Partenariat et publicité Liens utiles Contact La rédaction Suivre la vie du site RSS 2.0 Logo FaceBook Logo Twitter
L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

Accueil > Expos à Paris > Archives expo à Paris > Régis Perray. L’abbaye fleurie > Régis Perray. L’abbaye fleurie

Régis Perray. L’abbaye fleurie

mardi 6 octobre 2015, par cath

Du 4 octobre 2015 au 26 juin 2016
PROLONGATION JUSQU’AU 18 SEPTEMBRE 2916
Abbaye de Maubuisson
Avenue Richard de Tour – St Ouen l’Aumône (95)
Tous les jours, sauf mardi
De 13h à 18h (de 14h à 18h le week-end)
Entrée gratuite
Tél. 01 34 64 36 10
www.valdoise.fr

Régis Perray est un artiste-jardinier…collectionneur d’assiettes. Il en possède plus de 8000, chinées dans les vide-greniers et les braderies solidaires un peu partout en France et jusqu’à Bruxelles. Mais il les choisit exclusivement avec des motifs floraux, parce qu’il a grandi dans un grand jardin nantais, que son père était pépiniériste et fleuriste, mais que lui-même n’a jamais rien su faire pousser. Alors ces assiettes à fleurs constituent son jardin, qu’il peut emmener partout avec lui. Invité à investir l’Abbaye de Maubuisson, l’idée de la fleurir s’est vite imposée.

Dans la Salle des religieuses, le plus vaste espace de l’abbaye, Régis Perray a installé 4343 assiettes, presque toutes différentes, méticuleusement lavées, empilées par deux ou trois, de tailles différentes pour former des pétales et regroupées par carrés de couleurs et de formes, comme un jardin à la française. Une surprenante –et fragile- installation qui évoque aussi un grand et silencieux réfectoire, peut-être celui des religieuses cisterciennes, premières résidentes des lieux au XIIIe siècle auxquelles l’artiste rend hommage.
Ainsi, dans la Salle du chapitre, où une vingtaine de tombes datant du XIIIe au XVIIIe siècle ont été découvertes lors de fouilles archéologiques réalisées en 1983, Régis Perray a conçu Les Cisterciennes, une installation de vingt coffrages en bois brut ornés de fleurs (roses-tulipes) en marqueterie. Chacune évoque une des défuntes, dont Guillemette, première abbesse, décédée en 1275. Une œuvre sobre, évocatoire, inspirant davantage de recueillement que de tristesse.

Présent sur la scène de l’art contemporain depuis une quinzaine d’années, Régis Perray (né en 1970 à Nantes), aime travailler la question des lieux et de leur mémoire. À Maubuisson, il présente aussi Caresser Lisbonne, une vidéo de 56 minutes comprenant 113 plans où l’on voit la main de l’artiste caressant des azulejos, ces carreaux ornés de motifs floraux ou géométriques qui ornent de nombreuses façades de la capitale portugaise, mais qui dissimulent aussi les murs vite décatis des maisons reconstruites dans l’urgence après le terrible tremblement de terre de 1755.
Cette sensibilité à fleur de peau de la mémoire des lieux et des habitations a poussé Régis Perray à collectionner aussi des gravats qu’il « ramène à la vie » en les ornant de fleurs en papier peint. Plusieurs de ces gravats fleuris sont exposés dans une vitrine, comme de saintes reliques.

Catherine Rigollet

Visuel : Régis Perray, dans la Salle du Chapitre de l’abbaye de Maubuisson, au milieu de l’installation Les Cisterciennes. Photo l’Agora des Arts, 2 octobre 2015.