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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Yan Pei-Ming. Dating

lundi 5 mars 2018

Du 2 mars au 21 avril 2018
Galerie Thaddaeus Ropac
7 rue Debelleyme, 75003 Paris
Du mardi au samedi, 10h à 19h
Entrée libre
www.ropac.net

Depuis le gigantesque et magnifique diptyque bleu d’un peuple en marche que l’on avait vu à la Fondation Vuitton en 2016, Yan Pei-Ming (né en Chine, 1960, travaille en France depuis les années 80) ne cesse de susciter notre admiration. Dans cette exposition – pourquoi ce titre niais ? — il alterne quatre portraits de prélats resplendissant dans leur pourpre cardinalice, tout droit inspirés du Greco, de Titien, de Velasquez, voire même, pour le public sinon pour l’artiste, de Bacon, avec une dizaine de nus féminins et de scènes à caractère sexuel évident, peintes dans un bi chromatisme gris-bleu, datant de 2018. (Yan Pei-Ming, stakhanoviste de la peinture ?)

Peinture gestuelle par excellence, superposition de larges coups de pinceaux appuyés, de coulures et de giclures, le travail sur la toile trahit une détermination à se faire côtoyer la rigidité physique et morale de ces hommes d’église d’antan (n’y figure donc pas le portrait en noir et blanc du Pape François de 2015) et la liberté d’attitudes et d’actes qu’ils eussent désapprouvés (mais parfois joyeusement pratiqués), actes qui, ayant aujourd’hui perdu leur caractère privé, sont aujourd’hui entachés d’une parfaite banalité. L’accrochage des toiles va jusqu’à faire porter le regard d’un prélat directement sur les seins de la femme très "Toulouse-Lautrequienne" (jupon retroussé, bas noirs) à ses côtés. Le dialogue toiles classiques et art contemporain est le créneau dans lequel s’engouffrent volontiers les commissaires d’exposition. L’artiste s’en joue en faisant dialoguer, sur un mode contemporain, un thème classique (la prélature portraiturée) et l’imagerie érotique actuelle. Clin d’œil : l’artiste est bien présent avec son autoportrait, Lui, 2018, haut pendu à l’entrée de la salle, contemplant sa création.

Dans les étages, des gouaches de femmes, dans des camaïeux de gris, souvent de dos, plus esquissées que dessinées, interprétations d’une sélection de photos de femmes, de nus, sorties des réserves du Musée Nicéphore Niepce. Yan Pei-Ming revient à une technique qu’il utilisait lorsqu’il n’avait pas vingt ans, et dont il apprécie la subtilité dans le traitement des ombres et de la lumière.
Une belle exposition qui vous offre une peinture en direct, vivante, pénétrée par l’artiste, avec ses doutes et ses certitudes.

Elisabeth Hopkins

Visuel : Yan Pei-Ming, Pape Paul III, 2017. Huile sur toile, 300 x 250 cm. Photo : André Morin © Yan Pei-Ming / Adagp Paris, 2018