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Sonia Delaunay. Les couleurs de l’abstraction

lundi 20 octobre 2014

Du 17 octobre 2014 au 22 février 2015
MAM Ville de Paris
11, avenue du Président Wilson – 75116 Paris
Du mardi au dimanche de 10h à 18h – nocturne jusqu’à 22h le jeudi (seulement pour les expos)
Tarif plein : 11€
Tel. 01 53 67 40 00
www.mam.paris.fr

 

- Cette rétrospective (qui ira ensuite à la Tate Modern à Londres du 15 avril au 9 août 2015) est présentée en même temps que l’exposition Robert Delaunay au Centre Pompidou.
- À lire : Sonia Delaunay. Sa mode, ses tableaux, ses tissus
Dans un format carré original et une mise en page très séduisante avec un graphisme coloré et géométrique bien dans l’esprit des Arts décoratifs des années 20-30, cet ouvrage de Cécile Godefroy (co-commissaire de la rétrospective Sonia Delaunay au musée d’Art moderne de la Ville de Paris) évoque la manière dont Sonia Delaunay a fait sauter les frontières entre les arts. En huit chapitres, il parcourt son œuvre et met l’accent sur la dynamique de création de Sonia Delaunay à la recherche d’un art total. Il montre comment cette artiste « simultanée » a étendu la peinture aux arts appliqués et à la mode, expérimentant sur une multitude de supports : affiches, reliures, objets, vêtements et textiles, mobilier, tapisserie et décoration intérieure ; entrecroisant les disciplines pour qu’elles s’enrichissent mutuellement. Ed. Flammarion. 24,90€

On l’associe trop souvent à Robert Delaunay, identifiant mal sa place exacte dans les débuts de l’abstraction, la situation spécifique de son œuvre dans le réseau des avant-gardes européennes et l’importance de ses activités dans les domaines de la mode et du design. Cette rétrospective présentée au musée d’art moderne de la Ville de Paris lui rend hommage, s’attachant à montrer l’originalité de Sonia Delaunay (1885-1979) et la diversité d’une œuvre qu’elle continua à créer durant encore quarante ans après le décès de Robert.

Le parcours de l’exposition, qui rappelle les origines russes de Sara Elievna Stern (dite Sonia), élevée par son oncle maternel Henri Terk dans la bourgeoisie éclairée de Saint-Pétersbourg, ouvre sur ses débuts très influencés par le fauvisme, à partir d’une sélection de ses premiers portraits, peintures et dessins. Elle se poursuit avec sa rencontre fusionnelle, à Paris, en 1907, avec Robert Delaunay et leur exploration conjointe du jeu des contrastes créés par la juxtaposition des tons. Un art rythmé, géométrique, dynamique, joyeux, électrique, né de leur fascination pour la vie urbaine et la modernité.

Au-delà de la peinture, sans s’éloigner des compositions kaléidoscopiques, Sonia explore une variété de supports et de techniques liés aux arts appliqués qu’elle estime au même titre que les beaux-arts, conçoit des vêtements en patchwork de tissus. Influencée par la musique et la danse, le flamenco notamment qu’elle découvre lors de son séjour en Espagne durant la Grande Guerre, elle réalise des compositions circulaires. Encore et toujours de la couleur en mouvement, ce nouvel art du « simultanisme » créé avec Robert.

Rentrée à Paris en 1921, Sonia s’oriente résolument vers la mode, ouvrant un atelier de confection pour une clientèle chic dans lequel s’active des ouvrières russes, et créant sa propre enseigne. Ce manteau de l’actrice Gloria Swanson, brodé avec dix tons de laine différents est l’une de ses réalisations les plus spectaculaires. Exposant durant l’Exposition internationale des Arts décoratifs et industriels modernes de 1925, ses œuvres sont saluées par la critique et elle entame une collaboration qui durera une trentaine d’années avec les magasins hollandais Metz & Co, créant pour eux des dessins exclusifs. Des commandes précieuses, comme celles d’autres établissements, car le krach boursier de 1929 a eu raison de sa boutique. Aux côtés de Robert, Sonia participe au premier salon de l’Art mural, en 1935, et aux grandes décorations de l’Exposition internationale des arts et techniques dans la vie moderne, de 1937, commandées par le Front populaire (Pavillon des Chemins de fer et du Palais de l’Air que l’exposition Robert Delaunay au Centre Pompidou présente dans deux espaces dédiés).

Après le décès le Robert, en 1941 à l’âge de 56 ans, tout en contribuant à la reconnaissance de l’œuvre de son mari, Sonia reprend la peinture, enrichit les couleurs, accentue le noir qui les magnifie, expérimente en toute liberté de nouvelles compositions au travers de gouaches de grand format parmi les plus vives qu’elle ait peinte, et poursuit ses activités dans les arts appliqués, fidèle à son engagement d’artiste prônant l’intégration de l’art dans la vie.

Catherine Rigollet

Visuels : Sonia Delaunay, Manteau pour Gloria Swanson, c. 1924. Broderie de laine. Collection particulière. © Pracusa 2013057.
Sonia Delaunay, Composition pour jazz, 2e série, No F 344. Paris 1952. © Pracusa 2013057. © Courtesy Natalie Seroussi et Galerie Zlotowski, Paris.