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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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ILLUMINATIONS. Trésors enluminés de France & Jan Fabre/Chalcosoma

mardi 12 novembre 2013

- ILLUMINATIONS
Du 8 novembre 2013 au 10 février 2014
Palais des Beaux Arts
Place de la République – 59 000 Lille
Entrée de l’expo Illuminations : 6€
Le lundi de 14h à 18h et du mercredi au dimanche de 10h à 18h
Fermé lundi matin et mardi toute la journée
Tél. 33 (0)3 20 06 78 00
www.pba-lille.fr

 

- JAN FABRE. Hommage à Jérôme Bosch au Congo
Accès gratuit à l’atrium
Du 16 octobre 2013 au 10 février 2014

 

- Le catalogue Jan Fabre/Illuminations/Enluminures réunit des textes sur l’œuvre et le parcours de Jan Fabre, plusieurs contributions d’auteurs sur les trésors enluminés de France, dont Marc Gil co-commissaire de l’exposition et des notices très complètes sur les œuvres.
272 pages illustrées avec l’ensemble des œuvres présentées dans les 2 expositions, au prix raisonnable de 29€.

 

Autres expositions Trésors enluminés des musées de France :
- Musée des Beaux-Arts d’Angers, du 15 novembre 2013 au 16 mars 2014. Lire l’article sur cette exposition.
- Musée des Augustins de Toulouse, du 16 novembre 2013 au 16 février 2014.
www.inha.fr

C’est dans l’air du temps de marier l’art ancien et contemporain. De nombreux musées s’y adonnent, avec plus ou moins de bonheur. Pour sa première exposition en tant que nouveau directeur du Palais des Beaux-Arts de Lille, Bruno Girveau a réussi le pari risqué de faire se rencontrer l’univers des enluminures et celui de Jan Fabre, reconnu parmi les artistes d’avant-garde les plus protéiformes. Deux univers que parfois dix siècles séparent, et qui se côtoient magnifiquement par leur esthétique autant que par leur signification.
Né à Anvers, en 1958, homme de théâtre, auteur et plasticien, Jan Fabre revendique ouvertement l’influence de l’art médiéval et de la Renaissance dans l’ensemble de son travail. Réunies sous le nom de Chalcosoma, ses sculptures hybrides en bronze doré (scarabées -ou bousiers- portant sur leur dos une croix ou une crosse épiscopale, cerveau équipé d’ailes d’ange ou portant un arbre miniature en référence au jardin d’Éden, vanité renfermant un chandelier, Agneau mystique affublé d’un chapeau pointu, etc) puisent dans l’iconographie religieuse, la symbolique, les couleurs et l’or de ces fameuses enluminures destinées littéralement à éclairer (illuminare) les textes des Livres théologiques, Livres d’heures, Livres liturgiques ou ouvrages profanes, tout en y mêlant ses curiosités, drôleries et créatures grotesques très présentes dans ces images, comme dans les initiales historiées ou ornées ouvrant les textes. Réalisées sur parchemin, à la peinture a tempera, encre et or, ces miniatures témoignent du talent des artistes qui les ont peintes. Restés souvent anonymes, les enlumineurs sont parfois identifiés par leur style et prennent alors le nom de l’œuvre majeure qu’ils ont créée ou celui de l’atelier auquel ils appartiennent (Maître du Roman de la Rose de Vienne, Maître des Triomphes de Pétrarque, Atelier de Maître François, Paris…). Couramment découpées dans les livres, éparpillées, les enluminures ont abouti dans les fonds de musées et de sociétés savantes. Depuis 2005, l’Institut National d’Histoire de l’Art a dressé leur inventaire par région et proposé que des expositions mettent en lumière la richesse de ces collections.
Le Palais des Beaux Arts de Lille a sélectionné une centaine des plus beaux manuscrits et feuillets enluminés conservés dans les musées du Nord, du Pas-de-Calais, de Picardie et de Champagne-Ardenne. Il les présente accompagnés d’une vingtaine de pièces d’orfèvrerie religieuse et profane du Moyen Âge et de la Renaissance issues du Palais des Beaux Arts de Lille (dont une fabuleuse petite vanité en ivoire contenant une montre) et d’une vingtaine de sculptures en bronze doré de la série Chalcosoma (2006-2012) de Jan Fabre, toutes pouvant présenter des correspondances esthétiques et iconographiques avec les enluminures. Saluons la scénographie conçue par des étudiants de l’École nationale supérieure d’architecture et de paysage de Lille, bien pensée et respectueuse des équilibres entre les enluminures, les objets d’art et les sculptures contemporaines.

Jan Fabre. Hommage à Jérôme Bosch au Congo

Effet spectaculaire dans l’atrium immaculé du Palais des Beaux Arts de Lille « illuminé » par une vingtaine de grands tableaux de Jan Fabre aux reflets verts et turquoise auxquels s’ajoutent des touches d’orange. Sous le titre Hommage à Jérôme Bosch au Congo, ces œuvres constituent une sorte d’avant-scène de l’exposition ILLUMINATIONS/Trésors enluminés de France, Jan Fabre-Chalcosoma. Comme une mosaïque ou une peinture pointilliste, chacun des tableaux est constitué de quelques 25 000 élytres de scarabées-bijoux (en provenance d’élevages d’Asie du Sud-Est). Fasciné par cet insecte symbole de l’âme dans la mythologie égyptienne et par la beauté de ces ailes dures et bombées, synonyme pour lui de beauté morale, il l’utilise comme médium dans cette allégorie sur le péché qui conjugue les monstres de Bosch à l’histoire du Congo belge pour rappeler les méfaits du colonialisme en Afrique : tortures, pillage des matières premières et des richesses, prostitution, endoctrinement forcé, etc. Cette série monumentale et percutante, qui s’inscrit dans une suite d’œuvres comprenant entre autres le plafond du Palais Royal de Bruxelles (Heaven of Delight, 2002), a nécessité l’investissement d’une trentaine d’assistants pendant trois mois afin de trier et poser les élytres. L’ensemble est dominé par des panneaux dorés porteurs d’une suite de crucifixions d’animaux naturalisés s’apparentant à des reliquaires profanes, et de crânes mordant des pinceaux en référence au genre de la vanité, et à la peinture. Un prolongement de la réflexion de Jan Fabre sur la mort, le péché, la culpabilité chrétienne, les dogmes religieux... qui crée le lien avec la série Chalcosoma exposée au sous-sol, en vis à vis des enluminures.

Catherine Rigollet

Visuel page expo : Escritel de la confrérie du Puy Notre Dame d’Amiens. Amiens, vers 1490-1491. Parchemin, 77 ff. 225 x 205 cm. Amiens, Société des antiquaires de Picardie.
Initiale E ou C avec l’Immaculée Conception. Fragment provenant d’un antiphonaire ou d’un graduel. Espagne (?), XVIe siècle. Peinture a tempera, encre, graphite et or sur parchemin, 190 x 221cm. Compiègne, Musée Antoine Vivenel.
Jan Fabre, Vanitas chandelier (2011). Bronze, 14 x 18 x 20cm. Collection particulière. ©Angelos bvba. Photo Pat Verbruggen.
Jan Fabre, Crâne avec pinceau (bovin), 2013. Elytres de scarabées-bijoux, polymère, bois, poils d’animal. 38 x 19 x 23 cm. Collection Angelos bvba. Jan Fabre. ©Angelos bvba. Photo Pat Verbruggen.