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Archives nationales. Histoire, collections et musée

Créées pendant la Révolution française, les Archives nationales conservent les documents des différents régimes politiques, du VIIe siècle jusqu’à nos jours, ainsi que des archives privées et les minutes des notaires parisiens. Après avoir plusieurs fois changé de lieu, Napoléon Ier décide en 1808 d’installer les Archives nationales en plein cœur du Marais, dans l’hôtel de Soubise. Ce beau bâtiment a été élevé en 1705 pour François de Rohan-Soubise et Anne de Rohan-Chabot sa femme par l’architecte Pierre-Alexis Delamair sur les vestiges de l’hôtel de Clisson (fin XIVe) dont il subsiste aujourd’hui le portail fortifié et ses deux tourelles (rue des Archives).
Parallèlement, Delamair construit sur le même site un hôtel pour le fils de François Soubise, le cardinal de Rohan. Superbement décoré par Germain Boffrand dans le style rocaille, l’hôtel de Rohan est agrémenté de jardins. À la Révolution, l’hôtel de Soubise saisi comme bien d’émigré est devenu propriété de l’État et affecté aux Archives de l’Empire, l’hôtel de Rohan affecté à l’Imprimerie impériale (jusqu’à son déménagement en 1927).
Mais face aux besoins de nouveaux magasins, des bâtiments sont édifiés entre 1848 et 1880. Le long de la rue des Francs-Bourgeois, les petits hôtels particuliers voisins sont progressivement acquis par les Archives nationales : l’hôtel d’Assy en 1845, de Breteuil en 1862, de Fontenay en 1949 et, enfin, de Jaucourt en 1969. Nouvelle extension en 1986-1988 avec un bâtiment conçu par architecte Stanislas Fiszer, réunissant l’ensemble des salles de consultation, et construit le long de la rue des Quatre-Fils. Il reçoit le nom de « Caran » pour : Centre d’accueil et de recherche des Archives nationales. Entre temps, dans les années 60, la saturation du grand quadrilatère parisien et l’explosion du nombre de documents produits par les administrations a déjà conduit à concevoir une extension des Archives nationales à Fontainebleau.
La construction, à Pierrefitte-sur-Seine, d’un bâtiment ultra-moderne construit par Massimiliano Fuksas, ouvert au public à partir du 21 janvier 2013, est un projet ambitieux : 194 millions d’euros d’investissement pour édifier 60 000 m2 accueillant 220 magasins répartis sur onze niveaux avec une capacité linéaire de 320 kms (l’équivalent de Paris et Fontainebleau réunis) : soit le plus grand centre d’archives en Europe. Mais c’est l’occasion de réorganiser et moderniser la répartition des fonds des Archives nationales qui sont actuellement conservés sur les sites de Paris et de Fontainebleau.
L’installation en Seine-Saint-Denis, territoire en pleine mutation, répond à trois critères : la proximité des centres de décisions, l’accessibilité par les transports en commun, la proximité des centres de recherche et d’enseignement. Il a aussi valeur de symbole : les premiers documents conservés aux Archives nationales sont en effet des papyri mérovingiens du 7e siècle qui proviennent de l’abbaye de Saint-Denis.
À partir de 2013, la répartition s’organise entre les trois sites des Archives nationales de la manière suivante : à Paris, les fonds d’archives de l’Ancien Régime, y compris les cartes, plans et documents figurés de cette période ; et les archives des notaires de Paris. À Pierrefitte, les fonds publics postérieurs à 1790 (hormis ceux qui restent à Fontainebleau) et les archives d’origine privée.
À Fontainebleau, les archives électroniques et les archives orales et audiovisuelles ; les fonds privés d’architectes et d’agences privées d’architecture ; les archives les plus régulièrement sollicitées en matière de justification de droits et de preuve (dossiers de carrière et de pension, dossiers de naturalisation, dossiers de décoration, dossier du greffe civil de la Cour de cassation, dossiers de contentieux du Conseil d’État, comptes administratifs des collectivités locales, etc.). En 2011, les Archives nationales ont communiqué 137 405 articles.

Les Archives nationales abritent aussi un musée des Archives, appelé aussi Musée de l’Histoire de France qui présente quelques documents célèbres et des expositions temporaires.


C’est dans le but de rendre accessibles les archives au plus grand nombre que le marquis Léon de Laborde fait inaugurer le premier musée des Archives en 1867. Ce musée, installé dans l’hôtel de Soubise propose de découvrir les lieux : l’hôtel avec sa façade ornée de groupes sculptés par Robert Le Lorrain représentant les Quatre saisons, l’escalier d’honneur menant aux appartements de la princesse au premier étage (salon ovale, chambre de la princesse) décorés de peintures de Boucher, Van Loo, Trémolières, les Grands Dépôts et quelques uns des 1800 documents originaux (présentés en fac-similés), dont certains symbolisent des étapes majeures de l’histoire de France. On peut découvrir notamment : le journal de Louis XVI, le testament de Napoléon, la Déclaration des droits de l’Homme et du Citoyen, le serment du Jeu de Paume, les Constitutions successives de la France, etc. Et surtout, une pièce exceptionnelle : l’Armoire de fer des Archives nationales. Ce coffre-fort destiné primitivement à abriter les formes, planches et timbres employés à la fabrication des assignats, reçut bientôt les documents auxquels les Assemblées attachaient la plus haute importance : l’acte constitutionnel, les minutes des lois puis des décrets, les papiers saisis aux Tuileries, etc. Depuis 1996, l’Armoire de fer renferme d’autres documents de très grande valeur historique : le testament de Louis XIV, la Gazette des Atours de Marie-Antoinette, le Journal de Louis XVI, le testament de Napoléon Ier, le Serment du jeu de paume, les clefs de la Bastille, et l’ensemble des textes constitutionnels de la France, depuis 1791 jusqu’à nos jours.
Catherine Rigollet
Visuels : Grands dépôts Louis-Philippe, vue de l’entrée du Caran, 11 rue des Quatre-Fils. Armoire de fer dans
l’aile Napoléon III des Grands dépôts. Galerie du Parlement, dans l’aile Louis-Philippe des Grands dépôts. Trésors des Chartes dans Les Grands Dépôts. Hôtel de Rohan côté jardin et côté cour. Aurore, 1882, Eugène Delaplanche. Statue en marbre (site Petit Caran). Deux personnages surmontés du cheval Bayard (façade CARAN). Bronze de Yvan Theimer (rue des Quatre-Fils qui doit son nom, selon la tradition, à une auberge dont l’enseigne représentait les quatre fils Aymon montés sur le cheval Bayard et fuyant la colère de Charlemagne.) Copyright Archives Nationales et D.R

Musée des Archives nationales
Hôtel de Soubise
60, rue des Francs-Bourgeois - 75003 Paris
Ouvert tous les jours sauf le mardi et les jours fériés
de 10h à 17h30. le samedi et dimanche de 14h à 17h30.
Plein tarif : 6€ (gratuit en dehors des expos temporaires)
Tél. 01 40 27 60 96
Visite des Grands dépôts (et de l’armoire de fer) : Pour les individuels : le premier samedi du mois de 14h30 à 16h00. Tél. 01 40 27 62 18 + durant les journées du patrimoine
Visite guidée : renseignement 01 40 27 60 29
www.archivesnationales.culture.gouv.fr/chan/
 
- Visite de l’Hôtel de Rohan avec ses cabinets ainsi que la cour des écuries de l’hôtel de Rohan, décorée du célèbre bas relief des Chevaux du Soleil dû à Robert Le Lorrain. Entrée : 8€. Visite guidée le 2e lundi du mois de 16h à 17h30.
Tél - 01 75 47 20 06
 
- Jardins du Quadrilatère des Archives nationales à Paris
Quatre jardins redessinés par Louis Benech
De 8h à 17h l’hiver et de 8h à 20h l’été
Fermé les 25 décembre, 1er janvier et 1er mai
 
- Fontainebleau
2, rue des Archives
77300 Fontainebleau
Tél. 01 64 31 73 00
 
- Pierrefitte-sur-Seine
59, rue Guynemer
93380 Pierrefitte-sur-Seine
www.archivesnationales.culture.gouv.fr/pierrefitte/index.html