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L'agora des arts - Des expositions à paris, en france et à l'étranger

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Cranach et son temps

mercredi 9 février 2011

Du 9 février au 23 mai 2011
Musée du Luxembourg
Tous les jours de 10h à 20h
Nocturne le vendredi et le samedi jusqu’à 22h
Plein tarif 11€
Tél. 01 40 13 62 00

www.museeduluxembourg.fr

www.rmn.fr

- A lire :
Si l’on ne peut s’offrir le catalogue de l’exposition (49€), on lira avec intérêt "Cranach, le pouvoir des images", de François-René Martin. Hors série découvertes Gallimard (8,40€).

Dès ses débuts, Lucas Cranach l’Ancien (Kronach 1472- Weimar 1553) est très vite considéré comme un maître à l’égal de Dürer et sa renommée devient considérable. Puissant et original, sensible aux charmes de la nature qui envahit même ses scènes religieuses, Cranach est aussi un peintre de l’amour et des mythologies liées à Eros. Ses femmes nues et graciles, aux petits seins et aux drapés transparents sont particulièrement appréciées pour leur trouble sensualité, comme cette Allégorie de la Justice dans laquelle la nudité est aussi raffinée qu’ostentatoire. La représentation d’un corps androgyne est très caractéristique dans son œuvre, évoluant au fil des années vers une morphologie de plus en plus apparentée à l’adolescence. Jeunesse que Cranach se plait parfois à associer à des hommes mûrs, voire à des vieillards. S’il idéalise souvent la femme, la peint en Vierge, en vertueuse Lucrèce, il la représente aussi en pécheresse (une cinquantaine de versions d’Adam et Eve) et en trompeuse rusée, regard en coin et bouche cousue, comme dans Hercule chez Omphale et La bouche de la Vérité. L’artiste se fait alors moralisateur, prosélyte de la doctrine de son grand ami Martin Luther. Peintre de cour des princes électeurs de Saxe, Cranach s’est impliqué dans la vie culturelle et religieuse de son temps, participant à la diffusion de la Réforme, sans pour autant renoncer aux commandes de l’Eglise catholique.
L’originalité et l’élégance de ses peintures de ses dessins et gravures d’un maniérisme gothique sont à découvrir dans cette exposition qui met aussi en lumière la productivité de son atelier, véritable entreprise d’art sériel capable de reproduire des compositions standardisées (d’où cet air de famille qu’ont les femmes chez Cranach). De l’atelier est sorti près d’un millier d’œuvres ! Un haut degré d’organisation et de qualité de travail qui rend malaisé l’identification des œuvres originales de l’artiste, qui a laissé plus de 400 peintures, gravures et dessins. Le parcours montre également les liens étroits qui unissent Cranach à ses contemporains d’Allemagne, d’Italie et des Pays-Bas, et replace l’œuvre de cette personnalité de la Renaissance allemande dans le contexte social, culturel et artistique de son époque en présentant, aux côtés d’une cinquantaine d’œuvres de Cranach, des œuvres de ses contemporains, tels Dürer, Hans Baldung, Quinten Metsys, Lucas de Leyde, et de son fils Lucas Cranach le Jeune. Après le succès remporté par la souscription du Louvre permettant l’achat des Trois Grâces, cette exposition Cranach qui vient de Bruxelles, où elle fut présentée du 20 octobre au 23 janvier, devrait séduire le public.

Catherine Rigollet