L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

Le site des meilleures expositions à Paris, en France et en Europe et des portraits d’artistes
spacer

Cités millénaires : Voyage virtuel de Palmyre à Mossoul

Qu’il avait raison, celui qui décréta qu’une image vaut mieux que mille mots ! Cette exposition – mais est-ce vraiment une exposition ? – nous fait toucher du doigt les ruines que sont devenus certains sites patrimoniaux de la Syrie, de l’Irak et de la Libye. Grâce aux caméras, drones, algorithmes prenant en compte l’archéologie, et grâce à leurs images projetées en 3D sur des écrans géants, nous survolons les rues dévastées de Mossoul et d’Alep, pénétrons dans des souks, mosquées et églises en ruine, parfois reconstituées virtuellement. Pas une âme humaine dans ces rues, plus un toit entier, mais des vêtements abandonnés, des voitures carbonisées, des fenêtres béantes. On a l’estomac serré. Des conflits, on ne voit rien, sinon ce qu’il reste de villes fuies par leurs habitants, d’édifices religieux mis à bas, vidés et graffités (“Fuck Isis”, peut-on lire sur un reste de coupole de Mossoul), de souks réduits en poussière. En survolant Palmyre en Syrie, l’émotion se fait plus intellectuelle, surtout si l’on a connu ces lieux de beauté. La barbarie a accéléré par cent, par mille, le travail du temps. Horrifié, on finit par trouver une touche d’humour dans cette couverture jetée sur une sculpture humaine dans un tombeau de Palmyre pour que ne soient pas offusqués les djihadistes qui y ont élu domicile. À Leptis Magna en Libye, on a prélevé par précaution les éléments de décor, mais le site se dégrade par manque d’entretien.
Pour chaque site, un ou deux portraits filmés de personnes qui se mobilisent pour la préservation ou la reconstruction. Père dominicain à Mossoul ou archéologue syrien travaillant au Louvre, ils cherchent, optimistes ou non, comment faire revivre l’esprit de ces lieux.
La foule, car il y a foule, qui se presse devant les écrans, atterrée, passionnée, émue, comprend combien il est nécessaire de préserver notre patrimoine, où qu’il soit dans le monde. C’est cette sensibilisation que recherchait les organisateurs de l’exposition. Opération plus que réussie.
Cette exposition, présentée en même temps que la Donation Claude et France Lemand (jusqu’au 10 mars 2019) illustre bien la situation dichotomique du monde arabe : destruction versus dynamique créative. À ne pas manquer.
Elisabeth Hopkins

Du 10 octobre 2018 au 10 février 2019
Institut du Monde Arabe
1, rue des Fossés-Saint-Bernard,
Place Mohammed V, 75005
Du mardi au vendredi, 10h-18h
Samedi, dimanche et jours fériés, 10h-19h
Fermé le lundi
Entrée : 8 €, gratuit pour les – 26 ans
www.imarabe.org
 
Visuels : Image 3D de la cour de la mosquée des Omeyyades d’Alep, Syrie, mission d’avril 2017 © Iconem/DGAM.
Le Théâtre de Leptis Magna, Libye. © FDD Iconem / Mafl / Doa.