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La galerie de l'Agora des arts

Fanny Boucher-Héliograveur

Fanny Boucher. Atelier Helio'g
Fanny Boucher. Atelier Helio'g
Dans l'atelier Helio'g
Heliogravure. Eloge du geste 1
Heliogravure. Eloge du geste 2
Heliogravure. Eloge du geste 3
Heliogravure. Eloge du geste 4
Heliogravure. Eloge du geste 5
Heliogravure. Eloge du geste 6
Heliogravure. Eloge du geste 7
Heliogravure. Eloge du geste 8
Heliogravure. Eloge du geste 9
Heliogravure. Eloge du geste 9
Heliogravure. Eloge du geste 10
Heliogravure. Eloge du geste 11
Heliogravure. Eloge du geste 12
Heliogravure. Eloge du geste 13
Heliogravure. Eloge du geste 14
Fanny Boucher. Atelier Helio'g
Fanny Boucher. Atelier Helio'g
Heliogravure. Eloge du geste 17
Heliogravure. Eloge du geste 18
Fanny Boucher. Atelier Helio'g
Protections
Typo. Héliogravure

Quand l’art du geste sublime l’image

Héliograveur au grain, Fanny Boucher est une artiste aussi rare que son art. Tombée dans l’oubli à l’avènement de procédés argentiques plus rapides et moins coûteux, l’héliogravure au grain, ce procédé du XIXe siècle permettant le transfert d’une image photographique sur une plaque de cuivre par l’intermédiaire de gélatine photosensible, est considérée comme le mode d’impression d’images photographiques le plus beau et le plus fidèle au cliché original. Tirée à la presse taille-douce sur un papier pur chiffon, l’héliogravure au grain produit des noirs profonds au rendu mat, les nuances de gris les plus subtiles et offre une pérennité de l’œuvre grâce à la qualité des encres dont on sent le relief au toucher.
C’est un art du geste à la fois ancestral et sans cesse réinventé. C’est aussi l’art d’un dialogue attentif, mystérieux et plein de sensualité entre l’héliograveur et la matière. Le cuivre, « ce métal chaud, souple et mou qu’on effleure ». Les acides qui « mordent le cuivre » dans une étape délicate ou tout peut être gâché en quelques secondes, réduisant la matrice à néant. La gélatine « vivante, qui a son âme, son caractère et que je dois dompter », confie Fanny Boucher. L’encre que l’on « retrousse avec la tarlatane (sorte de coton à fromage légèrement empesé) pour la faire remonter à la surface du cuivre ». La matrice que l’on termine d’essuyer avec la paume de la main dans un geste caressant d’une infinie légèreté et précision. Le papier que « l’on brosse pour le rendre amoureux, afin qu’il aille chercher l’encre au fond des tailles, qu’il l’accepte et la retienne ».

Ils sont moins d’une dizaine d’ateliers d’héliograveurs dans le monde (dont Jon Goodman aux États-Unis et Saint-Prex en Suisse) à faire perdurer ce procédé de reproduction d’exception. Issu des premières recherches de Niepce, il a tenu un rôle essentiel dans la découverte de la photographie à laquelle son histoire reste étroitement liée, avant d’être mis au service de l’art traditionnel, permettant une reproduction fidèle d’œuvres : dessin, peinture...Diplômée de l’École Supérieure des arts et industries graphiques Estienne en gravure taille-douce, Fanny Boucher se spécialise dès 1998 dans le procédé Talbot-Klic de l’héliogravure au grain à travers sa formation auprès de Jean-Daniel Lemoine, scientifique spécialisé dans les procédés photomécaniques du XIXe siècle. Puis à 24 ans, la jeune femme se lance, crée Hélio’g en 2000, unique atelier professionnel en France spécialisé dans ce savoir-faire rare et labellisé « Entreprise du patrimoine vivant » en 2006.
Abrité dans une belle demeure réhabilitée en ateliers d’artisans d’art et perchée au Potager du Dauphin sur les hauteurs de Meudon, Helio’g réalise des héliogravures pour des éditeurs, des galeristes, des photographes et des artistes. Seule à la tête de son atelier, Fanny Boucher a notamment pérennisé des œuvres d’Alechinski, Chu Teh Chun, Combas, Garouste, Yayoi Kusama, Morellet, Willy Ronis, Tony Soulié, Zao Wouki, ou récemment de la photographe espagnole Zaïda Kersten, qui expose du 9 janvier au 15 février 2014 à la galerie Imagineo, créée par Georges Gimmig. Un minuscule marché très haut de gamme, tenu de main de maître par ce bout de femme à la fine silhouette, bourrée d’énergie, de passion et de savoir faire qui a souvent laissé coi plus d’un baron de l’édition.

À 37 ans, Fanny Boucher se bat pour que l’héliogravure soit considérée comme un acte créatif et pour que cet art qu’elle a réussi à promouvoir au sein de l’atelier Helio’g depuis une dizaine d’années ne disparaisse pas après elle. Enseignée dans aucune école, cette technique et surtout « cette intelligence du geste » ne peut se transmettre que de maître à élève. Un long et rigoureux travail de transmission que Fanny Boucher vient d’entamer auprès d’Antonin Pons-Braley, jeune photographe venu un jour faire graver ses œuvres dans l’atelier Helio’g et qui s’est pris dans les rets de l’héliogravure.
Mais ce n’est pas tout. Fascinée par les qualités plastiques du cuivre, Fanny Boucher souhaite aussi redonner ses lettres de noblesse à la matrice. S’offrant de temps à autre une plage intime de liberté et de création, elle réalise des héliogravures à partir de ses propres photographies, mais la plaque de cuivre gravée ne servira jamais à produire des multiples sur papier, encrée puis vernis, elle est devenue la finalité du travail de l’artiste, l’œuvre.

Catherine Rigollet (janvier-février 2014)
Reportage photo : Lionel Pagès
Photographie des œuvres Typo et Protections : Fanny Boucher.

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Dans l'atelier Helio'g Agrandir l'image

Heliogravure. Eloge du geste 1 Agrandir l'image

Heliogravure. Eloge du geste 2 Agrandir l'image

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Heliogravure. Eloge du geste 8 Agrandir l'image

Heliogravure. Eloge du geste 9 Agrandir l'image

Heliogravure. Eloge du geste 9 Agrandir l'image

Heliogravure. Eloge du geste 10 Agrandir l'image

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Heliogravure. Eloge du geste 18 Agrandir l'image

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Protections Agrandir l'image

Typo. Héliogravure Agrandir l'image


Fanny Boucher
Atelier Hélio’g
Héliogravure au grain - estampes & livres d’artistes
Potager du Dauphin
15, rue Porto-Riche - 92190 Meudon
Tél. 01 46 44 65 12
www.heliog.com
 
- LES DIFFERENTES ETAPES DE L’HELIOGRAVURE DETAILLEES PAR FANNY BOUCHER – ATELIER HELIO’G :
1- Réalisation d’un film positif demi-teintes (absence de trame) à partir d’un original (négatif, tirage papier ou fichier numérique).>br>
2- Insolation du film sur un papier gélatiné rendu photosensible après immersion dans un bain de bichromate de potassium.
3- Transfert du papier gélatiné sur une plaque de cuivre préalablement grainée (aquatinte très fine).
4- Dépouillement de la gélatine dans un bain d’eau chaude laissant apparaître sur la plaque l’image photographique en différentes épaisseurs de gélatine (les parties fines correspondant aux noirs du cliché et les parties épaisses aux hautes lumières).
5- Séchage de la gélatine
6- Morsure de la plaque dans différents bains d’acide (perchlorure de fer). Les noirs sont attaqués en premier, puis les gris, puis les hautes lumières dans les dernières minutes. Les valeurs de gris du cliché sont donc traduites sur le cuivre par différentes profondeurs de taille : les noirs sont profondément gravés et les valeurs les plus claires très peu.
7- Impression taille-douce du cuivre héliogravé. La plaque est recouverte d’une épaisse couche d’encre pigmentée à base d’huile, puis essuyée pour ne laisser l’encre que dans les creux.
8- La matrice est ensuite posée sur le plateau de la presse taille-douce, recouverte d’un papier chiffon humidifié, puis passée entre les rouleaux. La pression exercée permet au papier d’aller chercher l’encre au fond des tailles. L’épreuve finale est donc constituée d’épaisseurs d’encre dont la moindre variation traduit fidèlement toutes les nuances de gris du cliché original.
9-Quand le tirage sort de la presse, il doit être séché plusieurs jours entre des buvards sous pression, pour finalement obtenir un tirage bien plat.