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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Victor Hugo-Louis Soutter. Dessins parallèles

mercredi 6 mai 2015

Du 30 avril au 30 août 2015
Maison de Victor Hugo
6, Place des Vosges – 75004 Paris
Tél. 01 42 72 10 16
Ouvert tous les jours, sauf lundi
De 10h à 18h
Plein tarif : 7€
www.hugo.paris.fr

Près d’un siècle les sépare, mais quelle étonnante proximité iconographique et technique entre les dessins de Victor Hugo (1802-1885) et ceux de Louis Soutter (1871-1942). Paysages fantastiques, châteaux médiévaux noyés dans de sombres lavis, odalisques…sont des thèmes récurrents et communs à ces deux figures qui partagent un même penchant pour la rêverie graphique et l’humanisme. Si l’on ne présente plus l’un des plus célèbres écrivains français du XIXe siècle, talentueux et prolixe dessinateur qui noircit ses carnets de voyage de centaines de dessins pour conserver la mémoire des lieux ou des détails d’architecture, avant de se faire plus visionnaire dans ses dessins, en revanche, rares sont ceux qui connaissent Louis Soutter, dessinateur et violoniste suisse issu d’une culture classique et d’une formation d’ingénieur et d’architecte.
Remarqué par des écrivains comme Giono ou Ramuz, classé parmi les artistes de l’art brut par Jean Dubuffet pour ses ultimes dessins aux doigts (technique à laquelle Hugo a lui aussi eu recours), Louis Soutter fut influencé par l’œuvre de Victor Hugo, évoquant explicitement ses romans Notre-Dame de Paris et Quatrevingt-treize dans ses premiers dessins, faisant aussi référence à d’autres écrivains, puisant son inspiration dans les romans, le théâtre et la poésie, questionnant la condition humaine à travers la littérature. Son trait précis et ses dessins d’une facture classique et descriptive (Cour du château de Vaffleurs, vers 1906) vont toutefois évoluer à la suite d’épreuves de la vie. En 1923, à 52 ans, placé sous tutelle dans un hospice pour vieillard dans le Jura vaudois, il se procure des cahiers d’écolier, puis de grandes feuilles grâce à l’appui de son cousin Le Corbusier, et il dessine des scènes de la vie quotidienne, des villes, des architectures anciennes ou modernes, des femmes, des personnages de l’Histoire ou de l’Écriture sainte, illustre aussi des œuvres littéraires, etc. Mais, peu à peu, le crayonné s’emballe, s’affole, le dessin se surcharge de traits anarchiques, l’œuvre s’intériorise de plus en plus. À partir de la fin des années 1930, souffrant d’une baisse de vision et d’arthrose articulaire, il ne peut plus tenir le crayon et travaille directement avec ses doigts trempés dans la peinture noire pour carrosserie. Ses personnages deviennent des silhouettes archaïques, son vocabulaire se recentre autour de signes poétiques et de crucifixions. L’exposition Victor Hugo-Louis Soutter, dessins parallèles, qui met en lumière pour la première fois les liens ténus entre ces deux œuvres majeures est aussi un bel hommage à Soutter, cette figure singulière de l’art.

Catherine Rigollet

Visuels page expo : Victor Hugo, La Tourgue en 1835, 30 mai 1876, plume et lavis d’encre brune sur papier vergé, Maison de Victor Hugo, © Maisons de Victor Hugo / RogerViollet.
Louis Soutter, « LE PONT / DE bois et / la Tour », [19301937], encre de Chine sur papier. Catalogue raisonné n° 2037. Manosque, collection Sylvie Giono.
Visuel vignette : Louis Soutter, Crépuscule du gangster homme qui tue au verso, [1937-1942], (détail). Dessin aux doigts encre noire, gouache, Catalogue raisonné n° 2653. Courtesy Galerie Karsten Greve, Cologne, Paris, Saint Moritz ©Galerie Karsten Greve, Cologne.