sera mise au jour en 2030.
Au fil des salles du Musée Guimet, dépositaire par excellence de l’art des civilisations asiatiques qui passionnent et stimulent l’artiste, chacune des quinze sculptures ou installations de Nourry s’enrichit d’une confrontation, stylistique, culturelle ou religieuse, avec une divinité, une tête de Bouddha, un bodhisattva.
À chacun sa propre interprétation. De son armée, Nourry a choisi quelques fillettes de terre cuite, marchant sous le regard d’une figurine masculine Han chinoise. Rappel douloureux qu’un garçon valait bien plus que quelques filles tant que fut menée la politique démographique désastreuse. Les 108 fillettes reviennent en miniature et en porcelaine, alignées dans leur tombe collective ouverte, dos à trois porteuses d’offrandes des 6e ou 7e siècles. Enfin, à chaque niveau, un fragment du corps d’un gigantesque Bouddha (pieds au rez-de-chaussée, tête au niveau le plus haut), symbole des attaques faites contre nos patrimoines culturels (à commencer par celle de Bâmyiân). Avec les objets contemporains qui lui sont associés, la sculpture illustre le besoin de l’homme de confier son destin à un être supérieur Pour clore le parcours, six films de Nourry, documentaires et poétiques tout à la fois, mettent en images la création de certaines de ses œuvres et la symbiose de l’artiste avec les artisans chinois (pour l’armée des fillettes ou indiens (pour la statue hybride qui sera plongée dans le Gange) qui travaillent pour elle.

Une course au trésor qui prouve qu’une cohabitation entre art contemporain et œuvres sacrées, fondée sur les recherches, les questionnements, et les connaissances de l’artiste, plus clairement son profond respect pour son environnement muséal et non pas son exploitation, peuvent vraiment stimuler la réflexion. À ne pas manquer.

Elisabeth Hopkins

Visuel : Ganges’ Life Line de Prune Nourry (Projet Holy River, 2012) et Siva, Thaïlande 7e ou 8e siècle. Photo E.H.