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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Banksy, Greatest Hits, 2002-2008

jeudi 9 août 2018

Du 12 juillet au 25 août 2018
Lazinc Gallery
29 Sackville Street,
Mayfair, London W1S 3DX
Du mardi au samedi, de 10h à 18h
Entrée libre
www.lazinc.com

Il y a quelques semaines, l’artiste de rue britannique anonyme essaimait quelques’ uns de ses pochoirs dans les rues de Paris. Un hommage, avait-t-il précisé, aux pochoirs contestataires de 1968. Mais Banksy n’est pas seulement un expert de la bombe et du pochoir.
Peu modeste, le galeriste qui met à la vente ses œuvres déclare : “C’est notre mission de montrer au public, et de lui permettre d’en profiter, tous les éléments de son œuvre, puisque les musées et galeries ne le feront pas.” Et on en profite ! Une bonne quarantaine d’œuvres sont exposés dans cet élégant “townhall” de Mayfair.
Bien sûr, pas de pochoirs ici, mais des versions « acrylique sur toile » de certaines de ses œuvres les mieux connues, tels Flower Thrower, 2006 ou Girl with Balloon, 2003, chargées d’un message que chacun peut déchiffrer à sa guise mais pourtant sous-tendu par des thèmes récurrents : dénonciation de la violence, du consumérisme, espoir, humour…Plus loin, Kissing Coppers, 2006 : deux cops anglais, casqués, s’embrassant avec passion. Un plaidoyer pour l’homosexualité dans les corps armés ? Un coup de griffe aux hétéros ? Qui sait ? De la provocation à la Banksy, avec un énorme zeste d’humour.

Loin des murs, Banksy prend le pinceau et s’amuse à détourner des œuvres bien connues, les reproduisant plutôt sommairement, et y introduisant joyeusement l’élément qui cloche. Que penser de son appropriation du Bassin des Nymphéas 1899 de Monet ? Du haut du petit pont japonais de Giverny, massacrant les nénuphars, on a balancé un cône de signalisation et quelques caddies de supermarché. Beaucoup plus politique, le prisonnier de Guantanamo cagoulé, en combinaison orange, agenouillé devant des vagues s’écrasant sur une plage digne d’une interprétation de Courbet (Guantanamo Bay, 2006). Le message est clair ! Autre détournement iconoclaste, un “vandalised painting” basé sur le Bacchus et Ariane, c. 1620, de Guido Reni. Les deux visages ont été découpés et de sa main droite, Ariane tient un cône de signalisation (encore !) beaucoup plus phallique que ce qu’il cache de l’anatomie de Bacchus (Bacchus at the Seaside, 2009).
On peut aussi s’arrêter devant Christ with shopping bags, 2004, une dénonciation de la folie des achats pendant la période de Noël (pourquoi une crucifixion ?), ou Kate Moss, 2005, copie presque conforme des Marilyn de Warhol. Banksy copiste se fait talentueux.

Toutes ces œuvres sont à vendre, puisque Banksy est descendu de ses murs pour tomber dans les premier et second marchés. Même sans intention d’acheter, il est plus facile de voir ces œuvres rassemblées plutôt que d’avoir à traquer ses pochoirs sur les murs des villes de la planète.

Elisabeth Hopkins

Visuels : Banksy, Guantanamo Bay, 2006.
Banksy, Show Me the Monet (2005). Photos : E.H.