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Dali. Rétrospective 2012-2013

samedi 24 novembre 2012

Du 21 novembre 2012 au 25 mars 2013
Centre Pompidou
Tous les jours, sauf mardi, de 11h à 21h
Accès avec le billet « Musée et expos) - tarif plein : 13€
www.centrepompidou.fr
- L’exposition Dalí sera ouverte en continu, 24h/24h, pendant les quatre derniers jours, du vendredi 22 mars à 11h au lundi 25 mars à minuit.

 

La liste des publications et des hors-séries consacrés à l’exposition Dali est pléthorique. Plus original, le Centre Pompidou et les éditions Gallimard ont édité une application tablette innovante, disponible sur l’Appstore et sur google Play au prix de 4,49€. Prévisualisation sur Dailymotion : http://dai.ly/XLzevJ

 

- Notre avis :
Cette application "Dali" apporte une valeur ajoutée à cette rétrospective. L’utilisation en est très simple. Après une présentation générale de l’exposition, le visiteur virtuel peut choisir d’aborder l’œuvre de Dali soit par thème, chacun étant introduit par un texte clair, soit chronologiquement, ce qui favorise la compréhension de l’œuvre de l’artiste. A côté des tableaux, une explication succincte à lire ou à entendre. Des documents photographiques sur la vie du peintre traduisent le cheminement artistique de la carrière de Dali. Un espace est réservé afin de choisir les œuvres préférées que l’on peut adresser par mail à ses proches. Cette application ne remplace, en aucun cas, le catalogue de l’exposition, mais elle accompagne agréablement la visite faite au Centre Pompidou.

Armelle Baron

Tout a été dit et écrit sur Dali. Peut-être trop d’ailleurs, particulièrement sur ses côtés les plus sulfureux et provocateurs : son ego pathologique, sa paranoïa, son amour de l’argent, sa conversion du marxisme au monarchisme, ses ambigüités face à Franco et Hitler, son mysticisme délirant, etc., jusqu’à faire oublier que ce dernier géant de l’histoire de l’art du 20e siècle à l’égal de Picasso, mit tout cela dans sa peinture, celle d’un immense dessinateur et peintre, un surréaliste qui ne jura que par la Renaissance, puisant dans le répertoire des maîtres anciens. De nombreux tableaux en témoignent comme ce Portrait de Picasso (1947), inspiré du Portrait de la duchesse Battista Sforza peint par Pierro della Francesca (vers 1460-1470).
Tout en racontant la vie de Salvador Dali et sans occulter ses travers, cette impressionnante rétrospective (plus de 30 ans après celle époustouflante au Centre Pompidou en 1979-1980) éclaire à nouveau la puissance et l’originalité d’une œuvre à la perfection technique, qui culmina entre 1925 et 1950, avec un coup d’accélérateur après la rencontre avec Gala en 1929.
Elle s’ouvre sur Dali dans un œuf, grande photographie de Philippe Halsman traduisant bien la fascination de l’artiste catalan pour ce symbole de la vie intra-utérine et de la re-naissance ; un œuf omniprésent dans son œuvre et dont il coiffa les toitures de sa maison-atelier de Port Lligat et du théâtre-musée de Figueres en Catalogne. Parmi les 120 tableaux exposés au Centre Pompidou, on découvre des œuvres peu montrées et l’on retrouve bien sûr des pièces phares, tels les chefs-d’œuvre provenant du Reina Sofia de Madrid ou ce petit tableau emblématique de l’univers dalinien, Persistance de la mémoire, 1931, plus connu sous le nom Les Montres molles et conservé au MoMA de New York. Un place importante est faite à sa méthode « paranoïaque critique », échafaudée pour permettre plusieurs niveaux de lecture d’une image, comme dans sa fameuse interprétation du tableau de Jean-François Millet, l’Angélus, qu’il déclina de manière obsessionnelle. Le parcours, riche aussi de dessins, objets, films et documents sonores dans une scénographie très réussie avec des kiosques et des mises en scène théâtralisées (Appartement-visage de Mae West avec son canapé-lèvres sur lequel le visiteur a le droit de s’asseoir), montre aussi ses performances et happenings à l’humour noir, comme lorsqu’il joue d’un clavecin dans lequel des chats miaulent à chaque écrasement d’une touche ! Il s’arrête longuement sur les vingt dernières années de l’artiste, souvent décriées. Dali expérimente de nouvelles démarches : pop art, action painting, qui prouvent sa quête d’ouverture sur le monde à défaut d’être convaincantes. Puis il se tourne à nouveau vers les maîtres anciens avant de s’inspirer de la théorie mathématique des catastrophes. C’est la fin de l’histoire et le génie a depuis longtemps disparu. Depuis la mort de Dali en 1989, son œuvre abondamment copiée par des faussaires, éditée en millions de posters, sert aussi de bibliothèque d’images et d’idées à de nombreux artistes, de Jeff Koons à Matthew Barney en passant par Piotr Uklanski. Autant de raisons qui ont troublé, voire même terni son image. D’où notre conseil : ne manquez surtout pas cette rétrospective.

Catherine Rigollet

- Retrouvez la version anglaise de cet article sur le site France Revisited : francerevisited.com/2012/12/dali-retropective-at-the-pompidou-center/

Visuel page expo : Salvador Dali, Le spectre du sexappeal, vers 1934, Huile sur bois - 17,9 x 13,9 cm
Fundació Gala-Salvador Dalí, Figueres © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí / Adagp, Paris 2012
Visuel page d’accueil : Salvador Dali, Persistance de la mémoire, 1931. Huile sur toile - 24 x 33 cm. Museum of Modern Art (MoMA), New York, USA © Salvador Dalí, Fundació Gala-Salvador Dalí / Adagp, Paris 2012