Partenariat et publicité Liens utiles Contact La rédaction Suivre la vie du site RSS 2.0 Logo FaceBook Logo Twitter
L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

Accueil > Expos en France > Archives expo en France > Thomas Couture. Entre classicisme et romantisme > Thomas Couture. Entre classicisme et romantisme

Thomas Couture. Entre classicisme et romantisme

mardi 19 janvier 2016

Du 17 octobre 2015 au 6 mars 2016
Thomas Couture. Méthode et entretien d’atelier
Musée d’art et d’archéologie
Place Notre-Dame – 60300 Senlis
Tél. 03 44 24 86 72
www.musees-senlis.fr

 

- Le musée d’Art et d’archéologie de Senlis expose aussi une sélection d’œuvres de Séraphine Louis (1864-1942), dit Séraphine de Senlis.

 

A lire aussi : notre article sur Séraphine de Senlis, paru en 2009 à l’occasion de l’exposition au musée Maillol à Paris.

À l’occasion du bicentenaire de la naissance de Thomas Couture (1815-1879), six musées français se sont réunit pour rendre hommage à cet artiste peu connu. Si sa peinture de tradition académique l’a vite rendu démodé aux yeux des Impressionnistes, son utilisation précoce de la peinture en tubes et des couleurs pures, sa technique des ombres colorées, sa maîtrise des portraits, son fort tempérament (pour ne pas dire son mauvais caractère doublé d’une haute idée de son art) et le regard acerbe sur le monde de son temps de ce Jacobin, républicain et anticlérical, incitent à découvrir cet artiste que l’œuvre phare, Les Romains de la décadence (Musée d’Orsay), allégorie réaliste critiquant indirectement les nombreux scandales de la Monarchie de Juillet, rendit célèbre au Salon de 1847.

L’exposition Thomas Couture présentée au musée d’art et d’archéologie de Senlis, sa ville natale (qui possède un fonds de 70 œuvres, dont 40 tableaux), bénéficie de nombreux prêts et présente près de 90 œuvres : des portraits, des peintures d’histoire et allégoriques, quelques paysages, ainsi que la palette et la boite de couleurs de l’artiste. Surtout, elle consacre une salle entière (la chapelle de cet ancien palais épiscopal récemment restauré) à ses pratiques d’atelier, montrant à travers une sélection de toiles où se superposent souvent des ébauches à plusieurs mains ou plusieurs esquisses différentes, sa technique si particulière qu’il enseigna à partir de 1847 et qu’il théorisa en 1867 dans son livre Méthode et entretiens d’atelier.
Dans l’atelier de Thomas Couture, il n’est pas rare que les toiles soient réutilisées pour des questions d’économie. Ce tableau d’une Académie masculine de 1848 (ci contre) en est une parfaite illustration. Le peintre a réutilisé la toile pour s’essayer à d’autres motifs, réalisant un lièvre en bas du tableau (recto) et une étude de canon pour son célèbre L’Enrôlement des Volontaires (au verso), essuyant même ses pinceaux sur le nu !

L’étude du modèle vivant et la connaissance des maîtres anciens est au cœur de la pédagogie de Thomas Couture qui avait soif de transmettre ; le Louvre constituant l’antichambre de son atelier où il peint directement devant ses élèves, pour que ceux-ci reproduisent les mêmes gestes. Il forma plusieurs centaines d’artistes, dont Pierre Puvis de Chavannes et surtout Edouard Manet, lequel, contestant le caractère outré, trop proche de la statuaire antique des postures des modèles exigées par Couture se vit un jour sèchement reprendre par le maître qui lui lança : « Allez, mon pauvre garçon, vous ne serez jamais que le Daumier de votre temps ». Manet demeura malgré tout six ans dans l’atelier de Couture, avant de se brouiller avec lui.

Conçue et joliment scénographiée par Marie-Bénédicte Astier-Dumarteau, directrice des musées de Senlis, cette exposition est organisée en partenariat avec le MUDO-Musée de l’Oise de Beauvais, le Musée de la Vie Romantique à Paris, le Musée de Picardie à Amiens, le Musée Antoine Vivenel et les musées et domaine de Compiègne ; le fonds Thomas Couture du palais de Compiègne constituant le plus important ensemble relatif à cet artiste conservé dans une collection publique française avec notamment le tableau La Lecture (vers 1860) qui représente l’épouse de Thomas Couture marchant un livre à la main dans le jardin de leur propriété à Senlis. Une œuvre qui confirme que Thomas Couture était un « romantique malgré lui », comme le souligne le catalogue dirigé par Olivia Voisin, commun aux six expositions du bicentenaire.

Catherine Rigollet

Visuel : Thomas Couture, Portrait de jeune homme, 1846. Huile sur toile, H. 61 cm x L. 50cm. Musée d’Art et d’Archéologie, Senlis, achat en 2011.
Académie masculine, H. 83cm x L. 65cm. Musée d’Art et d’Archéologie. Senlis, don de la famille de l’artiste en 1926.