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DADO, dessinateur, peintre, graveur et sculpteur

jeudi 1er septembre 2011

Du 17 septembre 2011 au 22 janvier 2012
Musée régional d’art contemporain Languedoc-Roussillon (MRAC)
Sérignan - Hérault

- On peut voir des œuvres de Dado dans de très nombreux musées, notamment au MoMA et à la fondation Guggenheim à New York (Diptyque de Montjavoult 1976-1977), dans les musées royaux de Belgique à Bruxelles, au musée d’art moderne des Abattoirs de Toulouse, au musée d’art moderne de la ville de Paris et au Centre Pompidou ("La grande ferme" – hommage à Bernard Réquichot 1962-1963, "Les Limbes" ou le "Massacre des Innocents" 1958-1959, "Dyptique d’Hérouval" 1975-1976, "Tikal" 1998). A Gisors, Dado a peint la chapelle Saint-Luc dépendant d’une ancienne léproserie du début du XIIIe siècle. De nombreuses fresques ornent aussi les pièces du moulin d’Hérouval (Oise).

Le Musée Régional d’Art Contemporain Languedoc-Roussillon, installé à Sérignan près de Béziers, retrace l’œuvre du dessinateur, peintre, graveur et sculpteur Dado, disparu en novembre 2010 à l’âge de 77 ans. Miodrag Djuri, dit Dado, est né le 4 octobre 1933 à Cetinje, dans la province du Monténégro, en Yougoslavie. Très tôt, il est confronté à l’horreur de la guerre, puisque la région est occupée par l’armée nazie et par les fascistes italiens. Il raconte qu’en 1944, il a dû passer pendant plusieurs jours devant deux partisans pendus sur la place du village et laissés en état de décomposition. Cet épisode vécu à l’âge de dix ans marquera profondément son œuvre future. Installé en France en 1956, il est remarqué par Jean Dubuffet qui le présente à Daniel Cordier. Celui-ci deviendra alors son principal marchand pendant plusieurs années et participera à la mise en place de la renommée internationale de ce « Jérôme Bosch du XXème siècle », qui fut l’ami de Bernard Réquichot, Hans Bellmer, Henri Michaux ou encore Pierre Bettencourt, avec lequel il réalisera des ouvrages de bibliophilie. Commencée à Paris, l’aventure de cet artiste inclassable va se poursuivre dès 1961 dans un ancien moulin situé à Hérouval, près de Gisors dans l’Oise. Pourtant, l’univers pictural de Dado est tout sauf tranquille et bucolique. Energique, tourmenté, peuplé de visions hallucinatoires, de plantes exubérantes, de monstres, d’écorchés, de mutilés, de damnés, son œuvre peint, gravé et sculpté ne manque pour autant ni de couleurs, ni de merveilleux, ni de causticité comme en témoigne en 1970, au Centre National d’Art Contemporain à Paris l’exposition de sa voiture, une traction avant, recouverte d’ossements peints.

« L’art de Dado est celui de la sérénité au-delà du désespoir. Univers concentrationnaire où l’homme déchu rejoint ses origines animales ; monde de catastrophes atomiques où le génie de quelques-uns n’aura servi qu’à corrompre l’esprit et mutiler le corps de tous les autres ; drame de l’accouchement dont les résidus innommables, les défécations, les organes épuisés, transforment le monde en un formidable hôpital où les êtres s’efforcent dans la douleur et dans la honte. La palette raffinée, rose clémentine et bleu lavande, aggrave le cauchemar par la préciosité de la mise en scène », écrivit Daniel Cordier.

Dado qui a séjourné et créé des peintures murales aux couleurs vives aux Orpellières, un domaine viticole désaffecté près de Sérignan, a marqué la ville. Trois expositions ont été consacrées à son œuvre en 1993, 1999 et 2007. Elle lui rend à nouveau hommage en présentant des dessins des années cinquante de l’ancienne collection Jernej Vilfan, présentés pour la première fois au public, de nombreuses gravures, technique à laquelle l’artiste s’est consacré de nombreuses années, et quelques derniers dessins réalisés pour sa petite-fille Diotime en 2010. Une salle, dans les espaces dédiés aux collections du musée, est aussi entièrement consacrée à son œuvre peint de 1957 à 2005. Une exposition réalisée grâce à la collaboration d’Alain Controu, de Diotime, de la Galerie Jaeger Bucher à Paris, du L.A.C., Sigean et du site www.dado.fr, son anti-musée virtuel en ligne qu’il s’amusa à créer les dernières années de sa vie.

Catherine Rigollet