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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Versailles et l’antique

jeudi 15 novembre 2012

Versailles et l’antique
Du 13 novembre 2012 au 17 mars 2013
Château de Versailles
Versailles (Yvelines), accessible SNCF, RER et bus depuis Paris
Galerie basse, salles d’Afrique et de Crimée
Tous les jours, sauf lundi, de 9h à 17h30
Exposition accessible avec le billet Château (15€)
Tél. 01 30 83 78 00
www.chateauversailles.fr

- 2013 sera l’Année Le Nôtre à Versailles.

L’Antiquité à Versailles ? Ce n’est évidemment pas ce qui saute aux yeux du visiteur saisi par le superlatif des dorures, la magnificence du baroque et pourtant, c’est bien un buste d’Auguste qui trône dans la Galerie des Glaces, Hercule conduit dans l’Olympe par Mercure qui orne le plafond du salon d’Hercule, un Louis XIV en Apollon (divinité solaire omniprésente à Versailles) qui parade sur son char dans un bassin des jardins. Et à bien regarder, l’influence de l’antique a touché tous les champs artistiques, de l’architecture (orchestrée en grande partie par Jules Hardouin-Mansart) aux jardins en passant par le décor et par les matériaux employés : marbre, bronze, albâtre, porphyre. Car au XVIIe siècle, l’Antiquité et surtout la Rome impériale constitue LA référence, le modèle de grandeur, de pouvoir et plus que tous les autres souverains européens, Louis XIV va s’employer à acquérir les pièces antiques les plus prestigieuses ou à les faire copier, accumulant à Versailles où il s’installe définitivement en 1682, nombre des chefs-d’œuvre du Louvre et des Tuileries, exigeant des peintres qu’ils élaborent de somptueux décors chargés en héros et divinités sous la houlette de Le Brun. L’antique n’est donc pas seulement un goût esthétique pour le Roi-Soleil, mais une façon d’asseoir et de mettre en scène son pouvoir. La noblesse se presse à Versailles pour admirer : La Vénus d’Arles donnée par la ville d’Arles à Louis XIV, la Diane chasseresse placée dans la niche centrale de la galerie des Glaces en pendant à l’Apollon de Smyrne, l’Hermès rattachant sa sandale que Louis XIV a acquis avec beaucoup de difficultés auprès du prince Savelli et qu’il a fait installer au centre du salon de Vénus. Une place de choix. Ou encore cette toile monumentale, achetée par le roi au collectionneur Everhard Jabach, représentant Thomyris faisant plonger la tête de Cyrus dans un vase rempli de sang (Rubens) et qui orne le salon d’Apollon. Un tableau qui fait forte impression aux courtisans. Dans les jardins aussi l’antique colonise bosquets, fontaines et grottes. On compte près d’une quarantaine de sculptures antiques – ou réputées telles- comme cet impressionnant Milon de Crotone réalisé par Pierre Puget, installé dans l’Allée royale. Dans l’Orangerie, la somptueuse Isis domine le visiteur du haut de ses 2,60m. À la Révolution, nombre de sculptures vont quitter Versailles pour rejoindre les collections des académies royales au Louvre. Réunissant pour la première fois depuis le XVIIe siècle ces pièces dispersées dans les collections nationales, l’exposition Versailles et l’Antique permet le retour à Versailles d’environ une cinquantaine d’antiques qui y ont figuré sous l’Ancien Régime. Toutefois, ils ne sont pas exposés dans leur emplacement d’origine, mais rassemblés avec d’autres œuvres provenant des principales collections françaises et étrangères, Musée du Louvre principalement, pactisant avec Versailles après des décennies de rivalités. Sculptures, peintures, dessins, gravures, tapisseries, pièces de mobilier, objets d’art, etc. témoignent de la fascination pour l’antique et de son influence sur tous les champs artistiques. La scénographie créée par le metteur en scène italien de théâtre et d’opéra Pier Luigi Pizzi est souvent spectaculaire, suscitant l’émotion, comme devant cet alignement impressionnant de statues trônant dans la Galerie de pierre en alternance avec de grands ifs en métal, ou dans cette ravissante pièce décorée de cheminées avec chenets en bronze doré et de portraits de femmes de la cour peintes sous un travestissement mythologique ; une référence à la permanence de l’antique au XVIIIe. Dommage que le parcours en dix salles manque totalement d’explications. L’objectif était de stimuler la curiosité. Un peu de pédagogie ne l’a jamais chloroformée. Il vous faudra donc vous munir du livret de visite pour comprendre le contexte, les références historiques et resituer les œuvres dans l’ambitieux projet royal d’un Louis XIV qui rêvait de surpasser le gigantisme des monuments de la Rome antique.

Catherine Rigollet

Visuels : Thomyris, reine des Scythes, fait plonger la tête de Cyrus dans un vase rempli de sang, XVIIe siècle. Pierre Paul Rubens (1577-1640). Paris, musée du Louvre © RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / Jean Schormans.
Aphrodite dite Vénus d’Arles. Vers 360 av J.C, provient du théâtre d’Arles. D’après Praxitèle (4e siècle av J.-C.). Paris, musée du Louvre © RMN-Grand Palais (Musée du Louvre) / Hervé Lewandowski