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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Zeng Fanzhi . Sous le masque

lundi 4 novembre 2013

Zeng Fanzhi
Du 18 octobre 2013 au 16 février 2014
Musée d’art moderne Ville de Paris
Tous les jours, sauf lundi, de 10h à 18h
Nocturne jeudi jusqu’à 22h
Plein tarif : 6€
Tél. 01 53 67 40 00
www.mam.paris.fr

Déroutante, en constant développement, l’œuvre sérielle de Zeng Fanzhi multiplie les thématiques, évoquant le contexte politique de la Chine dans ses références à la propagande maoïste ou à Tian’An Men, l’histoire de l’art quand elle s’inspire de La Cène de Léonard de Vinci (The Last Supper) ou du Lièvre de Dürer (Hare), la complexité des relations humaines dans la série des masques, l’histoire personnelle de l’artiste dans des scènes de vie quotidienne observées dans sa jeunesse.
Faisant preuve d’une volonté de recherche tant intellectuelle que picturale, Zeng Fanzhi est passé d’un réalisme cru des premières années (séries de l’hôpital de Wuhan, corps dévêtus et pièces de viandes façon Francis Bacon) à une peinture inspirée par le Pop Art, puis à un sombre peinture de paysages proche de l’expressionnisme allemand, enfouissant ses sujet (humain ou animal) dans d’inquiétants enchevêtrements de broussailles épineuses. Un jaillissement de lignes obtenus par l’artiste en tenant deux pinceaux dans la même main droite, agissant chacun dans une direction opposée. Une technique qu’on imagine acquise grâce à la maitrise de l’art des baguettes et qui produit des tourbillons de peinture fluide faisant parfois penser au dripping de Pollock.
Toute la peinture de Zeng Fanzhi est figurative, pourtant, lui affirme que la forme choisie n’a pas d’importance. Il dit même faire des peintures abstraites, peindre des formes comme des non-formes, des tableaux comme des structures de couleurs agissant sur les émotions. Si Zeng Fanzhi ne veut pas forcément promouvoir des thèses dans ses toiles, ces dernières sont loin d’être innocentes et les mobiles profonds de l’artiste nous demeurent souvent indéchiffrables, ses toiles interrogeant toutes. Que signifie ainsi ce Portrait un brin surréaliste, réalisé en 2004, d’un petit bonhomme « chaperon rouge » aux lèvres rouge vif, dont l’ombre s’allonge à l’opposé de celle de son cheval à bascule, comme si deux lumières distinctes les éclairait ? Que cachent ces masques blancs et ses larges sourires sur les visages dans sa série des Masques : posture du paraître, quête d’un bonheur à l’occidentale ? Même le choix du lièvre dans Hare est tout sauf un hasard : gibier ou sujet ?
Né en 1964 à Wuhan, Zeng Fanzhi utilise depuis les années 1990 un langage original, marqué par son évidente filiation à l’art asiatique dans laquelle s’insinuent de nombreuses influences occidentales. Utilisant le principe de répétition propre à l’art et à la culture chinois, Fanzhi « se sert de la récurrence des images pour comprendre le chemin que celles-ci font en nous et comment elles résistent malgré tout », explique Fabrice Hergott, directeur du Musée d’art moderne de la Ville de Paris qui présente une rétrospective de l’œuvre du peintre chinois. Une quarantaine de toiles (parfois monumentales) et des sculptures sont exposées dans un accrochage à rebours, de 2013 à 1990 qui révèle le monde intérieur de cet artiste installé à Pékin où il vit et travaille depuis 1993. Récemment propulsé sur la scène internationale, Zeng Fanzhi, dont les œuvres flirtent avec les millions d’euros (The Last Supper s’est vendu 17 millions chez Sotheby’s), est devenu l’une des nouvelles coqueluches des collectionneurs, tel François Pinault qui a acheté plusieurs de ses meilleures pièces pour sa fondation. Une gloire qui ne semble pas ébranler la sérénité de cet artiste discret, ne s’exprimant qu’en chinois et qui inaugurait sa rétrospective parisienne en remerciant de l’honneur qui lui était fait.

Catherine Rigollet

Visuel page expo : Zeng Fanzhi, Portrait, 2004. 200 x 150 cm. Collection de l’artiste. ©Zeng Fanzhi studio.
et Zeng Fanzhi. Hare, 2012. 400 x 400cm (en 2 panneaux). Pinault Collection. ©Zeng Fanzhi studio.