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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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The Renaissance Nude

vendredi 12 avril 2019

Du 3 mars au 2 juin 2019
Royal Academy of Arts
Burlington House, Piccadilly,
Londres W1J 0BD
Ouvert tous les jours de 10h à 18h
Nocturnes les vendredis jusqu’à 22h
Entrée : £ 16
www.royalacademy.org.uk

 

Visuels :
Antonio Pollaiuolo, Battle of the Nudes, 1470. Engraving, 42 x 60.9 cm. The Albertina Museum, Vienna.
Agnolo Bronzino, Saint Sebastian, c. 1533. Oil on panel, 87 x 76.5 cm. Museo Nacional Thyssen-Bornemisza, Madrid.

1564, année de la mort de Michel Ange. Pie IV fait voiler les nudités du Jugement Dernier par Daniele de Volterra. Le nu a joué, jusque-là, un rôle primordial non seulement dans la pratique du dessin mais dans la peinture de scènes nourries de Bible, de mythologie et de légendes. L’exposition – organisée conjointement par le Musée J. Paul Getty et la Royal Academy – explore ce déshabillement des corps entre 1400 et 1530 (Michel Ange donnera le dernier coup de pinceau à sa fresque en 1541) et présente 90 peintures, gravures, dessins, petits bronzes et livres enluminés de provenance européenne. Même si les commanditaires sont encore principalement l’Église et les Cours, les thèmes vétéro- et néo-testamentaires (de l’Ancien et du Nouveau Testament) demandent du nu : Adam et Eve découvrant leur nudité (Dürer, Adam et Eve, 1504) ; le Christ crucifié nu, les reins ceints de son seul périzonium ; ou Saint Sébastien, présenté en éphèbe transpercé d’une seule flèche par Cima da Conigliano vers 1500. Toutes ces peintures et sculptures sont supposées inciter à la dévotion.

Le mouvement humaniste grandissant, et la laïcité se faisant plus présente, on voit un retour aux classiques grecs et romains. Vénus et Apollon, célébrés pour leur beauté, et les autres dieux antiques en proie aux inconduites sur lesquelles l’Église jette un regard peu indulgent, permettent une franche érotisation du nu (Dosso Dossi : Myth of Pan, 1524). La Venus Andyomède, c. 1520 de Titien est cadrée serrée, opulente, plus femme à sa toilette que déesse débarquée de son coquillage. Les représentations se font plus vivantes, quasiment tri-dimensionnelles et l’utilisation de la peinture à l’huile permet plus de véracité dans les textures de la peau et des cheveux.
Les mécènes de la Renaissance n’hésitent pas à commander des figures allégoriques, portes ouvertes à la nudité. Ces peintures ou sculptures viennent décorer leurs palais. Isabelle d’Este va jusqu’à demander au Pérugin une allégorie d’un combat entre amour et chasteté pour son studiolo de Mantoue (Combat between Love and Chastity, 1503).
Toujours dans la mouvance humaniste, les artistes commencent à travailler avec des modèles dans leurs studios. Les académies d’après nature deviennent pratique courante et sont publiées dans un but didactique. La Reine Elizabeth II, dont la collection compte une grande majorité des planches anatomiques de Leonardo da Vinci, a prêté une feuille double face d’études des muscles du cou et de l’épaule (The anatomy of the shoulder and neck, c. 1510-11). Ses connaissances précises, l’artiste les retient de ses dissections de cadavres. Il prépare un traité sur l’anatomie humaine qui ne verra jamais le jour.

Un mélange détonnant de religiosité et de paganisme, d’érotisme et de vertu, de pudeur feinte et d’exhibitionnisme, de corps marmoréens et de corps violentés. Des nudités contemplées par les acteurs des tableaux avec autant de gourmandise que le regardeur d’aujourd’hui, le travail peint, gravé ou sculpté des plus grands artistes de la Renaissance (Gossaert, Mantegna, Pollaiulo, Donatello et Bouts et ceux déjà nommés), voilà de quoi offrir une excitante incursion dans la Renaissance européenne qui vaut bien le voyage à Londres.

Elisabeth Hopkins